Publié il y a 5 ans - Mise à jour le 26.08.2020 - stephanie-marin - 3 min  - vu 8342 fois

AIGUES-MORTES Victimes d'un accident lors d'une balade à cheval : "L'affaire n'est pas près de s'arrêter..."

Suite à un accident lors d'une balade à cheval le 14 août dernier à Aigues-Mortes, une plainte aurait été envoyée au procureur de la République. (Photo DR/)

"L'affaire n'est pas près de s'arrêter..." Cette dernière phrase conclut une lettre adressée à la rédaction, dans laquelle les familles Constantin, Hallé et Feucher reviennent sur l'accident qui a eu lieu le vendredi 14 août lors d'une balade à cheval à Aigues-Mortes.

Venues de Toulouse (Haute-Garonne), Bressols (Tarn-et-Garonne) et de L'Isle d'Abeau (Isère), ces trois familles profitaient d'une semaine de vacances au coeur de la Camargue. Le vendredi 14 août au matin, les Constantin, les Hallé et les Feucher décident de réserver une balade à cheval à l'Écurie de la Petite Camargue, située sur le site du camping où ils logent à Aigues-Mortes.

Le rendez-vous est pris le même jour à 20h. "Ce qui ne devait être qu'une simple balade d'une heure s'est transformée en un véritable cauchemar pour nos trois familles. Vers 20h40, après 40 minutes de promenade, alors que les chevaux avaient pris le chemin du retour, ils se sont emballés, sont partis au galop et ont renversé une partie des promeneurs sur leur monture", peut-on lire dans la lettre adressée hier à la rédaction.

Louise Hallé, 8 ans, victime de blessures au visage, de plusieurs fractures aux deux bras. (Photo DR/)

Cinq cavaliers sur les neuf partis en promenade ont été pris en charge par les secours. "Aaron Feucher, 8 ans, s'est retrouvé avec des plaies ouvertes, des lésions de "rapages" et de nombreuses contusions. Louise Hallé, 8 ans, est alors victime de blessures au visage, de plusieurs fractures aux deux bras, notamment d'une épaule et du poignet de l'autre bras. Anthony Feucher a de nombreuses contusions au rachis cervical, au rachis dorso lombaire et sacrum, étant tombé sur le dos, et d'un traumatisme crânien. Laurence Constantin a subi également un traumatisme crânien et présente de nombreuses plaies au dos car elle a été traînée au sol par son cheval."

"Il aurait dû annuler ou reporter la prestation"

Aux blessures physiques s'ajoute le traumatisme psychologique, ajoutent les auteurs de la missive. Et ces derniers de pointer du doigt "l'absence de conditions de sécurité" lors de leur balade. Anthony Feucher assure que deux des trois encadrantes de la promenade, "se souciaient plus de leur téléphone portable que des mesures de sécurité et des chevaux qui semblaient être excités."

Les familles soupçonnent également "une surexploitation" des montures. "Nous avons confié notre sécurité à un gérant professionnel qui aurait dû annuler ou reporter la prestation si les chevaux étaient fatigués ou surexcités. Nous aurions certainement été déçus mais nous aurions compris", explique Nathalie Hallé. Et d'ajouter : "Ils n'ont pas pris de nos nouvelles."

"On ne peut pas tout maîtriser avec les animaux"

Contacté par téléphone, l'Écurie de la Petite Camargue par la voix de Corinne Bouchitté, se défend. "Nous avons fait la déclaration de l'accident à l'assurance. Nous sommes droit dans nos bottes." La co-responsable de l'entreprise avec son compagnon, Max Vendrell, a répondu point par point aux propos tenus par les trois familles. "Parmi les trois encadrantes, il y avait une guide diplômée, une apprentie en bac pro et une stagiaire Galop 7."

Assurant le "très bon niveau" de son équipe encadrante, Corinne Bouchitté, indique que lors de l'accident, "quatre des neuf cavaliers étaient toujours sur leur cheval. Si elles avaient été sur leur téléphone portable, elles n'auraient pas pu les empêcher de tomber". Et de poursuivre : "Nous avons fait notre travail correctement. Un cheval a mordu celui qui le précédait, ce qui a créé la panique. On ne peut pas tout maîtriser avec les animaux, il y a toujours un risque à prendre en compte."

"Nous ne sommes pas des bourreaux"

Quant aux soupçons de surexploitation des chevaux, elle s'insurge : "On aime tellement les chevaux. Notre cavalerie est en pleine santé, nos chevaux sont magnifiques, ils ont à manger à volonté... On ne peut pas nous reprocher ça. Nous ne sommes pas des bourreaux." Corinne Bouchitté explique alors qu'à chaque fin de saison, à la mi-septembre, les chevaux sont mis au repos dans des prés et ce jusqu'au printemps suivant.

"Cette année d'ailleurs, à cause du covid-19, ils y sont restés plus longtemps, jusqu'au 25 juin." Puisqu'on évoque le coronavirus, l'Écurie de la Petite Camargue assure que les mesures sanitaires sont respectées même si les trois familles n'ont pas la même version. Et à son tour, la co-gérante attaque : "Nous avons été menacés par les papas. Dès le lendemain de l'accident, nous avons demandé des nouvelles de la petite fille, mon compagnon a été agressé verbalement."

La lettre rédigée par les trois familles se termine par : "L'affaire n'est pas près de s'arrêter..." Une plainte aurait été envoyée au procureur de la République de Nîmes samedi dernier. "Nous ne sommes pas procéduriers. Mais nous le faisons en pensant à ceux qui passeront après nous, pour ne plus que ça se reproduise", se justifient les victimes. L'enquête ouverte par les gendarmes suite à l'accident, se poursuit.

Stéphanie Marin

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