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NÎMES David Clavel à propos de « L’Heure Bleue » : « Emmanuelle Devos voulait jouer un personnage qui perd pied »

Les trois représentations de "L'Heure Bleue" de et avec David Clavel, auront lieu ces 28, 29, et 30 septembre au théâtre Bernadette. (Photo DR/)

Le Théâtre de Nîmes ouvre sa saison culturelle avec la pièce "L'Heure Bleue", ce mardi 28 septembre à la salle Bernadette-Lafont. Après plusieurs reports, le public découvrira la tragédie familiale écrite, mise en scène et jouée par le Nîmois David Clavel, avec à ses côtés sur scène Emmanuelle Devos et Anne Suarez, entre autres.

ObjectifGard : David, après avoir essuyé plusieurs reports, on imagine votre impatience de présenter, enfin, "L'Heure Bleue" au public nîmois. 

David Clavel : Après avoir été arrêtés au bout de seulement deux représentations à Brives, nous reprenons la tournée à Nîmes. Ça va être chouette ! Et puis, Nîmes c'est aussi ma ville, donc c'est important pour moi. Toute ma famille habite ici, ça me fait quelque chose de jouer cette pièce à Nîmes.

Vous parlez de famille. Justement, votre pièce raconte une histoire de famille, le rapport à la famille, les secrets de famille. Qu’est-ce qui a impulsé l’écriture de ce texte ?

Ce n'est pas du tout autobiographique. En réalité, j'ai avancé sur plusieurs thèmes et tout a commencé par une interview lors de laquelle j'ai demandé à Emmanuelle Devos, Anne Suarez et deux autres comédiens qui ne jouent pas dans la pièce, quelle femme ou quel homme, ils souhaiteraient représenter sur scène. Il ne s'agissait pas de pointer un personnage mais des traits de caractère. Avec les réponses, j'ai pu dessiner certains personnages. Puis je suis parti de la mythologie en me demandant : si Phèdre et Hippolyte ne meurent pas, qu'est-ce qui se passe ? Et, en construisant des monologues, j'ai dessiné une famille, ça m'a ouvert des pistes. C'était étrange, il y avait un jeu entre les personnages et moi, c'est comme si ils m'avaient raconté leur histoire alors que c'était moi qui écrivais. Ça ne s'est pas construit de manière décidée, j'ai essayé d'ouvrir le plus de portes possibles et au fur et à mesure, l'histoire s'est créée.

Alors, plus précisément quelle histoire racontez-vous dans "L'Heure Bleue" ?

Celle du retour d'un homme accompagné de sa femme et de son enfant nouveau-né, dans sa maison familiale où vit son père avec sa belle-mère, sa soeur est là aussi et son demi-frère. Au fur et à mesure de la pièce, des cartes vont être rebattues, parce qu'il y a eu certaines choses qui ont eu lieu dans le passé qui font que le rapport entre les gens ne sont peut-être pas forcément ce que l'on pense. Le père tient la dragée haute à tout le monde, il a asservi d'une certaine manière psychiquement les êtres qui l'entouraient.

David Clavel, comédien et metteur en scène, présente "L'Heure Bleue" au théâtre Bernadette-Lafont à Nîmes. (Photo : Marcel Hartmann)

Que ce soit conscient ou inconscient ?

Dans ce cas-là, on comprend que c'est bien conscient. J'avais envie de décrire un être pervers qui savoure ce qu'il fait. Ce qui n'arrive jamais, quelqu'un de pervers ne dit pas qu'il l'est. Mais en faisant ce personnage, au seuil de sa vie puisqu'il est malade et qu'il sait qu'il va mourir, il y avait cette question de l'aveu et de la provocation ultime d'un homme qui a des difficultés à vivre sa vie pleinement d'une façon sereine et se sent obligé de massacrer celle des autres pour se sentir vivant. Se pose alors la question de l'amour et de la vérité. Je voulais mettre tout le monde dans une maison et faire bouillir la cocotte.

Comment s'est passée la rencontre avec Emmanuelle Devos ? Qu'a-t-elle apporté à son/votre personnage ?

J'ai rencontré Emmanuelle sur une pièce montée il y a quelques années avec le Collectif des Possédés, "Platonov". On s'est très bien entendus, on a parlé pas mal d'écriture et de théâtre. J'ai très vite pensé à elle pour un des personnages qui est central dans la pièce, même si c'est une pièce très chorale. Elle y a apporté, en partie, ses envies qu'elle avait d'interpréter quelqu'un qui perd un peu pied dans sa vie. Elle m'avait dit qu'elle souhaitait jouer quelqu'un qui a un rapport avec l'addiction que ce soit le jeu, l'alcool, la drogue... Ça lui est tellement étranger que ça l'intéressait.

Vous jouez également dans cette pièce. C'était une évidence de monter sur scène en plus de l'écriture et de la mise en scène ?

Ça me plaît d'être sur scène avec les autres, d'échanger avec eux. J'ai toujours aimé les acteurs et les actrices, je pense que j'en suis devenu un parce que j'ai toujours aimé les voir. À Nîmes, j'allais beaucoup au cinéma quand j'étais gamin et puis après j'ai découvert le théâtre à Paris. Sans le savoir, ils m'ont tous apporté beaucoup dans mon enfance et mon adolescence. Il y a quelque chose où je me suis reconnu dans cette chose-là, alors travailler au plateau avec des hommes et des femmes qui font ce métier, c'est très agréable, enrichissant et joyeux.

Vous avez vécu à Nîmes et à Paris. Alors entre nous David, si vous deviez choisir : PSG ou Nîmes Olympique ?

(Rires) Bah, en fait, je ne suis pas supporter de foot ! J'ai déjà vu jouer le Nîmes Olympique une fois quand j'étais jeune, à l'époque de Vercruysse. Mais j'avoue que je n'ai pas trop l'âme d'un supporter. J'aime bien voir les équipes qui jouent collectif avec un jeu construit, ça, c'est mon kiffe et dans tous les sports. Je n'ai pas de club de coeur, je pense parce que je n'ai pas eu cette éducation-là. J'ai découvert le foot bien plus tard que mes potes. Moi, je jouais au tennis, au hand... Tenez voilà, je suis pour l'USAM !

Propos recueillis par Stéphanie Marin

Les mardi 28 et jeudi 30 septembre à 20h et le mercredi 29 septembre à 19h au théâtre Bernadette-Lafont à Nîmes. Tarif : 32€ – 30€ – 16€ – 11€. 

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