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FAIT DU JOUR Industriels et élus « emballés » par une entreprise alésienne qui « cartonne »

Le PDG France de DS Smith, Thibault Laumonier, la conseillère régionale, Aurélie Genolher, et le président d'Alès Agglo, Christophe Rivenq, inaugurent la nouvelle zone de traitement des effluents de l'entreprise alésienne. (Photo Corentin Migoule)
Le PDG France de DS Smith, Thibault Laumonier, la conseillère régionale Aurélie Genolher, et le président d’Alès Agglo, Christophe Rivenq, inaugurent la nouvelle zone de traitement des effluents de l’entreprise alésienne. (Photo Corentin Migoule)

Ce mercredi matin, à l’occasion des cinq ans de la reprise de l’entreprise Tout’Embal par le Groupe DS Smith, la cartonnerie alésienne a ouvert ses entrailles à la presse et à des élus locaux tout heureux de constater « la réussite » de cette reconversion d’une activité industrielle, jadis en souffrance. Subventionnée par la Région, la nouvelle zone de traitement des effluents a aussi été inaugurée.

La présence ce mercredi à Alès de Thibault Laumonier, PDG de DS Smith Packaging France, illustre à merveille l’importance que revêtait – pour l’entité alésienne – cette matinée réunissant industriels du territoire, élus locaux et médias. Il s’agissait en premier lieu de célébrer les cinq ans de la reprise de l’entreprise Tout’Embal par ce même groupe DS Smith, qui n’est autre que le leader des solutions d’emballages durables recyclés et recyclables en Europe, implanté dans un trentaine de pays dans le monde.

Invité par Stéphane Thévenet, directeur du site alésien de DS Smith Packaging, Christophe Rivenq n’a pas manqué l’occasion de mobiliser ses souvenirs : « C’est un bel exemple de reconversion d’activité industrielle réussie puisque je le rappelle, lorsque Jallatte (leader européen des chaussures de sécurité, Ndlr) a fermé, c’est la Ville d’Alès qui a racheté l’entreprise pour la sauver et y installer Tout’Embal, repris maintenant par DS Smith. »

Ce site industriel alésien de 10 000 m² basé à Croupillac emploie aujourd’hui 47 salariés et pourrait allègrement franchir la barre des 50 s’il n’était pas – comme beaucoup d’autres – en proie à « des problèmes de recrutement ». Car l’activité de DS Smith, bercée par des exigences environnementales accrues, est appelée à cartonner. « On est dans un monde embarqué dans le numérique avec des comportements d’achats bouleversés dans tous les pays. L’attention portée à l’environnement a été exacerbée par la crise covid. Ça a eu un impact sur notre manière de concevoir l’emballage », reconnaît en effet Thibault Laumonier.

Éliminer les emballages en plastique d’ici 2025

Le dernier nommé s’est ainsi livré à une présentation de ce qui constitue « la raison d’être » de DS Smith Packaging, à savoir la réduction de l’impact de nos achats sur l’environnement. Pour y parvenir, l’entreprise s’astreint à un cahier des charges strict en matière de développement durable qui doit la conduire, d’ici 2030, à ne fabriquer plus que des emballages recyclables ou réutilisables à 100%. D’ici 2025, la société qui fabrique des barquettes dédiées aux fruits et légumes prévoit également de retirer des rayons des supermarchés pas moins d’un milliard d’emballages en plastique.

Une démarche vertueuse matérialisée par un récent partenariat acté avec la fondation GoodPlanet présidée par Yann Arthus-Bertrand, laquelle a pour objectif de sensibiliser l’ensemble des acteurs aux enjeux écologiques tout en soutenant des projets de terrain solidaires et environnementaux. Dans sa quête de perfectionnement, 115 M€ sur cinq ans seront investis en recherche et développement par le leader européen du secteur et qui entend le rester.

Avant que Stéphane Thévenet n’invite la délégation à une visite guidée des locaux alésiens, Olivier Laurent, directeur en charge du « cluster Est » de la France pour DS Smith, a lourdement insisté sur le volet sécuritaire devenu « prioritaire ». « Avant on voyait des conducteurs d’engins qui arrivaient en tongs, donc on part de loin en matière de sécurité », a plaisanté le dernier nommé. Et d’ajouter : « On essaie désormais de tendre vers le « zéro accident » au travail. » Pour ce faire, les 12 machines du site alésien ont été sécurisées et les salariés soumis à 133 heures de formation en lien avec la sécurité chaque année.

Pour un meilleur rendement, les machines ont remplacé les Hommes sur certains secteurs de la chaîne de production. (Photo Corentin Migoule)

Fort d’un chiffre d’affaires établi à 10,5 M€ en 2021 et d’une collaboration avec 450 clients, DS Smith Packaging Alès voit plus grand. En témoignent ces 2 M€ investis en cinq ans sur le site, dont 450 000 euros pour un nouveau bâtiment de stockage. Plus récemment, le leader européen de la palette en carton et de l’emballage e-commerce a aussi misé sur la mise en service d’une zone de traitement des effluents.

En effet, l’eau joue un rôle essentiel dans les activité de DS Smith, en particulier dans le processus de production du papier. Les fibres sont transportées tout au long du processus de production, de la pâte au papier, en utilisant de l’eau, puis de la vapeur surchauffée, utilisée pour sécher le papier. Dans la cartonnerie alésienne, l’eau est également usitée pour diluer l’amidon, nécessaire pour lier les couches de papier lors de la fabrication du carton. Une forte consommation d’eau qui a conduit les dirigeants de l’entreprise à la traiter de manière « responsable et efficace » en restituant et en traitant près de 80% de la part utilisée.

Inaugurée ce jour avec la traditionnelle coupe officielle du ruban tricolore, cette fameuse zone de traitement des effluents n’aurait, à en croire la direction du site alésien, « pas vu le jour » sans le concours financier de la région Occitanie qui a subventionné ce projet onéreux (350 000 euros) à hauteur de 40%. Une « fierté » pour la conseillère régionale Aurélie Genolher, élogieuse à l’égard de l’entreprise et de ses dirigeants : « Vous montrez que l’économie et l’écologie sont conciliables. On sera toujours à vos côtés ! » Même son de cloche pour le président d’Alès Agglo qui, s’il n’a pas eu à mettre la main au portefeuille ce coup-ci, s’attend à devoir le faire un jour pour soutenir un site qui est « un modèle d’intelligence collective ».

Corentin Migoule

 

 

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