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LAUDUN-L’ARDOISE Le conseil municipal de nouveau enrobé de polémiques

Le président du Comité de défense du hameau de l'Ardoise Dominique Griotto fait le tour des élus de la majorité en pleine séance du conseil municipal, sous les yeux du maire Yves Cazorla (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)
Hier soir, lors d’un échange tendu entre la maire Yves Cazorla et le président du Comité de défense du hameau de l’Ardoise Dominique Griotto, lors du conseil municipal de Laudun-l’Ardoise (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

Ça devient une habitude : la séance du conseil municipal de Laudun-l’Ardoise s’est une nouvelle fois déroulée dans une ambiance tendue entre le maire et l’opposition, mais aussi avec une partie du public, ce mardi soir au Forum. 

Un conseil municipal largement renouvelé du fait du nombre stratosphérique de démissions (38 !) de conseillers des listes d’opposition ainsi que des anciens élus de la majorité devenus opposants. Renouvelé avec le fond de liste d’Yves Cazorla, le maire, le conseil municipal est désormais composé de « 26 élus sur les 29 de l’effectif légal, note le maire. La préfecture a pris acte de ce nouveau tableau, le conseil municipal peut siéger légalement et ne peut être remis en cause par qui que ce soit. » 

Pas de quoi empêcher l’opposant Philippe Pecout de tirer à nouveau sur le maire d’une commune « dans l’impasse », du fait d’un premier édile qui se livrerait à « l’autoritarisme » et aurait carrément retourné un membre de la liste de l’ancien maire. « Il avait décidé de ne pas siéger, malheureusement après une intervention de votre part il a décidé de siéger, c’est un acte peu honorable de votre part, et un aveu de faiblesse », lancera Philippe Pecout au maire en parlant de son colistier Mohamed Berkane. « Vous dégradez la fonction de maire que vous ne méritez pas », conclura Philippe Pecout. Ambiance. Le maire répondra quant à lui que son prédécesseur « ne respect(ait) pas la démocratie. » 

D’une polémique à l’autre, l’opposant Jean-Pierre Laffont mettra les pieds dans le plat en évoquant le projet de centrale d’enrobage des matériaux routiers à chaud de l’entreprise Trabet, envisagée sur l’ancien site d’Arcelor et probable futur site de Gifi (*), à l’Ardoise, pour une installation de deux mois. « Comment se fait-il qu’on n’en ait pas débattu en conseil municipal ? », demandera l’opposant avant d’estimer que le maire « cherche à imposer (ses) décisions ». 

C’est à ce moment que le Comité de défense du hameau de l’Ardoise a décidé de se faire entendre. Venus à une bonne trentaine, ses membres s’opposent à ce projet et l’ont fait savoir. Ainsi, le président de l’association Dominique Griotto, avec un de ses compères, a fait le tour des élus muni du panneau de l’enquête publique pour leur demander s’ils étaient au courant du projet, pendant que des voix dans le public s’élevaient : « Honteux ! Vous la voudriez près de chez vous, la plateforme ? » Alors que le ton montait encore, le maire n’aura d’autre choix que d’interrompre la séance dix minutes.

Le président du Comité de défense du hameau de l’Ardoise Dominique Griotto fait le tour des élus de la majorité en pleine séance du conseil municipal, sous les yeux du maire Yves Cazorla (Photo : Thierry Allard / Objectif Gard)

« Concernant l’entreprise Trabet, elle a déposé un dossier ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement, ndlr), ce qui a mené à une enquête publique, on ne nous a pas demandé notre avis. Quoi qu’il en soit, l’entreprise ne viendra pas, ils sont allés ailleurs », affirmera Yves Cazorla. Un maire qui indiquera aussi avoir parlé de ce sujet avec Dominique Griotto le 31 mai dernier en mairie. Peu après, les représentants du Comité de défense quitteront la salle. 

Après une nouvelle passe d’armes entre Yves Cazorla et Philippe Pecout sur les écoles, qui verra le micro de ce dernier coupé, l’ex-premier adjoint désormais opposant Patrick Pannetier reviendra sur la question, toujours sensible, du personnel communal à la faveur d’une délibération ouvrant des postes, évoquant les départs de plusieurs agents dernièrement. « Quand aurons-nous une stabilité chez les agents ? », demandera-t-il. 

« Si des gens s’en vont, c’est qu’ils vont ailleurs. Les deux derniers sont partis à Roquemaure, ce n’est pas que ça va mieux ou moins bien qu’ailleurs. Il n’y a pas plus de mouvements chez nous qu’à Roquemaure », répondra le maire. Pas de quoi convaincre Philippe Pecout : « Vous allez encore fossoyer longtemps le personnel communal ? J’ai honte de cette situation, elle est misérable. »

« Aujourd’hui vous êtes leur défenseur, mais ça n’a pas toujours été le cas », grincera le maire. Jean-Pierre Laffont, agent de la mairie de… Roquemaure dans le civil, remettra une pièce dans le juke-box : « Je travaille dans la fonction publique depuis 35 ans et en quatre ans je n’ai jamais vu autant de personnes quitter la commune pour burn-out, harcèlement. Le problème c’est le management et ça fait depuis 2018 que ça dure, vous faites un déni complet. » Yves Cazorla ne bougera pas et répondra que si « tout ne va pas tout le temps à merveille, on fait en sorte que les choses avancent ». 

Plus loin, une délibération concernant l’externalisation d’une partie de l’instruction des autorisations en matière d’urbanisme remettra le sujet sur la table. Pour Philippe Pecout, cette délibération résulte du « manque de personnel communal », et de ce fait « la commune va dépenser de l’argent pour remplir les missions des agents communaux ». Le maire, après avoir estimé que l’opposant « dénigre tout ce qu’on fait », affirmera que cette externalisation est « momentanée », car « trouver un instructeur en urbanisme c’est compliqué, nous allons prendre le temps pour trouver quelqu’un de compétent ». Jean-Pierre Laffont demandera le coût de la manœuvre, n’obtenant en réponse et en substance, qu’un « ça dépend ». L’opposition votera contre.

Thierry ALLARD

thierry.allard@objectifgard.com

* D’après nos informations, le compromis de vente du terrain à Gifi n’est pas encore signé.

Thierry Allard

34 ans, féru de politique, de sport et de musique. Jadis entendu en radio, je couvre depuis juin 2014 le Gard rhodanien pour Objectif Gard.

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Un commentaire

  1. Comment qualifier un maire qui se moque de ses concitoyens ? Accepter qu’une entreprise spécialisée dans l’enrobé routier s’installe dans une zone à risque inondation près d’habitations est d’une gravité sans limite. Quand il dit que l’entreprise a déposé un dossier pour la protection de l’environnement sans lui demander son avis, c’est hallucinant. Il est vice-président de l’agglomération du Gard rhodanien chargé du foncier et il n’était pas averti. Il prend les habitants pour des jambons. Pour les habitants, bonjour l’odeur acre de l’enrobé à chaud jour et nuit parce que l’entreprise travaille 24h/24 et le pire, c’est en cas d’inondation. De l’enrobé partout, soit comme du pétrole brut qui colle et qui est à retirer avec de l’huile. Le maire n’a jamais approché un site atteint par une marée noire, c’est sûr.

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