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FAIT DU JOUR Ergosanté : une grande délégation pour une entreprise d’exception

Du beau monde en visite chez Ergosanté à Anduze ce vendredi après midi. (Photo Corentin Migoule)

Ce vendredi après-midi, le préfet de la région Occitanie, Étienne Guyot, a fait le déplacement jusqu’à Anduze où l’attendaient sur place, Samuel Corgne, gérant de la société Ergosanté, le préfet du Gard, Didier Lauga, le sous-préfet d’Alès, Jean Rampon, et les maires d’Anduze et d’Alès, Geneviève Blanc et Max Roustan, entre autres. Une grande délégation pour visiter une entreprise, primée au titre du label "Territoires d’industrie", et en pleine extension.

Pour être à l’heure à ce rendez-vous réunissant ce qui se fait de mieux en matière de représentants de l’État dans la région, mieux valait avoir pris ses précautions ! Car les locaux de l’entreprise anduzienne Ergosanté sont « bien cachés » au fin fond de la zone artisanale Labahou, ce qui convient parfaitement à son gérant, Samuel Corgne, dont l’activité est sujette à des pratiques d’espionnage. Avec l’aide de son frère, Mickaël, qu’il considère comme son bras droit, le jeune chef d’entreprise a présenté à la presse, ainsi qu’à de nombreux élus locaux, sa société spécialisée dans la fabrication de solutions sur mesure pour travailleurs valides ou handicapés, telles que des sièges ergonomiques.

« La création d’Ergosanté est partie d’un constat : celui que les Hommes sont de plus en plus cassés par le travail », embrayait Samuel Corgne. En un peu plus d’une heure, le gérant a fait découvrir un par un les bâtiments (et leurs occupants) à toute une délégation désireuse de connaître les secrets de la réussite d’une entreprise qui, début 2020, avait tapé dans l’œil du président Macron lors d’une exposition à l’Élysée.

Parce que la visite s’opérait dans le cadre du plan France Relance et de l’opération "Territoires d’industrie", dont Ergosanté a été lauréate avec une enveloppe de 800 000 euros à la clé, Romain Gareau, sous-préfet à la relance d’Occitanie, accompagnait Étienne Guyot, préfet de région qui, en compagnie de la sénatrice Vivette Lopez, s’est amusé à tester l’exosquelette (notre vidéo). Une nouvelle innovation des ingénieurs d’Ergosanté, conçue dans l’optique de réduire les troubles musculo–squelettiques du dos, qui représentent la majorité des accidents de travail. « Pour que les gens partent à la retraite à 67 ans, il faut bien qu’on trouve des solutions », ironisait Arnaud Declomesnil, directeur commercial de l’entreprise.

Etienne Guyot, préfet de région s'équipe de l'exosquelette, équipement d'assistance à la personne. (Photo Corentin Migoule)

Si la presse n’a pas eu accès à une pièce dédiée à l’innovation, elle a pu échanger avec plusieurs salariés de l’atelier de production dont la plupart est en situation de handicap, spécificité ayant permis à Ergosanté d’obtenir l’agrément "Entreprise adaptée" en 2019. « Leur poste de travail est aménagé et les produits qu’ils fabriquent participent au maintien dans l’emploi de personnes handicapées. C’est un cercle vertueux », résumait l’entrepreneur.

Parce qu’il a fait de l’insertion sociale son cheval de bataille, Samuel Corgne n’hésitait pas à interpeller le sous-préfet de l’arrondissement d’Alès, Jean Rampon, lui soumettant le dossier de deux migrants qu’il aimerait embaucher. Le gérant en faisait de même avec le préfet du Gard, Didier Lauga, l'alertant sur la situation de Taki, réfugié politique qui rêve d’embrasser à nouveau sa femme restée au pays. Depuis un an, le Congolais confectionne « des dossiers et des appui-têtes », pour « soulager les douleurs dorsales des automobilistes. »

Lui-même opéré du dos après avoir été violemment battu au Congo, le trentenaire a activement participé à la confection de masques, pratique à laquelle s’était reconvertie l’entreprise anduzienne pendant la première vague épidémique. « Ce sont des masques présentant un taux de filtration supérieur à 90 %. On en a offert 50 000 », se souvenait Samuel Corgne.

Taki mise sur l'intervention du préfet pour rapatrier son épouse en France. (Photo Corentin Migoule)

La visite prenait fin à l’extérieur, devant les plans du projet d’extension qui devrait aboutir d’ici la fin de l’année, à l’ouverture d’un nouveau site de production de près de 1000 m², générant la création d’une trentaine d’emplois, ouverts prioritairement aux personnes en situation de handicap. « C’est une forme de ségrégation positive mais on n’est pas fermés pour autant à des candidatures de personnes valides », rebondissait le chef d’entreprise.

L’extension, qui se chiffre à 1,2 millions d’euros, n’a été rendue possible que par la vente d’un terrain municipal actée par la maire d’Anduze, Geneviève Blanc. « C’est un site qui était au départ réservé aux ateliers municipaux mais on a entendu les besoins de l’entreprise Ergosanté et la volonté louable de son gérant de rester à Anduze », réagissait la première magistrate anduzienne, qui a par ailleurs tenu à garder « un petit bout de terrain » pour une autre entreprise en demande. « Ça tombe bien, c’est une entreprise de menuiserie et on aura besoin de faire appel à eux », se réjouissait Samuel Corgne, qui a confié le projet au cabinet d’architecte Borelli.

Car s’il a un temps pensé à quitter le Gard « par manque de place pour s'étendre », le jeune entrepreneur a « le cœur ancré en Cévennes ». Sortie de l’année 2020 avec 20 % de croissance malgré la pandémie et deux mois de fermeture, la société Ergosanté a tous les ingrédients pour rester leader de son secteur et conserver sa renommée internationale.

Corentin Migoule

Notre vidéo :

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