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GARD Bilan de mandature et rapport de la Chambre régionale des comptes : Éric Giraudier fait le point

Éric Giraudier, président de la CCI du Gard. (photo d'archives : Norman Jardin)

À la tête de la Chambre de commerce et d'industrie du Gard depuis cinq ans, Éric Giraudier a dressé ce lundi 5 juillet le bilan de sa mandature marquée par la fusion des institutions consulaires d'Alès et Nîmes, la réforme de la fiscalité, la crise sanitaire mais aussi et plus récemment un audit de la Chambre régionale des comptes.

Usant du champ lexical de la navigation, dans son discours comme dans son document de communication, le président de la CCI du Gard, dit avoir tenu le cap dans une mandature qui n'aura pas été un long fleuve tranquille. L'élection en elle-même d'Éric Giraudier avait déjà provoqué des remous. Ce n'est pas de cela dont le président veut nous parler, mais plus de changements imposés liés à la fusion des CCI d'Alès et de Nîmes, à la réforme de la fiscalité "avec des incidences financières majeures sur notre équilibre budgétaire", précise le président dans le document de communication de l'institution consulaire.

S'ajoute une crise sanitaire. "Ça a été la mandature des transformations, sous contraintes, commente Éric Giraudier. Malgré cela, nos objectifs ont été atteints." Il s'est notamment félicité du bilan comptable avec un résultat d'exploitation excédentaire de 4,3 M€ malgré une baisse des dotations fiscales qui a impacté à hauteur de 45% les ressources de la CCI du Gard et "d'un taux d'endettement à 0".

Un projet d'agrandissement et de rénovation du lycée de la CCI du Gard

Pour renflouer ses caisses, la chambre consulaire a actionné plusieurs leviers. D'abord en réduisant "les frais de personnels et de fonctionnement. Nous avons aussi augmenté notre part sur les prestations de services aux entreprises". La CCI du Gard a également misé sur la formation : "Ça représente 95% de nos ressources propres. Nous avons dû investir pour relancer la machine." Un travail qui se poursuit, en plus de celui de l'aide aux entreprises, car un projet d'agrandissement et de rénovation du lycée de la CCI du Gard, situé avenue du Général-Leclerc à Nîmes, est à l'étude pour une mise en service prévue pour la rentrée 2024. D'après les premières estimations, le budget serait compris entre 4 et 5 millions d'euros.

Un autre projet est dans les tuyaux, celui de la création de la Maison de l'entreprise sur un terrain bordant le boulevard Salvator-Allende, d'un montant de dix millions d'euros. Cette opération a démarré en décembre 2018 avec le rachat par la ville de Nîmes du siège actuel de la CCI du Gard situé rue de la République, en vue d'y implanter un palais des congrès et pour un montant de 5,2 M€. Ce à quoi il faudra ajouter le fruit de la vente de cinq bâtiments situés sur le parc Georges-Besse. Ce projet phare de la mandature Giraudier serait, d'après nos confrères des Échos, épinglé par la Chambre régionale des comptes Occitanie suite à un audit de la CCI du Gard réalisé entre le 26 février et 23 juillet 2020.

La Maison de l'entreprise ne « répond pas à l'objectif d'adaptation du siège social », « paraît surdimensionné au regard de l'incertitude pesant sur les recettes » et est une « réponse inadaptée dans le contexte d'évolution des missions des chambres consulaires », pointeraient les magistrats de la CRC Occitanie, selon la même source. Et le président de la CCI du Gard de réagir : "Il y avait cinq recommandations au départ, notamment une sur la Maison de l'entreprise à laquelle nous avons répondu. Il n'y a plus de sujet."

"C'est une instrumentalisation grossière"

Sans en dire beaucoup plus sur le fond que ce qu'il avait écrit dans un texte adressé à la rédaction, Éric Giraudier a tenu à préciser plusieurs points au sujet de ce rapport qui n'a pas encore été rendu public. Il a d'abord rappelé que "les observations de la Chambre régionale des comptes sont, à ce stade, non définitives, en cours du contradictoire et couvertes par la confidentialité. Seul le rapport définitif 2 peut être communiqué." Après réception du rapport provisoire, la CCI du Gard a adressé la CRC Occitanie ses premières observations en novembre 2020, auxquelles s'ajoutent 45 nouvelles versées au dossier en date du 25 juin 2021 pour répondre à la première version du rapport définitif.

"Il y a une chose qui s'appelle l'erreur matérielle manifeste. Elles seront intégralement inscrites dans le rapport définitif 2", indique Éric Giraudier. La date de sa diffusion n'est pas connue. Le président de son côté aimerait "qu'il sorte le plus tôt possible sauf qu'ils ont mis sept mois pour nous envoyer le premier ROD. Et vous savez bien que dans les trois mois qui précédent une élection il n'y a pas de diffusion. Mais de toute façon, tout ce schéma-là, c'est une instrumentalisation grossière. On est un peu comme un boxeur qui monte sur un ring avec les mains attachés dans le dos. Il y a une certaine sélection sur ce qui est sorti. Il y a un certain équilibre à avoir entre le positif et le négatif."

"La Chambre régionale des comptes intervient dans un cadre légal, pour juger de la légalité et de la conformité, termine-t-il. À aucun moment elle n'intervient sur les observations d'opportunités. L'opportunité de savoir ce qui est bien ou pas bien, ça s'appelle la démocratie, ce sont les chefs d'entreprise du département." Et justement, démocratiquement les chefs d'entreprises seront appelés à voter pour les élections consulaires du 25 septembre au 9 octobre 2021.

Stéphanie Marin

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