Si un propriétaire souhaite effectuer des travaux chez lui, ce n’est pas Sébastien qu’il faut solliciter. Trois particuliers ont pris cette mauvaise décision conduisant au versement d’un acompte, mais pas à la réalisation de travaux. Postant des annonces sur le site Leboncoin, le prévenu propose ses services en tant que maçon à son compte, garanti sans devis et sans facturation. C’est pour trois faits d’escroqueries, commis entre mars 2023 et septembre 2024 que ce prévenu est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce mardi 10 mars 2026. Absent à l’audience, il a été jugé par défaut.
C’est une plainte déposée en 2024 qui a lancé la machine judiciaire. Proposant d’intervenir dans un domicile situé au Grau-du-Roi pour la réfection d’une terrasse, Sébastien a convaincu les propriétaires de lui verser 1 460 € d’acompte. Comme convenu, l’homme a ensuite démarré les travaux en brisant la terrasse existante. Problème : il n’est jamais revenu et n’a plus donné signe de vie aux propriétaires. Cette nouvelle plainte en a fait ressurgir deux autres, plus anciennes, pour des faits datant de 2023.
Un acompte et puis s’en va
Dans les deux dossiers précédents, le prévenu a récupéré des acomptes pour deux chantiers à Caissargues et à Connaux, puis n’est jamais venu. Dans l’un des cas, c’est de nouveau une terrasse qui est au cœur des débats. 18 144 € ont été versés à l’artisan-escroc sous la forme de quatre chèques. Pourtant, au lieu de s'en servir pour acheter le matériel pour l’édification d’un garage à la place de la terrasse existante, ces chèques ont été encaissés sur les comptes bancaires de la compagne et de l’un de enfants du prévenu. Un des chèques aurait d’ailleurs servi au paiement d’une fête d’anniversaire.
Une autre victime a également repéré une annonce sur Leboncoin. Convaincu, il a versé 1 000 € d’acompte à l’artisan, mais ne l’a plus jamais revu. « À chaque fois que je lui envoyais des messages, il me disait : “je viens” ». Mais rien n’y fait, il ne s’est jamais présenté. La victime s’est donc rendue au domicile du prévenu pour obtenir des explications. Sébastien lui a alors remis un chèque. Problème : il est sans provision, conduisant la banque de la victime à geler les comptes de ce dernier, suspectant une tentative de fraude. Mécontent, il a publié un témoignage sur les réseaux sociaux, lui permettant de découvrir qu’il n’est pas la seule victime de l’artisan fantôme.
Lors de ses réquisitions, Stéphane Bertrand, procureur de la République, a demandé 8 mois d'emprisonnement avec sursis probatoire pour Sébastien, ainsi qu’une amende de 3 000 €. Dans le cadre du sursis, il souligne notamment la nécessité pour cet homme d’indemniser le préjudice des victimes, avant d’ajouter : « Si on ne lui tient pas la main, il ne le fera pas naturellement ». Le tribunal, présidé par Anne-Carine David, a suivi les réquisitions du ministère public, y ajoutant la peine obligatoire de privation d’éligibilité et l’interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans.