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ALÈS AGGLO Christophe Rivenq, un nouveau président ambitieux pour son territoire

Christophe Rivenq est le nouveau président d'Alès Agglomération. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Christophe Rivenq est le nouveau président d'Alès Agglomération. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Hier soir, 111 élus se sont retrouvés à l’Atome pour le premier conseil de communauté d’Alès Agglomération post-Municipales. Sans surprise, Christophe Rivenq a été élu président avec 88 voix en sa faveur (21 abstentions et 2 nuls). Il succède à son mentor, son ami de toujours, Max Roustan.

Des applaudissements, des voix qui tremblent, des larmes discrètes au coin des yeux… Derrière les masques bleus ou blancs, les yeux rougis de certains élus ont témoigné de l’émotion qui régnait hier soir dans l’enceinte de l’Atome. Max Roustan, encore président de cette assemblée, de ce bébé qu’il a vu naître et grandir petit à petit, dit quitter « son fauteuil sans regret, avec satisfaction, en toute humilité ». Sa voix est hésitante, l’émotion le submerge. L’assemblée qui l’écoute attentivement prend le relais, se lève comme un seul homme et lui offre une standing ovation.

Patrick Malavieille, maire communiste de la Grand’Combe, poursuit l’hommage : « Ce que l’Histoire retiendra, c’est celle d’un bassin qui a travaillé au-delà des différences des uns et des autres, avec force et détermination ». Même Jean-Michel Perret, le maire de Saint-Hilaire-de-Brethmas, revient de manière presque nostalgique sur les échanges houleux d’un passé pas si lointain où les deux hommes s’opposaient sur un projet de golf : « Nous partageons vous et moi un caractère affirmé, ainsi que le Gardon. Nous avons eu une belle "gardonnade" entre nous deux ».

Max Roustan, une dernière fois à la tête de l'Agglo. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Max Roustan, une dernière fois à la tête de l'Agglo. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Mais comme les bonnes choses ont une fin et que la nature a horreur du vide, le communiste Paul Planque, devenu en quelques mois le principal opposant du binôme Roustan-Rivenq, lance sa propre "gardonnade". « M. Rivenq va devenir le président d’une agglomération où la Droite est loin d’être majoritaire », souligne-t-il maladroitement puisque cela renvoie à son incapacité à rassembler son propre camp.

Paul Planque : « Le couple Poutine-Medvedev reconstitué à Alès »

Déjà qu’il n’avait pas rassemblé suffisamment d’électeurs pour battre ses adversaires du jour aux Municipales… Autant dire que ces derniers savourent et que la "gardonnade" ressemble davantage à une tempête dans un verre d’eau. Il finit son intervention sous les grondements de l’assemblée suite à cette formule : « Le couple Poutine-Medvedev est reconstitué à Alès » et annonce qu’il va s’abstenir au moment du vote alors qu’il promettait quelques jours plus tôt qu’il voterait contre (relire ici).

La suite, c’est le premier discours du nouveau président Christophe Rivenq. Pendant 45 minutes, celui qui vient d’obtenir plus de ¾ des voix des élus du conseil communautaire trace les grandes lignes du mandat qui l’attend. On le sent attentif aux demandes de son opposition, comme à celle du maire de Cendras, le communiste Sylvain André, qui l’avait invité quelques minutes plus tôt à réfléchir à « l’urgence sociale », à « l’urgence écologique » ou encore à « l’autosuffisance alimentaire »…

« Je veux m’attacher à développer une solidarité exemplaire », répond Christophe Rivenq avant de poursuivre : «Je réaffirme mon engagement fort pour la défense de notre ruralité, de notre agriculture, de notre forêt, de notre viticulture, de nos élevages, du développement du bio et des filières courtes et je confirme la mise en place d’un projet alimentaire de territoire. » Pour mener à bien sa mission, il sera entouré de 15 vice-présidents (*). Élu pour la première fois sur son nom, certes lors d’un suffrage indirect, Christophe Rivenq est attendu au tournant et la bonne réussite - ou non - de ce mandat aura certainement un impact sur les municipales de 2026 où, comme à l’Agglo hier soir, il entend prendre le relais de son ami de trente ans.

Tony Duret

Trois des quinze vice-présidents élus hier soir : Jean-Charles Benezet et Jalil Benabdillah (assis au centre et à droite) et Philippe Ribot (debout). Photo Tony Duret / Objectif Gard
Trois des quinze vice-présidents élus hier soir : Jean-Charles Benezet et Jalil Benabdillah (assis au centre et à droite) et Philippe Ribot (debout). Photo Tony Duret / Objectif Gard

* Les 15 vice-présidents sont (dans l’ordre) : Max Roustan, Jalil Benabdillah, Valérie Meunier, Aimé Cavaillé, Jean-Charles Bénezet, Philippe Ribot, Patrick Malavieille, Jennifer Willens, Ghislain Chassary, Michel Ruas, Eric Toreilles, Christian Teissier, Patrick Deleuze, Aurélie Genolher et Christophe Bougarel.

