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FAIT DU SOIR La fève des manadiers reine du mois de janvier

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Les fèves de La petite Maurice mettent à l'honneur les devises de sept manades : Leron, Du Seden, Le Moutet, Le Valadas, Du Gardon, Devaux et Aubanel. (Photo Corentin Migoule)

Si les fêtes viennent de s’achever, le début d’année est tout aussi crucial pour les boulangers qui exploitent à merveille la célébration des rois mages à l’occasion de l’Épiphanie. À Saint-Maurice-de-Cazevieille, la boulangerie n’échappe pas à la tradition et met à l’honneur les manades locales avant de leur faire un don forcément bienvenu à une période où la santé économique de ces élevages est mise à rude épreuve.

30 millions ! Soit le nombre moyen de galettes des rois consommées chaque année en France. Un chiffre colossal qui grossit notamment à l’occasion de l’Épiphanie, célébrée le 6 janvier et le deuxième dimanche après Noël, faisant le bonheur des plus de trente mille boulangers de l’Hexagone. Depuis le passage à la nouvelle année, les habitants de Saint-Maurice-de-Cazevieille sont nombreux chaque matin à se masser devant la porte de la boulangerie La petite Maurice, devenue le véritable centre névralgique de cette commune d’environ 700 habitants située à équidistance d’Alès, d’Uzès et de Nîmes.

Car si la vente de galettes des rois permet aux professionnels du secteur d’augmenter leur chiffre d’affaires de plus de 30% par rapport à un mois traditionnel, La petite Maurice ne devrait pas faire exception. Et pour cause ! Si la qualité des produits proposés par Romain Gleyzon, qui privilégie les circuits courts, a déjà fait ses preuves, l’ancien artisan de la boulangerie Lou Pan d’antan d’Alès a misé sur une nouveauté dont il mesure déjà l’effet. « Au moment de choisir la thématique des fèves 2021, en grand passionné de traditions camarguaises, je voulais faire quelque chose avec des taureaux », se souvient le gérant de La petite Maurice, avant d’opter pour un dérivé : « Mais avec la pandémie, les manades n’ont pas pu travailler, alors on a décidé de leur rendre un petit hommage. » 

1 000 fèves aux couleurs de sept manades

Ainsi, après avoir demandé et reçu l’autorisation des manadiers concernés, le père de famille a fait fabriquer 1 000 fèves en porcelaine estampillées aux couleurs de sept manades locales, qui n’ont évidemment pas été désignées au hasard : « Ce sont les manades qui sont actrices de la fête votive l’été et de la Fête des vendanges qui a eu lieu au lac », concède le boulanger, qui a aussi disséminé dans ses galettes une fève à l’effigie du club taurin La Candouillère, coorganisateur de ces deux événements annulés en 2020.

Une initiative qui, en plus de ravir les très nombreux amateurs de traditions taurines du département, profitera directement à ces sept élevages locaux, comme le promet Romain Gleyzon : « Une partie du chiffre d’affaires du mois de janvier issue de la vente des galettes, que j’espère plus élevée que l’an dernier, sera reversée aux manadiers pour qu’ils puissent nourrir leurs bêtes tout l’hiver. »

En effet, seule une vingtaine des 2 500 manifestations taurines habituelles a pu avoir lieu en 2020, occasionnant une perte économique considérable pour les éleveurs qui apprécient davantage ce coup de pouce. « Ça me touche beaucoup », réagit Julien Leron, gérant de la manade éponyme, dont l'activité a été « réduite de 90 % » l'an dernier. S'il souligne l'élan solidaire « des gens qui jouent le jeu » en faisant régulièrement appel à lui pour la vente en direct de ses colis de viande, le manadier prévient : « Il ne faudrait pas que ça dure deux ou trois ans de plus. »

Un coffret à succès

En plus des galettes des rois qui se vendent comme des petits pains depuis le début de la semaine, la famille Gleyzon a aussi imaginé un coffret regroupant les huit fèves pour les collectionneurs qui n’auraient pas envie d’engloutir autant de frangipane et de royaume brioché. Mais il faudra patienter quelques jours pour pouvoir se procurer l’écrin vendu 18,90 € pièce et qui, victime de son succès, est en rupture de stock : « Je n’en avais fait faire qu’une dizaine de peur qu’ils me restent sur les bras et au final ils se sont tous vendus. On a même eu des gens de Dordogne et de la région toulousaine », se marre l’artisan, qui en a aussitôt recommandé une trentaine.

Dépourvus de boulangerie pendant près de trois ans, les Saint-Mauriçois ont eu tôt fait d’adopter l’établissement géré par Romain et Delphine Gleyzon depuis octobre 2019, dont le travail est désormais connu et apprécié au-delà des frontières du Gard.

Corentin Migoule

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