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NÎMES « Entre nous », deux élèves des Beaux-Arts s’exposent à Carré d’art

C'est au Carré d'art que cela se passe (Photo Anthony Maurin).
Dans l’ordre, de gauche à droite : Qiao Wang, Ana Kerekes et Jennifer Conejero (Photo Anthony Maurin).

Une exposition est à découvrir jusqu’au 4 septembre prochain sur le mur Foster de Carré d’Art. « Entre nous » de Jennifer Conejero et Qiao Wang évoque le difficile sujet de la parentalité via deux films documentaires.

La commissaire d’exposition est Anna Kerekes, curatrice au MO.CO de Montpellier, artiste et chercheuse. Entre nous est une exposition de deux artistes, Jennifer Conejero et Qiao Wang, récemment diplômées de l’École supérieure des Beaux-Arts de Nîmes (2021) après y avoir suivi les enseignements du parcours « Écritures expérimentales » dans lequel l’écriture est envisagée depuis son frottement aux langages cinématographiques et plastiques. « J’ai rencontré Jennifer et Qiao il y a un peu plus d’un an lors du passage de leur diplôme blanc. Ici, on évoque la parentalité, Jennifer parle de sa mère, Qiao de son père. Leur travail se prête bien à l’exposition, en video, car l’ESBAN axe son travail sur l’écriture expérimentale qui comprend diverses formes et modes de diffusion« , explique la commissaire de l’exposition, Ana Kerekes.

Anna, la commissaire de l’exposition, accompagnée des deux artistes Jennifer Conejero et Qiao Wang (Photo Anthony Maurin).

Qiao Wang a des choses à dire, évidemment, sur la relation qu’elle entretient avec son père. Elle étudie à Nîmes, mais il travaille en Égypte. Ils sont Chinois mais n’y vivent plus. Son père a grandi sans ressentir la parentalité du sien et ce qui devait se produire s’est produit, il a un peu négligé sa fille. Ce documentaire sert l’un comme l’autre. « Mon film fait référence à Kafka, de manière poétique je livre une lettre à mon père. Au moment de préparer le film que nous avons tourné en Égypte, là où mon père travaille, j’ai pensé à une démarche de psychothérapie. On parle de réparation, mais cela implique une blessure que l’on doit assumer, voir en face. Mon père a beaucoup résisté à la caméra avant de se livrer, la caméra me donnait le pouvoir« , avoue Qiao Wang qui s’est replongée dans ses rushs pour les sous-titrer au plus juste, d’abord en anglais puis en français.

« J’ai trouvé important que ma voix soit présente dans le documentaire. J’avais préparé mentalement mon père mais son positionnement vis-à-vis de moi, la « filmeuse », est marqué. Les rôles se sont inversés, je pense qu’il aime bien ce film et moi, je me suis libérée de quelque chose« , poursuit Qiao Wang. Assouan, Louxor, Le Caire ou encore Alexandrie sont rapidement évoqués dans le sujet mais dès la première question, on parle de l’incompétence d’un père…

La mère de Jennifer est non voyante, le début de son film est empli d’images à la symbolique lourde (Photo Anthony Maurin).

Pour Jennifer, le sujet est autre. « J’ai filmé, pendant un an, le quotidien de ma mère non voyante qui vit à Carcassonne. Je me posais de nombreuses questions, comment fait-on quand on ne voit pas ? Ma mère a perdu la vue alors qu’elle avait 20 ans, je l’ai toujours connue ainsi mais d’autres questions sont intervenues au fil du film et le handicap a laissé la place à d’autres choses. »

Et l’artiste de poursuivre : « J’ai travaillé de manière expérimentale. L’écriture du docu s’est faite au moment du tournage et du montage. Comment fallait-il recueillir sa parole ? Il y avait des soucis éthiques à éclaircir. J’avais aussi du mal à trouver la forme de ce que je voulais car ma mère a été généreuse, elle a fait un beau récit de vie. Le film est personnel, intime, on vit avec ma mère, je voulais montrer son univers, y compris dans le langage de l’image et dans les images elles-mêmes. Mon regard sur elle s’est déplacé et en voyant le résultat je la vois en train de me regarder. »

À voir à Carré d’art jusqu’au 4 septembre du mardi au dimanche de 10h à 18h sur le mur Foster. Ces deux documentaires de 30 minutes chacun sont accompagnés d’une exposition de Qiao Wang qui traite du plastique. Entrée libre.

Anthony Maurin

Bonjour, je m'appelle Anthony Maurin, j'ai 38 ans et je suis journaliste depuis près de 15 ans. Le sport, les toros, le patrimoine, le tourisme, la photographie et le terroir sont mes principales passions... Sans oublier ma ville, Nîmes!

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