Publié il y a 1 h - Mise à jour le 24.05.2026 - Anthony Maurin - 4 min  - vu 122 fois

NÎMES EN FERIA Castella et De Justo triomphent, Luque donne une leçon

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

Sortie en triomphe pour Sébastien Castella et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

Toros de Santiago Domecq pour Sébastien Castella (oreille et oreille), Daniel Luque (salut et salut) et Emilio De Justo (salut et deux oreilles).

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

Quasi lleno pour les arènes de Nîmes en ce dimanche de Pentecôte. Les aficionados ou les curieux ont pris leur billet et, comme depuis le début de la feria, le paseo commence à l’heure, merci à vous tous ! Le public est là, le soleil aussi, l’ambiance pourrait être excellente et les trois principaux protagonistes sont appelés à saluer ensemble à une fois le paseo terminé.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Deuxième exemplaire de Santiago Domecq (Photo Anthony Maurin)

Ils se présentent chez nous, à Nîmes pour cette course importante. Les toros de Santiago Domecq ont du sang de Juan Pedro Domecq y Diez, Carlos Nuñez et Torrestrella. L’an dernier, le fer a fourni huit lots, 39 toros et quatre novillos qui ont laissé tomber 31 oreilles et trois queues sur le sable des arènes. Sept d’entre eux ont été primés d’une vuelta à titre posthume. Une belle présentation, une corrida exigeante et brave mais qui permet le triomphe des piétons. Le lot nîmois, de fort belle présentation, a permis aux maestros de s’exprimer en leur mettant souvent des bâtons dans les roues. Avec les Santiago Domecq, rien n’est jamais acquis !

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Sébastien Castella (Photo Anthony Maurin)

Le Biterrois Sébastien Castella ouvre le bal. C’est lui qui a le plus toréé dans cet amphithéâtre avec 56 paseos ! La maturité de sa tauromachie n’est plus à démontrer et, en 26 ans, le public a su le jauger. C’est un grand ! Le public de Madrid l’a encore vu il y a peu lors d’une course qui est entrée dans l’histoire de la plus prestigieuse plaza du monde taurin. Castella, à Nîmes, est à la maison mais il fait toujours l’effort. Même quand il tombe sur un toro peu commode et parfois violent. Le métier fait que les tendidos n’ont sans doute pas vu tous les problèmes, mais il y en avait quicòm ! Oreille de bienvenue.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Sébastien Castella (Photo Anthony Maurin)

Deuxième toro pour Castella. Avant ce paseo et selon Christophe Chay, le diestro a coupé 98 oreilles et trois queues à Nîmes ! Rien que ça. Pour Casas & Co, 97. Va-t-il passer le 100 ? N’oublions pas ses 17 Portes des Consuls… Pour la Porte, ça attendra encore mais pour la centième oreille, c’est acté car à l’issue de ce duel le Biterrois fait tomber une nouvelle fois un pavillon blanc du palco. Il faut dire qu’il y a mis les formes ! Devant un toro des plus agréables, le maestro se régale au capote, poursuit à genoux pour entamer sa faena avec quelques passes dans le dos.  Toujours à genoux bien sûr. Puis, un toreo classique, mais qui fait son effet sur les étagères, ponctuera la faena de belles notes. Belle épée, belle oreille. Quand même, rendez-vous compte, 100 oreilles, juste à Nîmes !

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Daniel Luque (Photo Anthony Maurin)

Daniel Luque est un torero nîmois qui n’est pas né ici mais à Gerena. Ici, pourtant, il est devenu matador de toros en 2007 et depuis il a à son crédit 24 corridas, 34 oreilles et une queue coupée pour quatre Portes des Consuls ! Luque n’est que rarement expansif, ce soir il aurait pu sortir en triomphe mais l’aficion n’a pas suivi. Son Santiago Domecq est intéressant et lui offre des options. Son toreo précis, technique et froid n’a pas emballé les gradins et pourtant. On l’a vu rehausser le bicho, exécuter des naturelles de génie et finir par deux séries, les luquecinas classiques, puis des luquecinas d’un nouveau genre, très agréables à observer avec changement de mains et poignets ultramobiles. Une nouvelle création qui redonne un peu de piment à cette passe qu’il a créée et qui est aujourd’hui surexploitée. Salut après plusieurs envois à l’épée.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Daniel Luque (Photo Anthony Maurin)

Après cette première opposition, Daniel Luque retrouve un autre exemplaire de Santiago Domecq et il veut couper. Héla, son toro est changé (on ne sait pas trop pourquoi car il ne montrait pas d’infirmité). Comme une balle, le cornu regagne les chiqueros en un éclair sur ses quatre pattes. Le nouveau sort et Luque reste impassible. Le sobrero semble permettre moins que celui qu’il a remplacé mais Luque en fera ce qu’il voudra, commençant par le haut puis tombant peu à peu les mains. Les tendidos ne réagissent pas, salut.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

Emilio de Justo a l’âge de Castella mais sa carrière est bien différente. Une fois matador de toros, il a mis onze ans pour venir confirmer à Nîmes (2018) et depuis il y a toréé à quatre reprises pour cinq oreilles coupées et une Porte des Consuls ouverte. De Justo donnera à voir des Luquecinas, encore mais c’est à Castella qu’il brinde un toro qu’il a accueilli de mains de maître. Soyeux, doux, savant et intelligent, Emilio de Justo a proposé un moment fort au capote. Avec la muleta, on verra un torero de talent, sérieux et à la gestuelle fleurant bon le romarin. Il élève la voix et cela peut être dérangeant quand on aime s’immerger, se laisser happer par la beauté et la pureté du geste. Salut.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

Un ultime duel pour cette course et une dernière chance pour Emilio de Justo de s’installer dans le cœur de l’aficion nîmoise. C’est peut-être là, enfin, qu’il y entre de manière pérenne après un duel de catégorie. Son toro ? Le meilleur du lot, sans doute. Moins spectaculaire au capote, il l’est mille fois plus à la muleta ! Les genoux à terre, il fait passer et repasser le toro. Il se relève et enchaine les séries droitières d’une justesse rare avant de basculer à gauche et de garder le tempo. Le cœur libre et ouvert, les mains chantantes, le pas à pas s’enclenche et le rouleau compresseur agît sereinement jusqu’à la dernière série de manoletinas resserrées. Deux oreilles pour le maestro, une belle pétition pour la vuelta au toro qui ne sera pas accordée.

Corrida de Santiago Domecq pour Sébastien Castella, Daniel Luque et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)
Sortie en triomphe pour Sébastien Castella et Emilio de Justo (Photo Anthony Maurin)

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