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VILLENEUVE-LEZ-AVIGNON Les Rencontres d’été de la Chartreuse ou le temps d’accueillir ses émotions

Marianne Clevy, directrice de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, a présenté la programmation des 49es Rencontres d'été. (Marie Meunier / Objectif Gard)
Marianne Clevy, directrice de la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon, a présenté la programmation des 49es Rencontres d’été. (Marie Meunier / Objectif Gard)

En parallèle du festival d’Avignon, sur la rive droite du Rhône, à Villeneuve-lez-Avignon, se déroule une autre programmation. Pas totalement déconnectée mais avec sa propre façon d’être, ses propres obsessions. Il s’agit des Rencontres d’été de la Chartreuse, qui célèbrent leur 49e édition du 8 au 26 juillet.

Il y a quelques jours, Marianne Clevy, la directrice, a présenté les temps forts de ces trois semaines dédiées aux écritures du spectacle. Elle et ses équipes ont imaginé des rencontres réparties en quatre cycles, telle une année qui voit défiler les saisons. La programmation démarrera les 8 et 9 juillet à midi et à 18h par « Les Voix du bivouac ». De la même façon que l’on pose son sac de voyage pour partager un moment ensemble, onze comités de lecture feront entendre au public les nouvelles voix découvertes pendant la saison. Les acteurs-lecteurs de la Chartreuse clameront eux aussi quelques extraits à 11h, midi, 18h et 20h30. Juste le temps « de s’actualiser l’oreille et de goûter à l’écriture contemporaine« , commente Marianne Clevy.

Cette année, le dramaturge Molière fête ses 400 ans. Le thème du colloque international qui se déroulera les 10, 11 et 12 juillet était donc tout trouvé. Plusieurs auteurs francophones et chercheurs d’aujourd’hui vont tisser un lien entre classique et contemporain en écrivant et en jouant à partir du théâtre de Molière. « Et pour finir, nous aurons le plaisir de voir le vrai Molière, le 12 juillet, à 18h, à travers un petit texte peu connu « Le Sicilien ou l’Amour peintre », synthèse de plein de pièces de l’auteur. La lecture sera donnée par les étudiants de la classe de la MC93« , ajoute la directrice.

Deux autres cycles tournés vers les femmes et vers l’hospitalité

Les 15, 16 et 17 juillet, place à un nouveau cycle où les femmes sont reines. Il débutera par « Les Intrépides », un one-shot, rapide, éphémère d’une troupe d’un jour. Puis il y aura « Par elles-mêmes » où on pourra entendre quatre autrices parler de sujets forts voire douloureux. Chacune exerce son pouvoir de résistance au silence avilissant, de la situation haïtienne à la culture de l’inceste en passant par la honte de la défécation ou la condition de femme transgenre. De quoi être bien bousculé quand même…

Le 4e et dernier cycle a été monté dans l’urgence, au risque de chambouler toute la programmation. Il est une réponse au déclenchement du conflit russo-ukrainien et à « l’urgence de l’hospitalité ». Toute une série de rencontres et de lectures théâtrales a été élaborée autour de la traduction, pour « faire entendre maintenant la parole qui se pose maintenant comme autant de mains tendues. » Il y aura notamment Barbara Cassin, philosophe et philologue, dernière reçue à l’Académie française, qui ramènera avec elle deux autres « grandes personnes ». À savoir l’historien Georges Nivat et l’écrivain ukrainien Constantin Sigov qui a fait le choix, en pleine guerre, de publier de la poésie.

Un programme « qui se veut différent de la grande urgence festivalière »

Le 21 juillet, sera également lu le texte de 2013 « Russie, en avant! » de Valery Pecheikin contant une société où le dirigeant demande de tout faire à l’envers. On vous laisse imaginer jusqu’où va cette stupidité… Cette mise en lumière à travers ce dernier cycle donne à reconsidérer le confort qui nous berce ici, mais donne aussi le « courage de faire des choses et de les imaginer« , lance Marianne Clevy. D’ailleurs, la Chartreuse s’engage depuis des années à être l’hôte de jeunes auteurs en situation d’exil.

Entre ces cycles, les spectateurs pourront s’accorder quelques incises, en allant voir « Lady Magma » d’Oona Doherty célébrant la féminité et la joie d’être femme tout en chorégraphie. À ne pas manquer non plus, « La Mastication des morts » au grand cloître du 21 au 26 juillet. Ce spectacle immersif signe sa fin après 20 ans de tournée, ici, à la Chartreuse, écrin qui l’a vu naître. Mais rassurez-vous, il n’y aura rien de glauque ou de morbide. Voilà les grandes lignes d’un programme « qui se veut différent de la grande urgence festivalière. Il y aura des pensées, des émotions et c’est bien de prendre le temps de les accueillir« , conclut Marianne Clevy.

Marie Meunier

La billetterie des Rencontres d’été de la Chartreuse est ouverte depuis mercredi. Vous pouvez y accéder et découvrir le programme en détails en cliquant ici. 

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