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FAIT DU JOUR Une méthode ludique pour apprendre les tables de multiplication aux enfants

Pierre Nonclercq, le créateur du jeu, veut contacter le chanteur Soprano pour en faire la promotion

Pierre Nonclercq a sorti il y a trois ans le jeu de carte Timul. Il permet aux enfants d'apprendre leurs tables de multiplication de manière ludique plutôt que le "par coeur" qui montre des limites au niveau de la mémorisation. Il cherche aujourd'hui à développer sa méthode plus largement dans les écoles. (Marie Meunier / Objectif Gard)

7X8 ? (*) Votre réponse a été précédée d'un long "euuuh"? Le calcul mental c'est pas votre fort ? Des années après l'apprentissage des tables de multiplication à l'école, il n'est pas toujours facile de les ressortir sans hésitation. C'est peut-être parce qu'on les a appris bêtement par cœur. Pierre Nonclercq, habitant Pont-Saint-Esprit, a mis au point le jeu Timul (début de "multiplier" en verlan) pour les retenir sans mal. Il espère que sa méthode saura trouver sa place dans les programmes scolaires. 

Comment ? Grâce à un jeu de cartes renfermant les histoires amusantes des "chifous" : des animaux remplaçant les chiffres. Un pingouin en forme de 1, un canard en forme de 2... "Au départ, on laisse les enfants leur choisir un prénom pour qu'il y appose leur propre culture", explique Pierre Nonclercq, qui poursuit : "On explique que les animaux vont évoluer dans une forêt enchantée et qu'il va leur arriver des histoires." Il y a aussi des devinettes toutes simples comme : "Qu'est-ce qui mesure 3 centimètre de large et qui met trois minutes à cuire ?" Vous avez trouvé ? C'est un œuf. 3X3 = 9.

Timul est un jeu comportant 32 cartes "pour retenir ses tables en 20 jours au rythme d'une histoire par jour." (Marie Meunier / Objectif Gard)

"Sur la carte, il y a une image, donc on fait appel à la mémoire visuelle de l'enfant". Il y a aussi un QR code à flasher qui donne accès à une vidéo pour mobiliser la mémoire auditive. Allez une autre : "La chenille en forme de 3 est en difficulté, elle est poursuivie par une flamme en forme de 6. Heureusement, son ami pompier avec la lance à eau est arrivé pour la sauver. Qui on appelle dans ces cas-là ?" Le 18, les pompiers. 6x3 = 18.

"Pour les enfants les plus assidus, il est possible de les apprendre en 20 jours"

"On redemande ensuite aux enfants quelle est l'histoire. S'ils en ressortent une un peu différente mais que le résultat est bon, on ne les reprend pas. Quand ils créent leur propre histoire, ils ne l'oublient pas", assure Pierre Nonclercq. Au total, il y a 32 cartes retraçant 18 histoires faciles dans le jeu de cartes. À partir de 5X5, on remplace les histoires par des astuces avec les mains. "Pour les enfants les plus assidus, il est possible de les apprendre en 20 jours, assure-t-il. Quand un enfant sait ses tables de multiplication, il a un levier important pour ne pas tomber en échec scolaire."

Il recommande de raconter les histoires des "chifous" dès l'âge de 4 ans pour que l'enfant assimile petit à petit, lui coûtant un moindre d'effort d'apprentissage lorsque son instituteur passera à l'étape supérieure en mathématiques. L'idée c'est que les histoires restent en tête comme des fables ou des contes qu'on lit avant de dormir. D'ailleurs, Pierre Nonclercq est en discussion avec les éditions Hachette pour décliner le jeu de cartes en livre illustré à raconter avant le coucher.

L'origine de Timul remonte il y a cinq ans alors que la petite-fille de Pierre Nonclercq, âgée de 7 ans, ne parvenait pas à apprendre ses tables. Rien à faire, ça ne rentrait pas. Alors il s'est inspiré de la méthode que sa compagne, institutrice, utilisait en Afrique en détournant des récits du quotidien. En quelques jours, elle les connaissait toutes.

Une trentaine d'écoles l'ont déjà adopté

Après deux ans d'élaboration, le jeu Timul est sorti il y a trois ans. 10 000 exemplaires ont été fabriqués et 4 000 ont été vendus jusqu'à présent. La méthode a séduit des parents mais aussi plusieurs écoles notamment Jean-Jaurès à Pont-Saint-Esprit mais aussi des établissements à Gaujac, dans le Nord, à Paris, à Auxerre... Au total, une trentaine d'écoles l'ont adopté. Maintenant, Pierre Nonclercq vise plus haut.

Il a pensé à une idée un peu folle : demander au chanteur Soprano de reprendre l'air de sa chanson "Le coach" en changeant les paroles pour réciter les tables de multiplication. Allez, allez ! Soprano si tu nous lis... "Imaginez ! vous mettez ça dans une salle de classe, les enfants n'oublieront pas et ça va faire le buzz", s'enthousiasme le créateur du jeu. Reste à réussir à le contacter et à le convaincre. Le jeu est actuellement en vente à 15€ sur Amazon car les volumes ne permettent pas de faire baisser le prix. Mais le but serait de le vendre à 2€ pour que la méthode soit accessible aux bourses de toutes les familles, même les plus modestes. Donc il faudrait un bon coup de com'.

En plus du Timul, Pierre Nonclercq commercialise son jeu Chifoukoo junior" sur le principe des chiffres croisés. Un peu comme un scrabble mais version mathématiques. (Marie Meunier / Objectif Gard)

En parallèle, le Spiripontain a auto-édité le jeu Chifukoo junior reposant sur le même principe que le scrabble mais avec des chiffres et des calculs. Un bon complément pour acquérir les équivalences et aussi développer son sens de la stratégie. Et pousser les plus réticents à se réconcilier avec les mathématiques.

Marie Meunier

* 56 = 7X8. Astuce pour retenir : c'est une suite de chiffres : 5, 6, 7, 8. De rien ! Toutes les informations sur Timul sur le site internet Azakak. Vous pouvez acheter le jeu en ligne ici.

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