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NÎMES Squat de la rue Pierre-Semard : un délai de trois mois accordé aux familles

Une cinquantaine de personnes est installée au 93-95 de la rue Pierre-Semard à Nîmes. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)
Les membres du collectif en soutien aux familles de migrants de la rue Pierre-Semard à Nîmes, se sont réunis ce mercredi après-midi. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Depuis le 21 septembre 2019, une douzaine de familles de migrants occupe deux bâtiments désaffectés situés le long de la rue Pierre-Semard à Nîmes, tout près de la station service BP. Un site - propriété d'ICF Habitat (filiale du groupe SNCF) - que la Ville de Nîmes prévoit de racheter dans le cadre du projet dit Hoche Sernam.

Une douzaine de familles de migrants serbes, tchétchènes, marocains, albanais et géorgiens est installée dans les deux bâtiments désaffectés situés le long de la rue Pierre-Semard à Nîmes, depuis un peu plus de deux ans et demi. Juste avant que le procès engagé par la filiale de la SNCF débute, Daniel Vidal, porte-parole du collectif de soutien (*) assurait : "Il n'a jamais été question de pérenniser ici une existence mais de leur permettre de souffler un peu et de mettre en place les dispositifs pour leur demande de titre de séjour, de logement social."

Le tribunal de Nîmes s'est prononcé lundi dernier. "Il accorde un délai de trois mois aux familles pour quitter les lieux avant que la préfète du Gard puisse demander à faire usage de la force pour les déloger", a rapporté Yves Carel de l'association Droit au logement du Gard (DAL 30), face aux membres du collectif de soutien rassemblés ce mercredi au 93-95 de la rue Pierre-Semard. Il poursuit : "Les poursuites contre le DAL ont été abandonnées parce que l'association n'habite pas dans ces bâtiments. Le côté négatif, c'est que le tribunal a fixé des indemnités financières concernant la consommation d'eau des familles à 13 500 euros et une indemnité forfaitaire de 3 000 euros par mois à compter du 1er août 2020." Des montants qui ont suscité l'émoi au sein de l'assemblée.

Les familles ont trois mois pour quitter les bâtiments désaffectés de la rue Pierre-Semard. (Photo : Stéphanie Marin/ObjectifGard)

Une délégation des soutiens ainsi qu'une représentante des familles menacées d'expulsion, Najia Rabouli, ont été reçues par la préfète du Gard, Marie-Françoise Lecaillon, ce mercredi matin. Reconnaissant en elle "une qualité d'écoute intéressante", Yves Carel a ensuite résumé ses propos. "Elle ne veut pas de régularisation globale, mais étudier les dossiers un par un. Elle a expliqué qu'elle ferait respecter la loi." Le représentant du DAL 30 assure que le travail va démarrer dans les plus brefs délais. "L'essentiel, c'est le travail, on l'a bien compris. Nous allons chercher des promesses d'embauches fiables mais aussi rassembler les certificats de scolarité etc. (...) Je suis ressorti avec le sentiment que nous n'avions pas perdu notre temps. Pendant trois mois, il faut continuer à exprimer notre solidarité, se retrouver publiquement et rappeler à la préfète que la mobilisation est intacte. Ici ou ailleurs, on continuera le combat."

Stéphanie Marin

* Ados sans Frontières, Amitié France Algérie, Amnesty International groupe de Nîmes, APTI, Association France Palestine Solidarité Nîmes, CIMADE, CNT 30, Collectif Continuons Ensemble Gard, EELV Nîmes, Fédération Anarchiste, France Insoumise Nîmes, Ligues des Droits de l'Homme Nîmes, Nuit debout Nîmes, PCF, Réfugiés Bienvenue, RESF, Union syndicale Solidaires 30, UNIRS 30.

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