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NÎMES Un centre de recherche pour répondre à la viticulture du futur

De nouveaux cépages vont être élaborés sous des serres de ce type (Photo IFV)
Jean-Luc Descloux, délégué au patrimoine rural de caractère à Nîmes métropole, Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l’Institut français de la vigne et du vin (IFV), Franck Proust, président de Nîmes métropole, Jean-Paul Fournier, maire de Nîmes, et Bernard Angelras, président de l'IFV (Photo Corentin Corger)

Ce mercredi matin, l'Institut français de la vigne et du vin (IFV) a présenté son projet de centre de recherche pour 2023 sur le domaine de Vallongue en partenariat avec Nîmes métropole. Sur ce site, quatre hectares de serres vont permettre de créer de nouveaux cépages capables de résister au dérèglement climatique et donc répondre à la viticulture de demain. 

C'est quand il avait la double casquette de maire et de président de Nîmes métropole, que Jean-Paul Fournier a acheté le domaine de Vallongue en 2007, situé au nord-ouest de Nîmes en direction de Lédignan. Un terrain de 373 hectares acquis dans le cadre de la réserve foncière communautaire. Depuis ce site est exploité par des agriculteurs, en témoigne les bottes de foin rangés sous un hangar, il est aussi mis à disposition des chasseurs et utilisé par un berger pour son troupeau. Désormais, c'est un projet de grande envergure qui doit voir le jour d'ici 2023.

"Un lieu de recherche et d'expérimentation pour répondre à la viticulture du futur. On va construire des serres photovoltaïques sous lesquelles nous allons faire pousser des plants de vigne avec un objectif à la fois de création et production de plants de base mais également faire de la pré-multiplication. On va créer des nouveaux cépages", détaille Bernard Angelras (voir interview au bas de l'article), président de l'Institut français de la vigne et du vin (IFE) qui agit sur l'ensemble des métiers de la filière, du plant de vigne à la bouteille, dans huit régions françaises. Un site pour relever le défi du dérèglement climatique qui met en péril la viticulture. Et cette année en est la parfaite illustration.

Des vignes sans insectes

Avec un hiver plutôt chaud, la vigne a poussé mais la gelée au printemps a tué une bonne partie de la future récolte. Les violents orages constatés actuellement ont aussi un impact négatif. "La viticulture française est à la croisée des chemins. Soit on est capable d'apporter des solutions aux vignerons par l'innovation, soit certaines régions verront la viticulture s'arrêter", assure celui qui est également élu à Nîmes métropole et à la ville de Nîmes. L'objectif est donc de créer de nouveaux cépages capables de s'adapter à ces changements climatiques sans délocaliser la vigne.

Voici à quoi devraient ressembler les serres en question (Photo IFV)

L'IFV a donc choisi la première option et a décidé d'implanter ce centre au domaine de Vallongue. Un Institut bien implanté dans le Gard puisque son siège social se trouve au domaine de l'Espiguette au Grau-du-Roi mais la place manquait pour installer là-bas un tel projet. "Ici on est à l'abri de certaines maladies et insectes. En tant que centre de sélection, il fallait aussi être éloigné des autres vignobles et cette terre n'a pas comporté de vignes depuis très longtemps", explique Jean-Pierre Van Ruyskensvelde, directeur général de l'IFV. Ainsi, les quatre hectares de serres prévus seront équipés de filets insect-proof qui empêchent les insectes vecteurs de maladies de passer. Donc plus besoin d'utiliser d'insecticides.

Un projet à 4 M€

Sur les serres seront installées des panneaux photovoltaïques. "Cela va permettre de pouvoir produire de l'électricité et alimenter les villages en amont de Vallongue. Ce qui n'est pas négligeable", se félicite Bernard Angelras au sujet d'un projet qui répond donc à différents enjeux  agroécologiques et environnementaux. Les travaux doivent débuter au dernier trimestre de 2022. En plus des serres implantées progressivement, des locaux techniques seront aussi construits. Le projet global est estimé autour de 4 M€ avec un coût de 200 000 € pour l'IFV. Les serres seront financées par un opérateur photovoltaïque, qui sera choisi après l'appel à manifestation d'intérêt que Nîmes métropole a lancé, et devraient ressembler à la photo ci-dessus.

Sans lien avec ce qui précède, de son côté, le maire de Nîmes Jean-Paul Fournier a annoncé sa volonté de déménager les corrals, enclos où sont parqués les toros de corrida avant d'être combattus dans les arènes, sur ce domaine de Vallongue.

Corentin Corger

Retrouvez l'interview vidéo de Bernard Angelras qui évoque ce futur projet : 

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