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PAYS D’UZÈS Pour éviter la désertification médicale, « on réfléchit à toutes les solutions »

Le village médiéval de Lussan (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Le vieux village de Lussan est perché sur un piton rocheux à plus de cinquante mètres au-dessus du niveau de la plaine. (Marie Meunier / Objectif Gard)

Dans le pays d’Uzès, on ne parle pas encore de désert médical, mais la situation est préoccupante, particulièrement sur le bassin de vie de Lussan. 34 % de la population du territoire a plus de 60 ans contre une moyenne en France de 25 %, alors que deux médecins de la périphérie de Lussan vont partir à la retraite à la fin de l’année et ceux qui sont encore en place ont 68 ans…

C’est pourquoi, la Communauté de communes Pays d’Uzès (CCPU) candidate à un appel à manifestation d’intérêt de la région Occitanie. « Ça nous permettrait de recruter un médecin généraliste qui pourrait exercer dans une maison de santé pluridisciplinaire de notre territoire, sachant qu’il en existe une à Lussan (où un local médical sera mis à disposition, NDLR) (*). C’est financé par la Région« , explique Franck Seropian, vice-président délégué à la Santé à la CCPU et également médecin de profession.

Ces maisons de santé permettent de décharger les médecins de tâches administratives, d’exercer en équipe, d’avoir plus de place pour leur vie privée… Elles correspondent davantage à leurs nouvelles aspirations. « L’embauche de médecins et de praticiens de santé avec un statut salarié dans un centre de santé, constitue une solution pertinente pour le territoire. (…) La CCPU souhaite être intégrée à ce dispositif régional pour faciliter la recherche de solution locale« , note Franck Seropian. Les douze communes du bassin de Lussan et la CCPU contribueront chacune à hauteur de 7 500 €. Une décision votée à l’unanimité dans l’assemblée.

Bernard Rieu (Vallabrix) a salué la démarche alors que le système de santé est mis à mal. « 120 services d’urgences en France risquent de devoir procéder à des fermetures partielles dès cet été. On nous annonce déjà des fermetures nocturnes aux urgences de Bagnols et cette situation va toucher une partie de notre population« , pointe-t-il.

« Le problème qui se pose aujourd’hui sur le nord du territoire, se posera sur son ensemble d’ici 5-6 ans »

Le président de la CCPU, Fabrice Verdier, veut pouvoir agir à l’échelle du territoire. D’autres sujets sont sur la table pour éviter le désert médical : réenclencher les gardes qui n’existent plus à Uzès, peut-être financer les études des internes… « On réfléchit à toutes les solutions. On veut se donner les moyens d’attirer de nouveaux professionnels sur notre territoire qui est attractif. Mais au niveau national, s’il y avait une répartition plus homogène des médecins avec plus d’autoritarisme de l’État, ça faciliterait les choses« , assure-t-il.

Le Pays d’Uzès ne sera sûrement pas éligible pour ce premier appel à manifestation d’intérêt de la Région car il y a beaucoup d’autres candidats et le territoire n’est pas encore considéré « comme sous-médicalisé ». Mais Fabrice Verdier compte bien y arriver au second, « car le problème qui se pose aujourd’hui sur le nord du territoire, se posera sur son ensemble d’ici 5-6 ans. »

Marie Meunier

(*) Cette MSP a été initiée par douze communes : Pougnadoresse, La Bastide d’Engras, Saint-Laurent-la-Vernède, Fontarèches, La Bruguière, Belvezet, Lussan, Vallérargues, Fons-sur-Lussan, Bouquet, Méjannes-le-Clap et Saint-Marcel-de-Careiret.

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