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LE 7H50 de Michel Ruas, maire de Saint-Jean-du-Gard : « On lutte contre les marchands de sommeil »

Michel Ruas, maire de Saint-Jean-du-Gard depuis 2014. (Photo Corentin Migoule)

Un an et demi après sa réélection à la tête d'une commune qu'il administre depuis 2014, Michel Ruas n'a rien perdu de sa fougue, en dépit de ses 76 printemps qui font de lui un élu expérimenté. S'il est aussi vice-président d'Alès Agglomération délégué au Développement durable, le maire de Saint-Jean-du-Gard a fort à faire avec sa commune de 2 500 âmes que d'aucuns surnomment "la perle des Cévennes". Impact des intempéries, problématiques sociales et projets en cours, l'édile saint-jeannais s'est confié à Objectif Gard.

Objectif Gard : Quels sont les grands projets qui ont été réalisés, ou tout au moins enclenchés, depuis votre réélection au printemps 2020 ?

Michel Ruas : Malheureusement on a été fortement impacté par les inondations du 19 septembre 2020. On a dépensé près d'un million d'euros pour remettre en état nos ponts, nos routes, et un parking au bord du Gardon, même si on a reçu un certain nombre de subventions de l'ordre de 25 à 30% du coût total. Mais ça reste une somme très importante à la charge de la commune. Pour autant, nous allons mener de vrais projets, comme la création dès l'an prochain d'une voie verte ou l'embellissement des berges du Gardon. D'autres, enclenchés lors du précédent mandat, prennent fin. C'est le cas de la réhabilitation du marché couvert qui sera achevée au premier trimestre de l'année 2022. Un projet qui se chiffre à 1,4 million d'euros. On travaille également au rachat de maisons insalubres qui se vendent à des prix dérisoires dans le centre-bourg pour lutter contre ces marchands de sommeil.

Ce n'est pas commun comme manœuvre ! Depuis quand ce fléau touche-t-il la commune ?

Ça fait 20 ans que ça dure ! Bien souvent ce sont des sociétés civiles immobilières (SCI) qui rachètent et font n'importe quoi. Le rachat de ces immeubles, c'est la seule solution qu'on a trouvée pour lutter contre ça. Cette année, on est déjà à 700 000 euros de rachat de ces biens, avec la volonté de les rénover pour en faire des appartements agréables dans lesquels les locataires se sentiront bien. Tout ça prend beaucoup de temps et en plus ce sont des dépenses qui ne se voient pas directement pour les administrés.

Ce qui a peut-être eu pour conséquence de retarder les autres projets communaux... 

Non car on les mène en parallèle. Parmi les gros projets, il y a la construction d'une nouvelle caserne de gendarmerie pour reloger nos gendarmes qui auraient été contraints de partir puisque la caserne actuelle se trouve en zone inondable. On travaille également à la construction d'une nouvelle école maternelle, l'actuelle étant menacée par le radon. De plus elle est sur deux étages, avec le réfectoire au deuxième. Si un jour il y a un incendie, tous les enfants périraient. Comme elle se situe dans le bourg-centre, il n'y a pas suffisamment de place pour la rénover et la mettre de plain-pied. On devait donc trouver un nouvel emplacement et on pense y être arrivé, mais on est en pleine expropriation dans la mesure où on ne parvient pas à s'entendre avec le propriétaire.

Il y a quelques mois, vous aviez émis la volonté de construire un pump-track sur le modèle de celui érigé à Saint-Privat-des-Vieux et qui cartonne (lire ici). Avez-vous avancé sur ce dossier ?

En effet, ça devrait se faire l'an prochain, à l'issue d'un chantier qui durera entre deux et trois mois. On a la chance d'avoir déjà un complexe sportif important pour une commune de notre taille. On va donc l'agrémenter avec ce pump-track qui se fera vraisemblablement à côté du centre social et socioculturel l'Oustal, avec ce qu'on appelle un "city-stade".

La commune rurale que vous administrez, éloignée géographiquement de la capitale cévenole, a-t-elle l'impression d'être pleinement intégrée à la dynamique d'Alès Agglomération ?

On n'est absolument pas laissé de côté. Sans l'Agglo, je ne sais pas où Saint-Jean-du-Gard en serait. Elle a réhabilité la voie ferrée du train à vapeur des Cévennes. Si nous n'avions pas le petit train, je me demande comment on vivrait à Saint-Jean. Il fait venir au minimum 110 000 personnes chaque saison sur la commune. Par ailleurs, c'est aussi l'agglomération qui a rénové Maison Rouge pour y installer le musée. On profite pleinement de la dynamique et de ce regain d'intérêt pour les communes rurales.

Malgré tout, la commune reste sujette à un taux de chômage élevé (plus de 20%). C'est avec la ferme intention d'y remédier que vous avez intégré le dispositif baptisé "Territoire zéro chômeur de longue durée"...

C'est exact ! Saint-Jean est officiellement "Territoire émergeant" depuis la fin de l’année 2019. L’objectif, c’est de remettre tout doucement les gens sur le marché du travail. Parce que quand vous êtes au chômage depuis plus d’un an, vous avez perdu l’habitude de vous lever le matin. Or dans la vie, c’est le travail qui vous valorise. Je ne suis pas contre les Restos du cœur, ils sont indispensables. Mais des associations comme celles-là vous maintiennent dans votre état, voire vous laissent couler. Nous on veut les faire grandir. À présent, Saint-Jean-du-Gard souhaite franchir un pas supplémentaire, en déposant, au mois de mai 2022, un dossier dans l’optique de devenir "Territoire expérimental de la deuxième phase", ce qui nous permettrait de bénéficier des financements pour créer des postes. On a impulsé une dynamique puisque onze communes de la vallée Borgne envisagent de rejoindre le dispositif.

Propos recueillis par Corentin Migoule

 

 

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