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ALÈS Après deux mois de mobilisation, les pompiers renouvellent leur préavis de grève

Les pompiers grévistes alésiens investissent le parvis du Cratère quasiment chaque jour depuis le 18 janvier. (Photo Corentin Migoule)
Les pompiers grévistes alésiens investissent le parvis du Cratère quasiment chaque jour depuis le 18 janvier. (Photo Corentin Migoule)

Mobilisés depuis le 18 janvier dernier pour réclamer des embauches et une nouvelle caserne, les sapeurs-pompiers alésiens sont entrés dans leur neuvième semaine de lutte. Ils ont d’ailleurs renouvelé leur préavis de grève en début de semaine.

58e jour et neuvième semaine de grève pour les sapeurs-pompiers d’Alès « dans l’indifférence totale » de leur administration. Ainsi, dans l’optique de permettre aux 80 sapeurs-pompiers professionnels d’Alès en lutte depuis deux mois d’obtenir satisfaction en ce qui à trait à leurs revendications, le syndicat autonome, seule organisation du service départemental d’incendie et de secours (SDIS) du Gard à les soutenir, a déposé un nouveau préavis de grève en début de semaine.

Une grève qui court depuis le 18 janvier dernier, et qui pourrait s’étaler jusqu’au 17 mai prochain si l’on en croit le courrier adressé par ledit syndicat au président du conseil d’administration du SDIS, Alexandre Pissas. « Les sapeurs-pompiers professionnels d’Alès réclament que la couverture du risque incendie sur le secteur soit garantie 24h/24h et des améliorations de leurs conditions de travail en termes de locaux », peut-on lire dans l’écrit de Sébastien Perrier, président départemental du syndicat autonome.

La caserne de Bagard « en bonne voie »

Ces velléités se traduisent par des revendications concrètes. « Les pompiers revendiquent qu’un départ incendie composé de neuf sapeurs-pompiers en mesure d’armer un engin-pompe et une échelle aérienne soit assuré sans rupture », amorce Sébastien Perrier. Par conséquent, les hommes du feu réclament un pôle de 21 sapeurs-pompiers mobilisés de 7h à 19h et à cette fin, la création de 18 postes de sapeurs-pompiers professionnels au SDIS du Gard, lesquels seraient affectés au centre de secours principal (CSP) d’Alès dans les deux ans.

Ces 18 pompiers seraient ensuite « en totalité ou pour partie » réaffectés sur la future caserne de Bagard dont la construction est, si l’on en croit la conseillère départementale du canton d’Alès 1 Léa Boyer, « en bonne voie » dans la mesure où les collectivités concernées ont depuis plusieurs semaines ouvert les discussions. Une rénovation du CSP d’Alès matérialisée par la création de nouveaux espaces permettant une amélioration des conditions d’hébergement et de restauration est aussi réclamée par le syndicat autonome qui dit « demeurer disponible durant toute la durée du préavis de grève pour toutes négociations favorables ».

Interrogé quelques jours avant l’envoi de ce courrier, Arnaud Roche, responsable local du syndicat autonome, avait l’impression de « faire face à un mur ». Et d’ajouter : « Je pense que c’est le coût de la caserne qui refroidit les ardeurs du SDIS. Mais elle est vraiment nécessaire si on veut un maillage du territoire efficace. » Le manque de moyens humains et l’augmentation du nombre d’interventions des pompiers alésiens ont déjà été dénoncés par ces derniers, chiffres à l’appui (6 500 interventions par an assurées par 18 pompiers opérationnels chaque jour en 2005, contre 9 300 en 2021 à effectif égal).

Une carence préoccupante

« Si la croissance démographique du bassin alésien continue sur cette lancée, on fera peut-être 3 000 interventions de plus par an d’ici 5 ans », redoute Arnaud Roche. Et ce dernier de pester, faisant notamment référence au 10 août 2016 à Gabian (Hérault), lorsque quatre pompiers intervenant sur un incendie se sont retrouvés encerclés par les flammes (l’un est décédé, les trois autres grièvement brûlés) : « J’ai l’impression que les élus ne s’inquiètent que quand il y a un accident. Après ce drame, le mois suivant, tous les camions étaient équipés. C’est une triste réalité. »

Alors qu’il reste pour l’instant sourd aux revendications du syndicat, le président du SDIS30 Alexandre Pissas ouvrira peut-être plus aisément les écoutilles en début d’année prochaine. « C’est lui qui a la clé pour valider nos demandes. Pour le moment il estime qu’il y a des conventions pluriannuelles et s’en tient à ça. Celle qu’on a signée en 2017 court jusqu’à la fin de l’année 2022, donc il ne s’affole pas. Il sera sûrement plus ouvert à la discussion l’an prochain lorsqu’on démarrera une nouvelle convention », espère en effet Arnaud Roche.

S’ils investissent presque chaque jour le parvis du Cratère pour donner plus de visibilité à leur action, les pompiers alésiens n’ont jamais cessé d’assurer la continuité du service public. « C’est hélas ce qui fait que nos grèves durent de plus en plus longtemps. Car elles n’impactent pas la population, outre le fait que les gens voient nos camions tagués », résume le dernier nommé. Et le responsable local du syndicat autonome de s’inquiéter : « Pourtant chaque jour, pendant une heure ou deux, on n’est pas en capacité d’envoyer un camion en cas de départ de feu. » Une carence qui pourrait rapidement devenir préoccupante alors que les beaux jours et les fortes chaleurs approchent à grands pas.

Corentin Migoule

 

 

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