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SAINT-AMBROIX Il se prend pour le diable et met le feu à la maison de sa compagne

Me Joris Numa, avocat au barreau d'Alès. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Me Joris Numa, avocat au barreau d'Alès. Photo Tony Duret / Objectif Gard
Me Joris Numa, avocat au barreau d'Alès. Photo Tony Duret / Objectif Gard

Hier après-midi, Pascal comparaissait devant le tribunal correctionnel d’Alès pour des violences sur une ex-copine et pour avoir mis le feu à la maison de sa nouvelle compagne.

C’est une constante du dossier examiné en comparution immédiate ce lundi : quand Pascal boit, il est un autre homme. Même une entité puisqu’il se « prend pour le diable », indique la présidente de l’audience, Céline Simitian, qui lit les témoignages de plusieurs de ses ex-compagnes qui ont vécu à ses côtés des heures terribles.

L’une d’elles avait déposé plainte il y a plusieurs années et s’était vue prescrire cinq jours d’ITT. Elle se plaignait alors de brûlures de cigarettes sur le corps et de multiples coups reçus pendant leur relation. Selon ses déclarations aux enquêteurs, il semblerait que Pascal « hurlait qu’il était le diable et que du feu allait sortir de ses mains et de sa bouche ». Il est finalement effectivement sorti de ses mains, le 11 mai 2021, dans une habitation de Saint-Ambroix.

Piégé par les flammes, le chien a péri dans l’incendie

Ce jour-là, le quinquagénaire se trouve chez sa nouvelle compagne qu’il fréquente depuis huit mois. Ils ont l’un et l’autre passé la journée à boire des bières. C’est quand ils attaquent le whisky, en soirée, que la situation se gâte. Le couple s’engueule. Madame s’en va dormir ailleurs. Pascal, ivre, téléphone à des connaissances et apprend à ses interlocuteurs qu’il est « Satan » et qu’il a « le feu en lui ».

C’est finalement son côté Johnny Hallyday qui prend le dessus puisqu’il va… allumer le feu. « Je ne l’ai pas mis volontairement. Je ne pensais pas que trois petites feuilles de papier pouvaient mettre le feu à toute une maison », se défend Pascal qui ne se souvient pas s’être comparé au diable. « Surtout que j’avais tout dans cette maison », poursuit-il.

Sa compagne, elle, y avait encore plus. Toute sa vie. Ainsi que son chien, son fidèle compagnon depuis quinze ans, qui n’a pas pu s’échapper et a péri dans les flammes. Son préjudice, aussi bien moral que matériel, est énorme. Celui du propriétaire de cette maison de ville aussi. Le représentant du ministère public, Cyrille Abbé, requiert en conséquence : 18 mois dont 6 avec sursis pour les violences sur son ex et 3 ans avec maintien en détention pour l’incendie.

Pour la défense, maître Joris Numa aborde d’abord le dossier de violences : « Je suis très mal à l’aise avec ces enquêtes qui ressortent six ans après… Le doute est trop grand pour le condamner à ces faits anciens », déclare-t-il avant d’enchaîner sur la destruction par incendie : « On ne commence pas une carrière de pyromane à 55 ans. » Il explique enfin que, certes, son client a volontairement mis le feu à des bouts de papiers, mais qu’il n’avait pas pour autant l’intention de brûler la maison de son amie. Le tribunal ne l’a pas suivi et prononce une peine de 18 mois ferme avec mandat de dépôt pour les violences auxquels s’ajoutent quatre années de prison pour l’incendie, soit 5 ans et demi de prison pour le diable de Saint-Ambroix.

Tony Duret

Tony Duret

Tony Duret, journaliste à Objectif Gard depuis juin 2012.

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