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Publié il y a 1 mois - Mise à jour le 25.10.2022 - francois-desmeures - 3 min  - vu 1278 fois

FAIT DU JOUR Pas de Pélardon mais vingt-six candidats pour créer une chèvrerie à Trèves

Le pont Vieux de Trèves, roman, dit "romain" (photo François Desmeures / Objectif Gard)

Noémie Cabannes et Régis Valgalier sur le terrain où sera bâtie la chèvrerie, au dessus-du village (photo François Desmeures / Objectif Gard)

La commune de Trèves et la communauté de communes Causse-Aigoual-Cévennes ont assemblé environ 120 hectares de terrains communaux et privés dont les propriétaires sont disposés à laisser passer les chèvres sur leurs terres. De quoi nourrir un troupeau de 70 têtes qui sera chargé de débroussailler les sous-bois. La commune attire, ainsi, de nouveaux habitants pour lesquels elle met un logement à disposition. Mais la chèvrerie reste à construire. 

On sent chez le maire de Trèves, Régis Valgalier, la satisfaction de voir avancer un dossier qui lui tient à coeur. Mais aussi la mesure de la tâche qu'il reste à accomplir. Car l'idée d'installer un troupeau de chèvres - pour ajouter une activité, débroussailler les alentours et installer de nouveaux habitants - remonte au pacte pastoral intercommunal adopté en 2015. "La communauté de communes a mis en place une animation", rembobine Régis Valgalier, c'est-à-dire une personne d'aller démarcher les communes pour savoir qui souhaitait s'emparer du projet.

"Dans tout l'ancien canton de Trèves, il n'y avait plus de chevrier depuis au moins 60 ans"

Aux confins de la communauté de communes et du département, Trèves est candidate. "Dans tout l'ancien canton de Trèves, il n'y avait plus de chevrier depuis au moins 60 ans", se désole le maire. Entre-temps, Cévennes et Causse ont obtenu le Graal du Patrimoine mondial de l'Unesco, justement pour leurs paysages façonnés par le pastoralisme. Une tradition, certes, mais qui ne demande qu'à revivre pour que le territoire ne reste pas figé dans un passé d'image d'Épinal. D'autant que chèvres et brebis en nombre avaient une autre vertu : un vrai travail de lutte contre les incendies, "alors que la végétation devient de plus en plus sauvage", constate Régis Valgalier. La pâture participe aussi à la réouverture des milieux et, donc, à la biodiversité. À proximité, seul un élevage de brebis est resté, à Causse-Bégon, qui produit du lait pour Roquefort.

"C'est la chambre d'agriculture qui a fait le diagnostic, détaille Noémie Cabannes, animatrice du Pacte pastoral intercommunal pour Causse Aigoual Cévennes. Il y a de quoi installer un troupeau d'environ 70 chèvres. De quoi faire vivre deux personnes." "Moi, j'étais parti sur deux familles, sourit Régis Valgalier. Pour qu'ils puissent se reposer à tour de rôle." Mais le potentiel pastoral n'y aurait pas suffi. "On a monté une association foncière, poursuit le maire, pour mettre en commun les propriétaires qui voulaient bien laisser paître. Tout en les laissant, évidemment, libres de couper du bois, de truffer, etc." D'où cette superficie totale de 120 hectares cumulés, majoritairement dans la montée du col de la Pierre plantée (dont environ 30 hectares de terrains communaux). À Dourbies, il y a quatre ans, quand une implantation du même genre s'était bâtie, 172 propriétaires différents avaient dû être contactés pour créer une zone de pâturage.

L'appartement sera achevé à la fin de l'année pour recevoir ses locataires chevriers (photo François Desmeures / Objectif Gard)

C'est à proximité du hameau du Villaret que doit être installée la chèvrerie, en surplomb du village. Pour accueillir les nouveaux habitants, la commune réhabilite entièrement l'appartement situé au-dessus de La Poste, de quoi loger aisément une famille avec un ou deux enfants. "Je tiens à ce que les nouveaux arrivants soient dans le village, au moins au début, pour qu'ils s'intègrent", précise Régis Valgalier. Sur le terrain aussi, l'investissement communal sera important, puisqu'il s'agit de changer un chemin en piste d'accès - ne serait-ce que pour monter le matériel nécessaire à la construction - et de tirer jusque-là eau, électricité et téléphone. À charge au chevrier désigné, ensuite, de bâtir sa chèvrerie et sa fromagerie, soit un investissement d 'environ 250 000 €.

Étrangement, la zone d'appellation du pélardon s'arrête juste avant la commune

Il lui appartiendra d'écouler ses fromages auprès des restaurateurs locaux, épiceries des communes alentour, ou encore sur les marchés de Nant et Millau (Aveyron), de Camprieu ou Le Vigan. Il tentera peut-être, aussi, d'agrandir la zone d'appellation d'origine du pélardon qui s'arrête juste devant la commune. Sans doute parce qu'au moment où le zonage a été établi, aucun troupeau ne plaidait pour intégrer le village à l'appellation.

Une première salve de candidats a déjà été reçue sur place, une autre suivra ce vendredi. Au total, ils sont vingt-six à porter un dossier. "On trouve trois types de profils, détaille Mickaël Techer, chargé de transmission-reprise chez Relance Occtav (qui anime Relance Cévennes) et qui a travaillé sur le projet. "Il y a les gens qui cherchent depuis quelques temps et ont leur capacité professionnelle ; ceux qui ont déjà une exploitation mais souhaitent un autre foncier (par exemple quand il fait beaucoup marcher pour exploiter) ; ou des gens qui viennent d'avoir leur BPREA et qui recherchent du foncier d'exploitation." Mais quelle que soit leur motivation, ils sont déjà bien trop nombreux pour une installation. Preuve que ce ne sont pas les personnes motivées qui manquent pour s'installer dans le monde rural mais avant tout, en matière agricole, du foncier disponible.

François Desmeures

francois.desmeures@objectifgard.com

Les dossiers sont reçus jusqu'au 7 novembre, l'audition des candidats retenus aura lieu le 21 novembre.

François Desmeures

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