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NÎMES Nostalgique, l’avocat regrette « les clients de la French Connection » et « les légionnaires »

L'avocat nîmois Jean-François Corral. Photo Tony Duret / Objectif Gard
L'avocat nîmois Jean-François Corral. Photo Tony Duret / Objectif Gard
L'avocat nîmois Jean-François Corral. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Les habitués du tribunal de Nîmes ont forcément croisé la route de Jean-François Corral. L’avocat au physique de videur de boîte de nuit, à la voix qui porte, défend régulièrement les policiers nîmois. C’était encore le cas ce jeudi en comparution immédiate.

C’est un spectacle à lui seul. Qu’on l’apprécie ou non, Jean-François Corral ne laisse pas indifférent et ferait presque passer une affaire d’outrages contre des policiers au second plan. Cet avocat fort en gueule attire le regard et l’attention. Qui vient à l’audience peut le voir râler après un prévenu qui porte mal son masque et s’emporter davantage quand il s’agit de l’un de ses confrères censé donner l’exemple. Mais sa colère atteint son paroxysme quand il plaide la cause des policiers, ce qu’il fait souvent et probablement bien puisque ces derniers lui renouvellent leur confiance.

Ce jeudi 14 janvier, justement, Me Corral en défend plusieurs. Ils sont intervenus la veille, sur les coups de midi à Valdegour, pour mettre une amende à un jeune homme, accompagné d’un copain, qui ne portait pas son masque. Rien de plus classique. Mais à la zup, rien ne se passe comme prévu. Le contrôle dégénère. Les policiers reçoivent des insultes et leur voiture une pomme de terre ! Dans la petite bande qui s’est formée face à eux, les forces de l’ordre reconnaissent les deux individus contrôlés quelques instants plus tôt. Il s’agit de Tayeb, 18 ans, et Sehkou, 22 ans, qui s’expliquent devant le tribunal correctionnel de Nîmes.

Tayeb, casier judiciaire vierge, inverse la règle du « ni oui, ni non » et réalise l’exploit de ne prononcer aucun autre mot. Était-il sur les lieux ? « Oui ». A-t-il quelque chose à se reprocher ? « Non ». Concis et efficace. Son copain Sehkou, lui aussi innocent mais déjà connu de la justice, sort un argument imparable : « J’étais à proximité, mais j’étais de dos. Je ne pouvais pas insulter les policiers de dos ». Les lois de la physique… C’est là que Jean-François Corral invite la salle à plonger dans son univers : « Qu’est ce que je regrette les clients de la French Connection, les légionnaires, tous ces gens qui avaient une colonne vertébrale, qui avaient une espèce de code ». Ces gens qui assumaient.

En revanche, ces derniers auraient peut-être souri en entendant le réquisitoire de la procureure à 4 mois de prison avec sursis contre Tayeb et 4 mois ferme contre Sehkou. Et certainement plus de la peine finale : 100 jours-amende à 6€ pour les deux et des dommages et intérêts à verser aux policiers. Chaque époque engendre ses héros…

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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