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Publié il y a 4 ans - Mise à jour le 18.12.2017 - coralie-mollaret - 4 min  - vu 6940 fois

FAIT DU JOUR Yvan Lachaud : « Qui sème le vent, récolte la tempête »

L'ex-adjoint aux finances de Nîmes a contre-attaqué, samedi en conseil municipal. Lâché il y a quelques semaines par le maire, le centriste menace de saisir la justice.
Le président Centriste de Nîmes Métropole et le maire Les Républicains de Nîmes, Jean-Paul Fournier (Photo : Coralie Mollaret)

En amour comme en politique, il y a des ruptures difficiles à encaisser. C'est le cas à Nîmes d'Yvan Lachaud. Pendant 16 ans, le Centriste a convolé avec le maire (LR) de Nîmes, Jean-Paul Fournier. Comme toutes les unions, il y a eu des hauts et des bas. Pour autant, le couple Fournier/Lachaud a accouché de plusieurs victoires électorales. Qu'importe... Jean-Paul Fournier a choisi de divorcer. L'homme de 72 ans recherche-t-il la stabilité, à trois ans des Municipales ? Une stabilité pour tisser une stratégie aiguillée par sa retraite politique ? Beaucoup de questions et peu de certitudes, si ce n'est : la liberté retrouvée d'Yvan Lachaud. En menaçant de faire entrer la justice dans leurs querelles, l'élu dira à la droite nîmoise s'il est plus dangereux à l'extérieur qu'à l'intérieur de cette alliance.

Objectif Gard : Vous avez voté le budget 2018 de Nîmes. Clairement aujourd'hui : êtes-vous dans l'opposition ou dans la majorité ?

Yvan Lachaud : Moi, je suis dans la majorité des Nîmois qui nous ont mis en place. Et ça, personne ne nous l'enlèvera… Ce qui m'intéresse aujourd'hui, c'est l'intérêt général. Pendant 16 ans, j'ai vécu des choses super avec Jean-Paul Fournier. Je ne renie rien (…) Hier on a voté le budget, on a aussi fait des remarques. C'est ce que je ferai jusqu'à la fin de ce mandat. Quand ça ira dans le bon sens, je le dirai et inversement.

Concernant la fiscalité, vous avez dénoncé la promesse non-tenue de baisser la taxe d'habitation et taxe foncière. Il y a encore quelques semaines, vous étiez adjoint aux finances. Vous ne teniez pas ces propos…

Depuis le début du mandat j'ai demandé à ce que l'on baisse les impôts ! On a été obligé de le faire sur l'agglomération par rapport à la TEOM (taxe d'enlèvement des ordures ménagères). Ça a été grosso modo 50 euros par foyer fiscal. Aujourd'hui, avec les marges de manœuvres que nous avons sur la ville, on est capable de baisser les impôts d'un point ou deux par an jusqu'à la fin du mandat.

Pourquoi le dire maintenant ?

J'ai essayé de le dire jusqu'à présent en interne et maintenant j'ai une liberté de parole. Je rappelle que je ne l'ai pas souhaitée. C'est Jean-Paul Fournier qui a rompu notre union et trahi les Nîmois… Aujourd'hui, j'ai le devoir de dire ce que je pense.

En attaquant sur les impôts, c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité, non ?  

Pas du tout ! L'hôpital ne se moque pas de la charité ! Tenez, à Nîmes Métropole nous n'avons pas mis de fiscalité alors que Jean-Paul Fournier souhaitait que l'on en mette une ! J'ai dit non. Et au contraire : je vais baisser les prix aux usagers, notamment dans le domaine de l'eau et de l'assainissement.

Allez-vous réellement saisir la justice concernant le logement de fonction du directeur du cabinet du maire de Nîmes et la subvention de 400 000 euros à la Senim ?

Premièrement sur la Senim. J'ai été entendu par le SRPJ sur des pratiques hétérodoxes concernant des marchés de la Senim. Je maintiens : il y a eu des choses qui n'allaient pas... La preuve : aujourd'hui, une enquête est ouverte avec plusieurs mises en examen, dont le premier adjoint Franck Proust. Cette affaire n'est pas terminée ! On doit à la Senim 1,5 millions d'euros. En tant qu'adjoint aux finances, j'ai fait bloquer ces factures. Si les marchés ont été passés de façon illégale, je ne vois pas pourquoi on les paierai. Les contribuables doivent être respectés.

Allez-vous saisir la Cour des comptes sur ces 400 000 euros ?

Je vais saisir officiellement la mairie par courrier recommandé. J'attends d'avoir les réponses. À quoi correspondent ces 400 000 euros ? Sur la délibération, l'objet de la dépense s'intitule 1 301, ZAC Senim (derrière la gare). Tant que les choses ne sont pas traitées par la justice, je ne veux pas que les Nîmois donnent de l'argent à la Senim ! Depuis 10 ans j'ai fait bloquer ces factures. On paiera la société si ces choses-là sont vérifiées et valables.

Concernant le logement de fonction ?

D'abord, j'apprends que le directeur de cabinet Jean-Albert Chieze embauche sa femme (à la communication du Musée de la romanité). Il envoie même le premier adjoint Franck Proust défendre le fait que sa femme était incontournable ! Curieusement, quelques mois après, elle démissionne pour éviter le scandale ! Comment a-t-elle été embauchée ? Par quelle commission ? Quel jury ? Je n'ai rien contre Madame Polo, simplement ce sont des pratiques qu'il faut arrêter. Ensuite, j'apprends par des contribuables que la société de Mme Polo est domiciliée au 20 Quai de la Fontaine… à l'adresse de M.Chieze ! Cet appartement coûte au contribuable nîmois 4 200 euros par trimestre (charges comprises). Jean-Albert Chieze n'a pas le droit d'utiliser son logement de fonction à d'autres fins que celles de la mairie ! Là-aussi j'attends des explications.

Aujourd'hui, vous avez une vraie liberté de parole… Mais jusqu'où vos querelles politiques iront-elles ? 

Mais je n'ai pas demandé ça ! Jean-Paul Fournier a créé cette situation… Qui sème le vent récolte la tempête. Il m'a enlevé ma délégation, une minute avant que je prenne la parole en conseil municipal. Aujourd'hui, il n'y a que l'intérêt général qui me motive. Mes responsabilités, je les prends à l'Agglo et à la Ville.

Propos recueillis par Coralie Mollaret

coralie.mollaret@objectifgard.com

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