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Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

3 réactions sur “ALÈS AGGLO Christophe Rivenq, un nouveau président ambitieux pour son territoire”

  1. Il est évident que si les citoyens de l’Agglo avaient voté directement pour un Président, ils n’auraient pas choisi Rivenq, trop suffisant et souvent insuffisant.
    Il a été élu dans l’ombre de Roustan qui l’a mis sur son porte-bagages. Après il a su jouer de la carotte et du bâton (cf Perret en 2014) pour vassaliser les autres maires de l’Agglo.
    En 2020 certains caciques du PC ont négocié des places. Si gauche et droite c’est pareil autant faire un parti unique. Aux prochaines élections , on battra encore plus les records d’abstention.

  2. Cher Tony Duret,
    Là où vous voyez de la maladresse, je vois de la franchise. Oui, je suis déçu et mécontent du positionnement des élus qui se réclament « de gauche » lors d’autres élections. Même si vous semblez partager le quasi unanimisme exposé hier, j’invite vos lectrices et lecteurs à s’interroger sur ce positionnement qui fait qu’à l’échelon communal, départemental, régional et national les appartenances et les combats politiques auraient droit de cité et devraient disparaître à l’échelon intercommunal.
    Alors, oui il est difficile de se retrouver quasi esseulé dans une telle assemblée. Mais le courage ne me manque pas et restant fidèle aux engagements que j’ai pris devant les Alesiennes et Alésiens et au électrices et électeurs (certes minoritaires mais qui méritent pas moins que d’autres le respect), celui que vous appelez jusqu’à plus soif « le Communiste Paul PLANQUE », continuera de s’opposer à celui élu sur un strapontin « le Républicain Cristophe RIVENQ ».
    Comme beaucoup de gens qui se penchent sur le désaveu de la chose politique, je pense que ces « élections- adoubements » qui donnent quasiment tous les pouvoirs à des personnes qui n’ont pas fait l’objet d’un choix citoyen direct, vont alimenter les rangs de celles et ceux qui souhaitent d’autres solutions que la Démocratie.
    L’on peut continuer de caricaturer mes positions, je pense, pour ce qui me concerne, qu’une autre solution est possible que le consensus mou gagné à coup d’indemnités, de promesses, de pseudo-responsabilités et de petits-fours d’après election.
    Quant à la tempête dans un verre d’eau, mon engagement n’a rien de tempétueux mais il est déterminé et volontaire.
    Et notre vote (l’abstention) était bien un vote « contre » mais il n’est pas pratiquement possible de voter « contre » lorsqu’il s’agit d’une élection de ce type.
    Je souhaite malgré tout à toutes et tous celles et ceux qui ont accepté des responsabilités dans Alès Agglo pleine réussite (prioritairement pour les populations concernées).
    J’oeuvrerai au quotidien pour que la voix de celles et ceux qui sont pas ou peu entendu.e.s le soit.
    J’attends simplement que l’on puisse accepter qu’une voix différente puisse s’exprimer même si elle semble gêner une majorité. Notre histoire commune devrait nous permettre a minima cette conception de la vie publique.
    Cordialement
    Paul PLANQUE

  3. Agglo d’Ales: la gauche s’est débinée sous le poids de caciques du PC

    Il y a eu , encore une fois, une candidature unique à la présidence de l’Agglo d’Alès qui compte pourtant 72 communes avec des maires, en apparence, de sensibilités politiques très différentes. C’est Rivenq , l’apparatchik durable, leader de la droite régionale LR, élu sur le porte bagage de Roustan – qui apparaît de plus en plus comme une marionnette bien utile au plan électoral – …c’est donc Rivenq qui a été élu, faute de concurrence. Et pourtant la confrontation était largement jouable parce qu’en s’étoffant l’Agglo, désormais bien plus rurale, a dilué le poids démographique et politique d’Ales qui représente un petit 30% de la population totale ( 40.000 habitant sur plus de 130.000).
    En terme de conseillers communautaires élus : Rivenq disposait avec l’élu du RN, 24 des 27 sièges d’Ales. Il pouvait compter sur 3 (à droite) des 4 élus de St Christol et 3 élus de St Privat ( municipalité de droite). Toutes les autres communes qui disposent de plus d’un conseiller communautaire ( La GC 3 : Salindres 2, Anduze 2, St Julien 2 , St Martin 2, St Hilaire 2, Rousson 2, Salles du G 2 ) sont classés à gauche et souvent dirigées par un membre du PC.
    Au total, si on considère seulement ces 11 communes les plus importantes qui disposent de plus d’un conseiller communautaire, politiquement on obtenait : Rivenq : 30 voix et concurrent à gauche : 21.
    Restait 61 petites communes avec 1 voix chacune. Nombre de communes cévenoles sont de sensibilité de gauche voire communiste. Le « match » était jouable même si le pion mal élu derrière le baron Roustan ( 18,38% des inscrits) demeurait le favori. Il y a 112 conseillers à l’Agglo, la majorité se situe donc à 57 voix.
    En présentant Sylvain André , maire PC de Cendras , commune limitrophe d’Ales , responsable des maires ruraux du gard, la gauche avait un bon candidat comme le montre sa récente interview sur Objectif gard. Mais quelques caciques du PC , au 1er rang desquels on trouve Malavieille, le maire de la Grand Combe , en ont décidé autrement. Faut croire qu’ils ont remisé leurs convictions au fond d’un tiroir avec leur vieille carte du PC.

