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FAIT DU SOIR À Nîmes Pissevin, Jean Castex n’a pas convaincu tout le monde

Au quartier de Pissevin à Nîmes. (photo d'illustration : Norman Jardin) (3)
Le quartier de Nîmes Pissevin ce dimanche matin (photo Norman Jardin)

24h après la visite du Premier ministre, des habitants de Pissevin ne pensaient pas que la situation allait changer dans le quartier nîmois.

C’est un dimanche presque comme tous les autres dans le quartier de Pissevin. Le soleil est de retour et l’hélicoptère du Samu traverse le ciel bleu en direction du CHU de Nîmes. Sur une place, et par petits groupes, des habitants ont conservé leurs habitudes, celle de discuter, de tout et de rien, entre amis. La veille, le quartier a reçu la visite de Jean Castex, Premier ministre, et les ministres déléguées au Logement, Emmanuelle Wargon, à la Citoyenneté, Marlène Schiappa, et à la Ville, Nadia Hai.

« Je suis là pour dire qu’on ne va pas vous laisser tomber », avait lancé le Premier ministre qui a aussi évoqué la sécurité : « C’est la base, nous avons déjà renforcé les effectifs (NDLR : de police) et nous allons continuer ». Au lendemain de cette visite, les habitants rencontrés ce matin ne semblaient pas convaincus par les mots de Jean Castex.

« Tout le monde veut partir de ce quartier »

Assis sur un banc avec une boisson chaude à la main, Kamal a du mal à croire en l’intégrité des hommes politiques français. « Les ministres et les parlementaires ont des casseroles au cul. » Puis il propose des solutions : « Il faut plus de mixité, car ici ce n’est pas la peine de parler le français, en parlant l'arabe vous pouvez très bien vivre. Un jeune d’ici, quand il envoie son CV pour un emploi, ça passe directement à la poubelle. Tout le monde veut partir de ce quartier. On doit aussi éradiquer l’insécurité ici. ». Et le Nîmois de demander plus de policiers dans le quartier. Pas plus tard que ce dimanche matin, des tirs ont été entendus dans Pissevin et un jeune homme a été blessé.

Le quartier de Nîmes Pissevin ce dimanche matin (photo Norman Jardin) 

L’insécurité, Ali la subit au quotidien. « Il y a des jeunes qui quelquefois m’interdisent de me garer où je veux. Certains veulent même m’empêcher de téléphoner. » Pour lui, le danger est partout et tout le temps. « La France est capable d’aller faire la guerre à l’étranger avec du matériel sophistiqué mais elle ne serait pas capable de neutraliser quelques dizaines de délinquants ? »  À cette question, Kamal propose une réponse : « En ne faisant rien, les hommes politiques conservent la paix sociale. La population qui subit l’insécurité ne les intéresse pas. Dans un an il y aura l'élection présidentielle et on va encore tout mettre sur le dos des immigrés. »

« Je n’ai pas vu le Premier ministre, il n’est resté qu’une heure »

Karim était dans le quartier hier. « Je n’ai pas vu le Premier ministre, il n’est resté qu’une heure. Mais je veux souligner que c’est une petite poignée de personnes qui pose des problèmes ». Resté dans sa voiture, Tayeb discute avec un ami. Pour lui aussi, la venue ministérielle ne bouleversera rien : « Ce n’est pas lui qui changera les choses. Et puis, il n’a pas vu le vrai visage du quartier. Tout a bien été nettoyé avant son arrivée ».

Quant à Franck, cela fait trente ans qu’il habite à l’ouest de Nîmes et plutôt que des promesses il préférerait un meilleur pouvoir d’achat. « Pour s’en sortir, il faut bien gagner sa vie. Ça fait 20 ans que je travaille et je ne gagne pas encore 2 000€ ». Jean Catex est parti, les problèmes sont restés et les habitants de Nîmes Pissevin ne pensent toujours pas que leur vie va s’améliorer.

Norman Jardin

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