Une salle des fêtes débordant de monde jusqu'à l'extérieur. Jeudi soir, les Arlésiens ont massivement répondu à l’appel de L’Union pour Arles, dépassant peut-être même les attentes des organisateurs. En maître de cérémonie, Ludovic Gazzan a donné le ton dès l’ouverture : "Ce soir, la question est simple : quel avenir voulons-nous pour Arles ? Vous n’entendrez pas un homme seul, mais une équipe d’Arlésiens engagés pour leur ville." Un préambule qui a lancé une série d’interventions marquantes.
En premier lieu, celle de Lucile Venet-Le Luc (6ᵉ sur la liste), professeure de SVT au lycée Pasquet et figure fondatrice de l’Appel d’Arles, qui est revenue sur la genèse de ce mouvement créé "pour rassembler toutes les gauches arlésiennes et empêcher l’arrivée de l’extrême droite, tout en évitant la réélection d’un maire autoritaire et macroniste." C'est ensuite Mehdi Herouali (29e), superviseur de travaux en pétrochimie, qui a expliqué son engagement avec franchise : "Je ne reconnais plus ma ville. Les Arlésiens ont le sentiment de ne plus être écoutés, associés aux décisions, cela m’a poussé à m’investir." 29e sur la liste, il a évoqué sa rencontre avec Nicolas Koukas comme un déclic : "Une personne simple, accessible, qui prend le temps de vous écouter. Une commune ne peut avancer que si ceux qui la dirigent restent proches des habitants."
"Rétablir ce lien indispensable entre la municipalité et les Arlésiens"
Maïssa Ayad, future éducatrice spécialisée et benjamine de la liste (28ᵉ), a porté la voix de la jeunesse avec conviction : "Les jeunes se sentent délaissés, réduits à une variable d’ajustement électoral. Ils méritent mieux." Pour elle, "placer la jeunesse au cœur du programme n’est pas un slogan, mais une nécessité."
Richard Vidal, ingénieur retraité dans l’industrie chimique et pharmaceutique, premier adjoint en cas de victoire, a axé son discours sur l’urgence économique : "Je vois ma ville se dégrader année après année : un urbanisme sans direction, une voirie déplorable, une propreté qui laisse à désirer, et surtout, un manque criant de concertation avec les habitants." Il a insisté sur la nécessité de "rétablir ce lien indispensable entre la municipalité et les Arlésiens", tout en proposant une "stratégie économique ambitieuse, avec une industrie moderne de haute technologie multisectorielle, pour faire cohabiter tradition et modernité dans la Petite Rome des Gaules." Tous ont insisté sur un projet sérieux, réaliste et concerté, tout en évoquant leur adhésion aux valeurs humanistes de Nicolas Koukas. "Contrairement à l’autocratie des six dernières années, nous travaillerons en concertation avec les Arlésiens", a promis Richard Vidal.
Des interventions saluées par des applaudissements nourris. L'enthousiasme a redoublé quand Nicolas Koukas est monté sur scène. "Arles vit un moment décisif, a-t-il lancé, solennel. Ce soir, ce n’est pas un simple meeting, c’est un moment de vérité. Arles est une ville magnifique, mais depuis six ans, elle est fatiguée : fatiguée des décisions prises sans elle, des promesses non tenues, d’un pouvoir municipal déconnecté." Le candidat a pointé du doigt la majorité sortante et ses 12 élus démissionnaires ou mis à l'écart : "le capitaine ne tient pas le bateau Arles". Il a dénoncé le recul des services publics, la hausse du coût de la vie, la difficulté de se loger ou bien encore la perte de 3,5 millions d’euros de subventions pour les associations.
"Un maire juste"
"Ce que je viens de décrire, vous le vivez, ce n'est pas un discours hors-sol. C'est la réalité d'Arles aujourd'hui. Face à cette réalité, deux options : subir ou agir. Moi je suis là pour agir, pas pour faire de la politique de tribune, pas pour exister médiatiquement sur les plateaux télé", a martelé le candidat. Axant son programme sur "la force du collectif" et sur le quotidien des Arlésiens, Nicolas Koukas promet d'être "un maire juste", "pas un maire de passage, ni de salons parisiens, ni de réseaux."
"Je ne vous promets pas des miracles, des slogans, pas une marina sur notre Rhône, ni la création de 1 000 emplois. D'abord parce que je ne suis pas magicien, mais aussi parce que ce sont les entreprises qui créent l'emploi. Je ne veux pas transformer Arles en un énième arrondissement de Paris", a-t-il lancé, taclant le bilan, le programme et la méthode de Patrick de Carolis. Celle de L'Union pour Arles se veut en rupture avec "une démocratie contributive, des budgets participatifs dans chaque quartier et village, un référendum d'initiative citoyenne. Cette méthode n'est pas un slogan de campagne, c'est un engagement."
"La liste du premier tour sera celle du second tour"
Avec une liste composée à 80 % d'hommes et de femmes de la société civile, L'Union pour Arles a "mis de côté des logiques partisanes, les égo, les calculs politiques", a souligné Nicolas Koukas, qui s'est dit très fier de son équipe. Et qui, lors de cette soirée, a coupé court à l'idée de toute fusion avec d'autres listes entre les deux tours. "La liste du premier tour sera celle du second tour", a-t-il affirmé, balayant d'un revers de main les spéculations sur d'éventuelles alliances.
Le candidat est ensuite revenu sur son programme, ancré dans le concret et articulé autour de trois axes forts : une ville juste, une ville qui protège, une ville tournée vers l’avenir. Justice sociale d’abord : avec des services publics accessibles, la mise en place d'une mutuelle communale, une solidarité renforcée envers les seniors, les jeunes, les familles monoparentales, un accès aux soins sécurisé. Sécurité ensuite, avec plus de présence humaine, de médiation, et une lutte implacable contre le narco-trafic, couplée à une protection accrue contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales et l’habitat indigne. Enfin, l’avenir : en plaçant la transition écologique dans toutes les délégations, de la jeunesse à l'économie, "la transition écologique soit se décliner partout". Un projet "ambitieux et réaliste", insiste le candidat, fort d’un plan "chiffré, priorisé, financé, sans hausse d’impôts ni dette supplémentaire". Une feuille de route plus qu’un catalogue.
Enfin, Nicolas Koukas a conclu son meeting en appelant à la mobilisation de tous. Voter et faire voter, tel est le message du candidat qui a insisté sur sa volonté de "rendre la ville aux Arlésiens tout en reprenant Arles en main. Nous avons du courage politique et des solutions concrètes. Ce soir, je veux vous dire clairement : je suis prêt à être maire."