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NÎMES Deux expositions, deux sorties dans les musées nîmois

(Photo Anthony Maurin).
Conservateur du musée des Beaux Arts, Pascal Trarieux s'est beaucoup impliqué dans l'exposition (Photo Anthony Maurin).

Deux musées, deux ambiances en ce début d'été à Nîmes. Au Musée des Beaux Arts, Beau comme l'Antique évoque un source d'inspiration pour les artistes modernes. À la galerie Jules-Salles, c'est Double mort à Téviec, une exposition sur la Préhistoire, qui est en place.

Nîmes a de bien jolis musées. C'est un fait mais ils ne sont pas suffisamment mis en avant. À commencer par le musée des Beaux Arts. De l'extérieur, le bâtiment est majestueux mais attendez de pousser la porte pour voir ce qui se cache derrière. Une pure merveille... Et je ne parle pas encore de l'exposition permanente et encore moins de la temporaire.

(Photo Anthony Maurin).

Parlons de la temporaire, Beau comme l'Antique. Si un musée, c’est, avant toute chose, une collection et la présentation des œuvres au public, cela doit aller beaucoup plus loin et avec beaucoup plus d’ambition. C’est le cas ici. "Je me promène et revois ce que quelques fois nous vîmes des antiquités de Nîmes, soigneusement toi et moi. L'ordre et la proportion selon vraie architecture, ravit d'admiration tout humaine création" dit l'ode de Jacques Pineton dédiée à Jean Poldo d'Albenas. Et c'est vrai, l'Antiquité fut une source d'inspiration pour les artistes modernes des trois beaux arts. Dessin, peinture, architecture et sculpture en tirent encore d'indubitables influences.

(Photo Anthony Maurin).

Ainsi, axe sont les cinq "sphères" qui sont proposées. L'Antiquité lettrée avec le musée de papier et le savant antiquaire, l'Antiquité rêvée avec le cabinet d'amateur et le collectionnisme, l'Antiquité copiée avec le cours de dessin et les modèles de plâtre. Puis, l'Antiquité montrée avec le muséum et la galerie de peintures et pour finir, l'Antiquité visitée avec les guides de voyage et l'organisation du tourisme.

Car oui, l'Antiquité ne s'arrête pas avec la fin de l'empire romain ! La permanence des modèles antiques à la période médiévale, dans la sculpture méridionale notamment, et la conservation exceptionnelle des vestiges à Nîmes en sont la preuve. Les croisades avaient généré les premiers "retours aux sources", à la recherche des lieux bibliques. En conséquence une première démarche de curiosité historique était apparue, mêlée d'admiration pour les époques antérieures - allant jusqu'à l'exhumation de reliques saintes - préfigurant les fouilles archéologiques.

(Photo Anthony Maurin).

À la Renaissance, les références antiques apparaissent comme modèles autant intellectuel qu'esthétique. Posséder la connaissance de ces savoirs anciens démontre la supériorité d'un esprit nouveau lettré car la compréhension du latin et du grec livrait l'accès aux textes des auteurs anciens, observateur avec l'admiration d'une antiquité rêvée pour son caractère héroïque et mythologique, créatif avec un vocabulaire et des expressions artistiques propres.

Les collections se constituent : monnaies, médailles, statues et objets, en deviennent elles-mêmes des références : Médicis, Borghèse... Autant de collections dignes d'admiration par leur présentation, et référence d’œuvres modèles, copiées, montrées et diffusées dans l'Europe entière. Initiateur des collections royales françaises, François Ier vient même à Nîmes pour admirer ses antiquités.

(Photo Anthony Maurin).

Avec l'époque des fouilles, c'est à la Fontaine de Nîmes, que les archéologues livrent de nombreux objets rassemblés dès 1762 dans le Temple de Diane, premier lieu de conservation des antiquités préfigurant le musée. Il s’ensuivit en 1780 un premier cours gratuit de dessin au Pavillon de la Fontaine, avant la création de l’école de dessin en 1820, puis l’ouverture du musée en 1823 dans la Maison carrée. Cette exposition temporaire aborde donc la grande question esthétique moderne... Le modèle que constitue la statuaire grecque et romaine basée sur le canon des proportions idéales fondamental dans les arts majeurs, sa circulation et sa démultiplication dans les arts dits académiques.

Deuxième époque, la préhistoire à la galerie Jules-Salles

Passons maintenant à la seconde exposition temporaire organisée par la Ville. C'est à la Galerie Jules-Salles que cela se passe. Gros contraste avec le décorum, le visiteur arrive sur une sorte de scène de crime qui se veut ultra moderne. Les Experts devront élucider une énigme car cette nouvelle expo est réalisée par le Museum de Toulouse et a pour nom Double mort à Téviec. L'expo a dix ans mais ne vous inquiétez pas, peu de choses ont évolué depuis !

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Partez, en toute tranquillité, à la découverte d'une sépulture datée d’environ - 5 400 ans. Une double sépulture de la nécropole mésolithique de Téviec. Le parcours d’exposition vous proposera de résoudre une enquête archéologique sur cette sépulture et ses deux occupants. Vous vous placerez dans la peau d’un archéologue pour en découvrir toutes les techniques d’investigation.

Adeline Rouilly, conservatrice du muséum d'histoire naturelle de Nîmes (Photo Anthony Maurin).
Adeline Rouilly, conservatrice du muséum d'histoire naturelle de Nîmes (Photo Anthony Maurin).

Une exposition ludique qui permet aux petits et aux grands de réaliser une enquête grandeur nature, version police scientifique. Même si on ne fera pas d'immense découverte, que les recherches sont imbriquées dans des modules pas toujours passionnants, cette expo a le mérite d'exister et peut-être plaira-t-elle aux enfants en quête d'enquête. Presque tous les moyens de recherches en archéologie sont mis à contribution pour résoudre ce mystère à partir de cette fameuse sépulture et avec le concours de bornes interactives pour faire progresser l'enquête de chaque visiteur.

(Photo Anthony Maurin).

Dans le cadre de la mise en avant des collections de Préhistoire, le Museum d'histoire naturelle avait donc souhaité accueillir, à l'intérieur du musée, une vitrine d'actualité des recherches préhistoriques en cours sur le territoire nîmois. C'est en partenariat avec l'INRAP que ce projet va pouvoir se réaliser en présentant le résultat de deux fouilles par an et d'avoir le plaisir d'observer les objets préhistoriques récemment découverts.

(Photo Anthony Maurin).

Une plaquette va vous aider dans cette difficile affaire. En réalité, pensez à la prendre à l'entrée car les scientifiques n'arrivent pas à trouver la solution et c'est là que vous intervenez pour les aider. D'abord scannés, analysés puis démontés, pour finalement être proposées sur une table d'autopsie, les membres de ce couple inhumé voilà des millénaires nous invite à suivre les traces de ces hommes du passé.

Des humains qui nous ont laissé comme témoignage de leur civilisation, une tombe riche de symboles à décrypter. À l'aide de ce livret d'enquête (lire ci-dessous), les visiteurs pourront parcourir l'expo au gré des bornes d'investigation. Chacune doit livrer questions, indices et techniques pour vous aider à dénouer le fil de l'histoire et donc de l'enquête.

Musée des Beaux Arts, rue Cité Foulc, jusqu'au 31 octobre, entrée 5 euros. Galerie Jules-Salles, Boulevard Amiral Courbet, jusqu'à 14 novembre, entrée 5 euros. 

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 37 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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