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MARCOULE L’avenir du Visiatome se dessine en pointillé

L'ensemble des formations syndicales s'est réuni autour d'un groupe de travail afin d'imaginer un projet alternatif pour le devenir du Visiatome. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Que va devenir le Visiatome ? Le musée scientifique a été créé en 2005, sur le site du CEA Marcoule, pour communiquer à l'origine sur les déchets nucléaires. Il accueillait 24 000 visiteurs par an. La direction a annoncé que l’exposition permanente fermerait définitivement ses portes en août prochain.
Depuis quatre mois, les organisations syndicales du CEA Marcoule se mobilisent pour l’éviter. Une pétition a été lancée et totalise aujourd’hui 1 600 signatures dont celle du sénateur, Denis Bouad, ou encore du député Philippe Berta.
Après une première conférence de presse fin novembre, le cas du Visiatome a connu un plus grand retentissement médiatique. L’intersyndicale CGT, CFE/CGC, CFTC, CFDT et FO a alors sollicité la direction pour tenir un CSE (comité social et économique) exceptionnel sur l’avenir du musée. Et ainsi enclencher un processus d’information-consultation pour avoir une expertise précise sur le sujet. Après une tentative de recours au tribunal administratif, la direction a finalement tenu ce CSE. L’intersyndicale travaille maintenant à construire un projet alternatif à cette fermeture.
Car ils voient en ce musée, un outil « qui permet de créer des vocations chez les jeunes », avance Laurence Ternat, élue CFE-CGC. Elle poursuit : « Mais qu’est-ce qu'il s’est passé depuis la création il y a quinze ans ? Le CEA s’est doucement retiré de ce musée et l’a confié à un prestataire qui a fait ce qu’il a pu pour le maintenir en état. Mais notre société a évolué en quinze ans. Les thèmes qui préoccupent les jeunes, c’est comment on traite les déchets, comment on fait pour que la mer ne soit pas une poubelle… L’espace de ce musée mériterait d’être rénové en fonction de cette actualité. »

Oui à la formation, mais continuer l'offre culturelle envers les scolaires

C’est pourquoi, l’ensemble des organisations syndicales a formé « un groupe de travail pour imaginer ce projet alternatif », indique Patrick Revol, secrétaire du CSE Marcoule et élu CGT. Il sera présenté lors d’une table ronde à laquelle sont conviés la directrice du CEA, le député Anthony Cellier, et le président de l’Agglomération du Gard rhodanien, Jean-Christian Rey. Ils ont tous acceptés de venir, la date n’est pas encore connue mais devrait être fixée avant mi-mai.
Déjà le groupe de travail réfléchit à des propositions. Ils imaginent par exemple une exposition modulaire variant selon l’actualité et s’appuyant sur la force de proposition des chercheurs de Marcoule. Mais une chose est sûre : ils veulent continuer à recevoir des scolaires. Et ils craignent que ce ne soit pas le virage que veut amorcer la direction, qui envisage de créer une "école du démantèlement".
« On n’est pas contre cette école, mais c’est quelque chose qui doit se faire en plus, mais pas au détriment de l’espace d’exposition », nuance Patrick Revol. Et ainsi développer l’aspect formation professionnelle tout en continuant « l’information vers le public ». Pourquoi pas en créant un étage pour doubler les 600 m² d’espace, envisage l’intersyndicale. Ce projet alternatif permettrait également de préserver l’emploi des huit salariés du prestataire Actese événement.

Marie Meunier

Le point de vue du CEA. Du côté du service communication du CEA Marcoule, on reprécise bien qu’il n’est pas envisagé de fermer le musée mais seulement l’espace d’exposition permanent. « Les modes d’accès à l’information ont beaucoup évolué en quinze ans. Le public a plus accès au canal digital et le contexte sanitaire n’a fait que l’accentuer », explique Cédric Garnier, du service communication. « Le CEA veut faire évoluer l’usage de ce bâtiment et en faire un outil d’attractivité pour le territoire […] », poursuit Cédric Garnier. Deux options sont étudiées par la direction, à savoir aménager un espace permettant de recevoir divers événements. Ou bien impliquer l’INSTN (Institut national des sciences et techniques du nucléaire) pour mettre en place des formations corrélées au bassin d’emploi. Ce que l'intersyndicale nomme "école du démantèlement". « Aujourd’hui, les différentes options sont étudiées par le CEA et sont en cours d’instruction », conclut Cédric Garnier.
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MARCOULE Le Visiatome va fermer définitivement ses portes à l’été 2021

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