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FAIT DU SOIR Encore un peu de patience pour avoir des tests antigéniques en pharmacie

Environ 30% des pharmacies seraient volontaires pour faire des tests antigéniques en France. À Bagnols, Frédéric Santori, titulaire de la pharmacie éponyme, est partant pour faire des tests de ce type dès qu'ils seront possibles. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Lors de son interview télévisée au début du mois, le président de la République, Emmanuel Macron, a parlé des tests antigéniques. Des tests rapides nasopharyngés où on peut savoir entre 15 et 30 minutes si on est positif au covid, réduisant ainsi drastiquement les délais de dépistage. Il devrait bientôt en arriver dans les pharmacies volontaires et chez les praticiens de France et du Gard. 

Y a-t-il déjà des tests antigéniques disponibles dans les pharmacies du Gard ? Pas encore, répond-t-on au FSPF 30 (syndicat des pharmaciens d'officines du Gard) : "Il faut attendre les accords validant les prix, la facturation auprès de la Sécurité sociale et la publication des décrets au journal officiel", introduit Céline Gonzalvez, la co-présidente.

Combien va coûter le test ? Comment vont se faire rembourser les personnes testées ? Est-ce que ce sera uniquement sur prescription ? "Il y a encore pas mal de flou mais moi, je suis intéressé pour le faire, je me forme pour, même si je n'ai pas pris ma décision finale", affirme Pierre Payan, titulaire de la pharmacie de Saint-Laurent-des-Arbres. Comme lui, environ 30% des pharmacies du pays sont volontaires pour effectuer les tests. Mais pour cela, ils doivent se former à ce geste un peu intrusif.

Et aussi se conformer à de nombreuses mesures : disposer d'un local isolé du reste de la pharmacie c'est-à-dire d'un espace confidentiel qui n'est pas le même que celui où les gens se font vacciner contre la grippe. Et si ce n'est pas le cas, aménager des plages horaires bien précises où les gens peuvent venir se faire tester. Ensuite, la pièce est soumise à un protocole de désinfection strict pour ne pas risquer de contamination.

"Les biologistes ont fait un travail formidable mais la demande est colossale"

À Bagnols, la pharmacie Santori est aussi volontaire pour les tests. Fin août-début septembre, le titulaire Frédéric Santori a remplacé son bureau par une pièce à part justement pour faire les vaccins contre la grippe. Pièce qui pourra aussi servir pour les tests antigéniques covid. "Les biologistes ont fait un travail formidable mais la demande est colossale, il faut s'adapter. On est dans une période de crise sanitaire, on est dans des agents de santé, on ne peut pas avoir d'arrêt maladie dans les rangs. On a besoin de nous", énonce le pharmacien. L'attente est forte du côté des usagers qui doivent parfois patienter plusieurs jours pour obtenir un prélèvement en laboratoire et plusieurs jours pour connaître le résultat : "Rien qu'aujourd'hui, on m'a demandé 3-4 fois si on ne faisait pas de tests antigéniques", assure le pharmacien bagnolais.

Chaque pharmacie doit disposer d'une personne dédiée aux tests pour ne pas être en contact les clients venant pour d'autres pathologies. "Nous, on n'est que deux à la pharmacie, c'est impossible. En plus, on est dans de vieux locaux pas adaptés", rapporte-t-on à la pharmacie Estournel, à Bagnols. Durant le prélèvement, le pharmacien doit être équipé d'un masque FFP2, d'une blouse, de gants, d'une visière...

"L'État veut démultiplier les lieux de prélèvement. C'est un challenge pour nous les pharmaciens mais c'est bien de s'appuyer sur notre maillage territorial dense. En moyenne, les Français habitent à moins de 5 minutes d'une pharmacie", développe Céline Gonzalvez. En revanche, tout le monde n'habite pas à 5 minutes d'un lieu de dépistage. L'habilitation des pharmaciens est donc aussi un moyen d'éviter aux personnes qui veulent se faire tester de se déplacer dans les grandes villes, comme le suppose Pierre Payan à Saint-Laurent-des-Arbres : "De chez nous, il faut que les gens aillent à Avignon ou à Orange. C'est quand même à 20-30 minutes de route."

"Ce n'est pas une révolution dans la prise en charge du covid"

Du côté du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Gard, l'enthousiasme autour de ce nouveau test pour le covid est plus nuancé. Le président, Frédéric Jean atteste : "C'est un moyen supplémentaire mais ce n'est pas une révolution dans la prise en charge du covid. Le test antigénique ne remplace pas du tout le test virologique RT-PCR. C'est le seul qui est valable pour l'heure. Il va détecter les plus petites quantités de virus, pas le test antigénique."

La HAS (Haute autorité de santé) recommande d'utiliser le test antigénique sous 4 jours suivant l'apparition des symptômes. Au-delà, le résultat n'est plus considéré comme fiable, relate Frédéric Jean, qui poursuit : "Son usage va être très limité. Quand c'est positif, c'est sûr. Mais il faut faire attention aux faux négatifs. Quelqu'un de fragile qui le passe et revient négatif, on devra lui faire quand même après le test RT-PCR pour être sûr."

Les hôpitaux vont commencer à faire ce test rapidement, et c'est là que c'est le plus utile selon le président du conseil départemental de l'Ordre des médecins du Gard : "L'intérêt principal est lors des hospitalisations, on va pouvoir savoir tout de suite si on oriente un patient dans un circuit covid ou pas."

Pour l'heure, les médecins du Gard ne proposent pas de tests antigéniques puisque la HAS préconise de le faire seulement si les personnes mettent plus de 48 h à obtenir un rendez-vous pour un test. "Ce qui n'est pas le cas chez nous", certifie Frédéric Jean. Quand aux tests salivaires, ce n'est pas encore d'actualité non plus...

Marie Meunier

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