La corrida de rejon est un des signes que la feria s’achève. Traditionnellement programmée le lundi matin, dernier jour de la feria, elle offre aux amateurs du genre les frissons d’un spectacle équestre.
Les toros de Fermin Bohorquez excellent quand il s’agit de charger les cavaleries. Leur sang Murube et Urquijo leur permet d’être à l’affiche de nombreuses courses. La preuve, en 2025, le fer a fourni 22 lots, 87 toros et 16 novillos. 69 oreilles, trois queues coupées et un toro gracié, rien que ça ! Le lot 2026 n’aura pas tenu les promesses du passé. Tantôt faible, tantôt distrait, seul le quatrième de la matinée aura montré de belles qualités.
Face à eux, trois centaures. Le premier est une première mais qui passera en deuxième et en quatrième, journée de confirmation oblige… Elle est Nîmoise et s’est imposée dans les cartels équestres dans toutes les arènes. Lea Vicens en est à 13 ans d’une alternative qu’elle a prise sur cette piste qu’elle connaît par cœur. Depuis ? Ici, elle a accumulé 19 corridas, coupé 38 oreilles et est sortie à six reprises par la Porte des Consuls. D’emblée, elle coupera deux oreilles en dévoilant quelques nouveaux chevaux parfaitement dressés, ce qui plaît à un public majoritairement venu pour ça. Deux oreilles sans grande faena et avec une épée discutable, mais pour le moral, ça fait toujours du bien.
Deuxième duel pour la cavalière et quatrième toro de Bohorquez, le meilleur de la matinée, celui qui permet à la cavalière de montrer une tauromachie posée, précise et propre. C’est à la mort que la Nîmoise perd le second trophée mais elle s’est assuré une nouvelle sortie en triomphe par la Porte des Consuls.
Fils de son père Pablo, Guillermo Hermoso de Mendoza est le plus jeune du cartel mais pas le moins ancien. À Nîmes, il est déjà venu pour cinq paseos et a coupé 13 oreilles et trois queues pour ouvrir quatre Portes des Consuls ! Le pavillon blanc sera tombé par Marion Mazauric quoi préside le palco. Extrêmement à son aise, le jeune Hermoso de Mendoza se fait toucher à plusieurs reprises mais les tendidos ne lui en tiennent pas rigueur, préférant le spectacle au rejoneo. Une oreille.
Guillermo Hermoso de Mendoza poursuit l’effort et revient en piste avec l’envie de triompher. Il y parviendra grâce à son entame de combat. Les changements d’appuis sont merveilleux, les terrains choisis sont les bons, les poses de banderilles se font d’un geste sûr mais l’épée viendra mettre une note négative sur l’avis général. Deux oreilles et une Porte des Consuls pour lui aussi.
Une Française, un Espagnol et… un Portugais pour finir le cartel ! Le finir ou le commencer car c’est le lusitanien Duarte Fernandes qui confirme son alternative en cette matinée brûlante. Il a débuté en public aux USA, a pris son alternative à Arles et vient ici pour continuer son histoire atypique. On le verra vert mais désireux de faire au mieux. La cavalerie est magnifique, le toreo se cherche encore et le sorteo n’ira pas dans son sens. Encore des épées décevantes… Le jeune anticipe les quelques applaudissements et bondi en piste pour saluer.
Dernier toro de la course et Duarte Fernandes, vêtu à la portugaise et bientôt âgé de 25 ans, doit encore travailler pour arriver à se hisser au sommet. Il a les outils, il a les conseils, il a sans doute l’envie. Le toreo est moins approximatif qu’avec son premier exemplaire mais l’épée ne lui réussit pas. Comme tout à l’heure, il revient en piste et décide de faire une vuelta que personne ne lui a demandé.