    Ici, pour des élus de gauche, il importe donc peu qu’une Agglo qui dispose de presque toutes les compétences soit gérée par un inamovible politicien de droite proche des milieux d’affaires et prêt à tout, si on le conteste, comme le prouve la mise à l’écart du maire de St Hilaire ( 5ème commune de l’Agglo) en 2014 parce que ( oh! crime de lèse majesté), il avait osé se présenter à la Présidence ! Cela ne pouvait se faire! Par parenthèse, Perret avec sa candidature fantaisiste et kamikaze restera, malgré tout, le seul qui aura osé se confronter aux barons locaux. Et dire qu’à l’époque certains communistes prétendaient que sa candidature avait empêché la leur. Pipeau rétrospectif !
    Certains disent, oui mais il ne s’agit que de gestion …et alors c’est quoi la politique si ce n’est que des choix de gestion. Pourquoi se chamailler pour diriger les municipalités qui ne gèrent presque plus rien?
    Chacun sait bien qu’à l’Agglo, l’unanimité de façade, ce consensus tout mou, est le résultat d’un système technocratique largement verrouillé notamment par le prochain président qui dirige tout y compris le journal de propagande qu’est le journal de l’Agglo. Les associatifs ont constaté en effet, à plusieurs reprises, que les élus votaient sans connaissance des dossiers y compris sur les dossiers aussi importants que le SCOT, le golf de St Hilaire, les emprunts, le projet territoire etc…Pour ne pas les noyer sous une avalanche de dossiers, on leur fait un petit diapo dithyrambique de 15 minutes et ils votent à mainlevée selon la volonté du président. En réalité, ils ne lèvent même pas la main, ne la lèvent que ceux qui s’abstiennent ou votent contre. Et les courageux sont rares.

    C’est cette démocratie pipée qui explique l’abstention et le décalage grandissant entre les citoyens et les élus. Ainsi sur le dossier du golf immobilier à St hilaire , à l’exception d’une poignée de courageux, tous les élus ont voté pendant des années pour un projet sans vraiment le connaître alors qu’à l’arrivée l’enquête publique le rejettera et surtout la population locale votera massivement contre. Grâce notamment aux planteurs de courges si « chers » à Roustan.

    Autre exemple qui prouve le niveau d’information des élus : le super emprunt toxique de l’Agglo (budget assainissement) , une boulette financière qui va coûter la bagatelle de 50 millions d’euros aux citoyens. A aucun moment, en 2007 , les élus ont été informés du risque que Rivenq et son directeur financier ( un cador ?) avaient fait prendre à la collectivité en souscrivant un emprunt indexé sur le franc suisse et idem, lors de la sortie catastrophique en 2015 (pour éviter la faillite). A aucun moment, Rivenq n’a expliqué le poids de la pénalité de sortie de 33 millions d’euros ! Son président de la commission des finances, le brave maire de Mons, Bertrand, n’était pas du tout au courant. Nous avons pu le constater. Non seulement, Rivenq n’a pas assumé et il a caché aux citoyens les conséquences. Aucun entrefilet dans son journal de l’Agglo. Le midi Libre non plus n’a pas été bien curieux. A ce sujet , il faudra dire au petit journaliste local, plus que complaisant , qu’il ne sert à rien de continuer à faire la campagne de Rivenq , il sera automatiquement élu.
    Idem pour le SCOT surréaliste avec notamment des perspectives démographiques délirantes pour Alès (60.000 habitants !!)…etc.

    La politique se dilue dans la technocratie, dans la gouvernance féodale, avec cette logique de guichets qui vassalise tous les « petits » maires qui sont capables de tenir en privé un discours contre certaines orientations de la direction de l’Agglo et, malgré tout, de voter en assemblée, pour….. pour ne pas pénaliser leur propre commune. A leur décharge, ils n’ont pas les moyens localement de décortiquer les dossiers de l’agglo, souvent volumineux et reçus tardivement. Cela n’excuse pas tout.
    Voilà comment se créée notamment sur un ex territoire de résistance, une assemblée de godillots prompts à avaler toutes les couleuvres du renoncement en échange pour certains de quelques postes viciés, quelques promesses pour d’autres, quelques craintes d’isolement ou de représailles pour les derniers.

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