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ÉDITORIAL Regarder le monde qui nous entoure

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On ne peut pas faire comme si ces images ne nous touchaient pas et faire semblant de regarder ailleurs. Probablement partagée par des jeunes (au regard du profil du réseau social) sur les réseaux sociaux, cette vidéo de deux hommes en train de tirer avec des armes à feu, en pleine matinée dans l'un des quartiers populaires de Nîmes, a de quoi inquiéter. Et même de révolter. Car ces événements ne sont pas seulement à porter au discrédit de parents démissionnaires. Des parents dont la plupart sont dépassés par le comportement et les attitudes de leurs enfants. Ce n'est pas non plus la seule  responsabilité de l'élu du coin, qui pendant des décennies s'est préoccupé de l'horizon de cette population en lui embellissant (en fonction des plans de rénovation urbaine) les cages d'escalier et les locaux d'associations culturelles, sportives ou sociales, motivées comme jamais pour sortir la jeunesse de sa torpeur. Ce n'est pas la faute non plus ni de la police ni des services de sécurité qui interviennent bon gré mal gré en fonction des situations d'urgence. Et ce ne sont pas plus les mauvais choix des acteurs institutionnels de la Ville qui font le maximum pour proposer des lignes de bus en adéquation avec les besoins, et organisent le ramassage des déchets en temps et en heure. Les commerces, l'école, le collège en merveilleux état comme chacun peut le constater. Ce quartier, comme d'autres à Nîmes, bénéficie de tout ce qui fait le lien social, éducatif, commercial et humain. Y compris des services sociaux ou médicaux qui soignent les maux et bobos d'une population en souffrance. En vérité, sortons de l'ironie et soyons honnêtes. Ce qui se passe est un peu la faute de tous. De tous les protagonistes cités. Et des habitants eux-mêmes. Et de cette jeunesse qui n'a pas le droit de se laisser aller sous des prétextes qui ne seront jamais des excuses. Et celui tout d'abord d'imaginer que de sortir de son quartier est impossible. Trouver un travail est rude, certes. Mais regarder le monde qui nous entoure, c'est simple comme bonjour. S'ouvrir pour laisser échapper son talent, sa diversité, son originalité. Tout le monde peut y arriver, même en France. Encore faut-il ne pas croire aux rêves de l'argent facile. Des poncifs ? Des belles paroles ? Non, non, une réalité ! Il n'y a pas que la Française des Jeux pour afficher le slogan : "100% des gagnants ont tenté leur chance." Chacun individuellement peut aussi s'employer à tenter la sienne. Pas au loto. À la vie. La vraie.

Abdel Samari

Etiquette

Abdel Samari

Créateur d'ObjectifGard, je suis avant tout passionné par les médias et mon département. Ce qui me motive chaque jour : informer le plus grand nombre sur l'actualité du Gard ! Pari tenu ?

1 commentaire sur “ÉDITORIAL Regarder le monde qui nous entoure”

  1. Regarder le monde sur un écran, autonomiser les séquences captées, les diffracter dans le flux inintérrompu de particules d’informations inassimilables, décontextualiser, déraciner, faire disparaître les liens de causalité. De quel monde « à regarder » parlez-vous ? . Ce monde qui nous atomise, nous étouffe ?.

    « La faute de tous » ? De manière très naive, je veux bien le croire, vous opérez un « transfert de charge » tout à fait conforme à la doxa néolibérale. C’est un coup de maître, ou de valet, à vous de choisir. Mutualiser les responsabilités, les mettre sur un pied d’égalité, les diluer dans cette informe communauté de responsablités en passant sous silence la violence des rapports de pouvoir, de domination, les effets destructeurs des discriminations, sur les corps sur les psychismes, vous déronsponsabilisez ceux qui se targuent d’être des « responsables politiques » et qui en tirent des bénéfices plus que conséquents.Ceux qui nous méprisent nous infantilisent, nous clientélisent, nous traitent comme des populations subalternes. Regardez le monde , non ; regardez la ville , mettez le doigt sur les coutures qui délimitent les zones ségréguées comme vous mettriez le doigt sur une cicatrice, une balafre héritée d’une autre époque. A l’occasion , regardez droit dans les yeux le conseil municipal , le conseil communautaire, les instances de pouvoirs de la ville et pensez au concept d’hégémonie, aux absents qui ont toujours torts, à l’organisation de notre invisibilité, pensez très fort au projet de lois sur le séparatisme. Qui souhaite se séparer de qui ? Enfin en évoquant à demi-mot votre propre ascension, sans en avoir conscientisés les ressorts sociaux, les ressources dont vous avez pu bénéficier au sein de la famille, vous braquez une lumière artificielle et aveuglante sur l’impasse dans laquelle se trouve les jeunes (et moins jeunes) des quartiers populaires. Cette opération d’auto-promotion de l’individu est le cheval de Troie d’un pouvoir qui craint plus que tout l’agrégation des résistances.

    Pour finir je me permets de vous livrer un fragment de l’œuvre d’Achille Mbembe, dont la lecture pourrait irriguer votre réflexion.
    « Historiquement, la stratégie des États dominants a toujours consisté à spatialiser et à décharger cette terreur en en confinant les manifestations les plus extrêmes dans un tiers-lieu stigmatisé racialement – la plantation, la colonie, le camp, le ghetto ou, comme dans les États-Unis contemporains, la prison. Parfois, ces formes d’occupation et ce pouvoir de segmentation, de confinement et de destruction ont pu être exercées par des pouvoirs privés, souvent sans contrôle – ce qui a conduit à l’émergence de modes de domination sans responsabilité. »

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