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ROCHEFORT-DU-GARD Tirs de plombs sur les chats : Vicky, un an, n’a pas survécu

Depuis 2016, plusieurs cas de blessures par balles sur des chats du quartier Saujus ont été recensés. Une enquête est en cours.

Manon Lautier-Hude, 23 ans, habite le quartier de Vaujus à Rochefort-du-Gard. Sa chatte, Vicky, est morte des suites de tirs de plombs le 17 juillet dernier. Et cette triste histoire est loin d'être un cas isolé. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Le 17 juillet, Vicky, une petite chatte d'un peu plus d'un an, est morte des suites d'un tir au plomb. Sa propriétaire, Manon Lautier-Hude, a décidé de porter plainte. De fait, ce n'est pas la première fois qu'un tel acte se produit dans le quartier rochefortais de Vaujus.

En mars 2017, Nuage a succombé d'une hémorragie massive après avoir reçu une balle dans le thorax. Une pétition avait été lancée suite à cette triste histoire et elle compile désormais plus de 50 000 signatures. Fin 2018, un des chats de Manon Lautier-Hude s'était déjà fait tirer dessus : "Elle a survécu après avoir été opérée. On avait porté plainte et on avait contacté l'association de Rochefort, La Croquette". En mars 2020, c'est Pépito, le chat de sa voisine, qui est victime de tirs. Là encore l'animal a pu être sauvé, après toutefois l’ablation une partie de l'intestin qui était trop endommagé.

Comme Nuage avant elle, Vicky n'a pas eu cette chance. Malgré l'intervention d'un vétérinaire, la petite chatte a été euthanasiée le lendemain car ses blessures étaient trop importantes et elle souffrait beaucoup. "La chatte présentait un plomb de type "diabolo" sous la peau, côté gauche. Le point de pénétration se situait en avant de la cuisse droite. L'examen clinique ainsi que l'état de la chatte a justifié une chirurgie qui a révélé de nombreuses adhérences au niveau intestinal ainsi que quatre perforations intestinales", est-il notifié dans le compte-rendu du vétérinaire.

On peut voir ici la balle qui s'est logée en avant de la cuisse droite de Vicky. Quatre perforations intestinales ont aussi été constatées après examen de l'animal. (DR)

Pour la jeune propriétaire de 23 ans, c'est l'incompréhension : "Ce n'était pas un chat errant, et même eux ne méritent pas ça. Comme tous mes chats, Vicky était pucée et vaccinée. Elle vivait juste sa petite vie..." Elle ajoute : "Je suis en colère, je suis triste. Je veux juste que la personne qui fait ça, arrête." Pas résolue à laisser ses autres chats enfermés et malheureux, elle espère qu'un autre drame ne surviendra pas lorsqu'ils sont au dehors.

"Je ne veux vraiment pas en rester là... "

La malheureuse histoire de Vicky est loin d'être un cas isolé. Plusieurs personnes du quartier auraient vu leur chat disparaître mais certains ne se seraient pas manifestés, selon Manon Lautier-Hude. Jeudi dernier, le maire de la commune, Rémy Bachevalier, a rencontré les associations La Croquette et Animal's planète pour discuter de ce problème. "J'ai envoyé la police municipale sur les lieux dès que j'ai appris pour ce chat. Je ne veux vraiment pas en rester là et qu'on arrive à identifier le ou les personnes qui font ça", assure fermement l'édile.

Il conseille aux propriétaires d'animaux concernés de porter plainte auprès de la gendarmerie. "Et les personnes qui ont vu ou entendu quelque chose doivent se rendre à la gendarmerie aussi si elles ont un doute. Ce n'est pas de la délation mais si elles savent quelque chose, il faut le dire et ramener de la sérénité dans ce quartier", poursuit Rémy Bachevalier, qui s'inquiète aussi pour la population : "Imaginez un plomb ricoche contre une pierre et blesse un enfant à côté. C'est déjà inadmissible pour les animaux mais alors pour des personnes..."

Une enquête en cours

De son côté, Laura Panier, présidente de l'association Animal's planète basée à Saint-Laurent-les-Arbres, tente de remonter vers le ou les coupables. "Le premier témoignage remonte à 2016, toujours dans le même périmètre à Rochefort. On a plusieurs dizaines de cas de blessures par balle sur le secteur", contextualise Laura Panier. Elle a déposé des flyers "Appel à témoins" après la mort de Vicky dans les boîtes aux lettres pour sensibiliser et faire se délier les langues. En plus de son statut de présidente d'association, elle est aussi enquêtrice. Elle se confronte parfois au silence des habitants "qui ont peur des représailles ou qu'on empoisonne leurs chats..."

Elle se charge aussi de stériliser les chats errants de la commune. Elle en compte 300 déjà. "Sur les 300 chats stérilisés, 200 ont été placés en foyer. Une centaine reste libre. En tout, entre 50 et 60 chats ont disparu des points de nourrissage. On ne sait pas ce qu'il leur est arrivé", raconte-t-elle.

Est-ce que les histoires de Vicky, Nuage ou Pépito ne seraient que la partie émergée de l'iceberg ? Il est trop tôt pour s'avancer. L'enquête vient à peine de débuter mais le problème des tirs aux plombs sur les chats pourrait aller au-delà du cas des animaux domestiques. "Quand j'aurai plus d'éléments, j'irai remettre mon rapport à la police. S'il y a assez d'éléments, je peux porter plainte contre X en tant qu'association", termine Laura Panier.

Marie Meunier

Pour rappel, ce type d'acte est puni par la loi (dispositions de l'article 521-1 du code pénal : 30 000 euros d'amende et 2 ans d'emprisonnement).

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