Pour son dernier meeting avant le premier tour des élections municipales à Arles, Patrick de Carolis avait choisi d’inviter ses partisans au Patio de Camargue. La salle était comble, « 1 200 personnes » assurait Ilham Bouaroua, la première colistière à monter sur scène pour prendre la parole et chauffer la salle avant le discours de Patrick de Carolis, tête de la liste « Arles au cœur ».
« Revenir à une gestion communiste ou aller de l’avant »
Mandy Graillon, l’élue en charge de la sécurité, qui deviendra première adjointe en cas de victoire, rentre ensuite dans le vif du sujet de la soirée : combattre l’adversaire principal, Nicolas Koukas, sa liste « l’Union pour Arles », son bilan passé, et son programme. « Nous sommes devant un choix. Soit revenir à une gestion communiste, avec une vision idéologique et immobiliste, reculer et enterrer tout le travail accompli pendant six ans. Soit aller de l’avant. Je suis fière de notre équipe, et en tant que conseillère départementale du canton, je sais qu’il faut savoir travailler avec tout le monde pour avancer. Le Département joue un rôle majeur pour accompagner les aînés, les personnes handicapées, entretenir les routes, soutenir les projets sportifs et culturels. Il gère les collèges et reste un partenaire principal des associations. Nous le savons, l’argent public se fait rare. Derrière chaque projet, il y a des partenaires à convaincre, et j’y mets toute mon énergie. On dit que pour exercer le pouvoir, il faut du caractère. Je n’en manque pas, certains me disent même un soupçon têtue. Moi je veux mettre cette force de caractère au service de notre territoire, au service d’Arles ».
Parti lors des précédentes élections municipales avec sa propre liste, le conseiller régional LR Cyril Juglaret a parlé quant à lui de l’union retrouvée. « Nous avons uni nos forces dès le premier tour pour éviter le retour en arrière. Patrick de Carolis a pu construire cette liste représentative de tous et toutes qui fait passer les intérêts de notre ville avant les ambitions personnelles, contrairement à la pseudo-liste d’union de la gauche. La Région, que je représente, accompagne les projets structurants d’Arles. En six ans, ce sont 60 millions d’euros qui ont irrigué notre territoire, pour les lycées, les transports, le tissu associatif et culturel, l’accompagnement des entreprises, sans oublier les deux parcs naturels de Camargue et des Alpilles. À l’heure où tous les territoires sont en compétition, nous devons être réactifs, opérationnels, inscrire notre ville dans la modernité».
Patrick de Carolis, très applaudi, a enchaîné au pupitre. Remerciant l’assistance, mais aussi tous ceux et celles qui ont travaillé pour construire le programme, ceux qui l’ont soutenu dans les 21 réunions publiques, sans oublier les généreux donateurs, le maire sortant a exprimé sa gratitude envers les élus qui l’ont accompagné jusqu’au bout du mandat. « Ils se sont mis au service des Arlésiens simplement, sans se soucier de leur ego ou de leur avenir personnel, de façon exemplaire et désintéressée. Ils sont le socle de ma nouvelle équipe. Une équipe représentative de chaque village, de chaque quartier de notre commune. Des hommes et des femmes qui ont Arles chevillé au cœur ».
« Nous avons semé le chant de l’effort »
Le maire sortant a rappelé la situation dans laquelle il a trouvé la ville il y a six ans. « Une ville à l’arrêt, sans projets, lourdement endettée. La chambre régionale des comptes relevait une hausse considérable de la dette, sans aucun effort pour la réduire. Cet effort, nous l’avons fait, en la réduisant de 108 à 85 millions d’euros. Une réduction historique ! Nous avons investi dans le même temps 86 millions d’euros, non pas en six ans, mais quatre ans et demi à cause de la crise du Covid. Nous avons investi, réparé, rénové, réformé ! Certes tout n’a pas été fait, mais il y avait tant à faire. Comme l’écrivait le général de Gaulle, nous avons semé le chant de l’effort ».
Puis, dans une formule répétée à l’envi, « Tout est là », Patrick de Carolis a longuement égrené les projets à venir. Les 16 000 m² des papeteries Etienne qui seront commercialisés à la fin de l’année ; le projet de création de 100 logements à l’ancien collège Mistral ; 1 600 logements rénovés à Griffeuille, au Trébon et à Barriol ; l’accueil de nouvelles entreprises (1 000 emplois promis) en s’appuyant notamment sur le développement du port fluvial ; le développement de l’industrie culturelle et créative ; la promotion de la puissance agricole, ; le soutien de 45 millions d’€ pour l’hôpital ; la création d’un campus aux Minimes avec de nouvelles filières, un cinéma, un bowling, des logements… Et d’insister ensuite sur un tourisme en plein essor, grâce à son patrimoine, « mais surtout par nos événements : plus de 20 festivals et 1 000 animations par an ».
Le danger, car le danger est bien réel selon lui, serait de stopper cet élan donné il y a six ans, en opérant un retour en arrière vers l’immobilisme et le clientélisme. « Ce retour en arrière se lit noir sur blanc dans le programme du candidat communiste, mon principal adversaire, celui qui dit niet au contournement autoroutier, niet au pont de Salin-de-Giraud, niet au nouvel espace Mistral, niet au déplacement de l’office de tourisme à la bourse du travail, niet au nouveau quartier des Minimes ». Pas un mot en revanche sur les autres candidats et leurs programmes.
Seul celui de « L’Union pour Arles », bien placé dans les sondages, est dans le viseur du maire. Un programme qui, selon lui, veut en finir avec la maîtrise des dépenses, qui replongera Arles dans la crise financière, avec pour conséquences, une augmentation de la dette et des impôts. Et de mettre en évidence, vidéo à l’appui, le manque de sérieux de Nicolas Koukas qui, lors du débat diffusé sur France 3 mercredi, avait renié son vote contre l’armement des policiers municipaux.
« Face au danger communiste, conclut Patrick de Carolis, les Arlésiens doivent dire non ! Un non franc et massif dès le premier tour, pour rendre cet élan irréversible, pour creuser un écart insurmontable entre notre liste et celle de notre principal concurrent. On dit qu’en général au premier tour on choisit, et qu’au deuxième on élimine : je vous invite toutes et tous à éliminer dès le premier tour ». Puis le public s’est levé pour chanter La Marseillaise, en chœur avec les candidats.