Arrivé en France depuis presque deux ans et bien intégré, La famille Shirzad, composée de cinq enfants scolarisés dans le bassin alésien — de la grande section au lycée —, a vu sa demande d’asile politique rejetée. Malgré deux demandes déposées en France, les autorités ont invoqué la procédure Dublin, les renvoyant vers la Lettonie, premier pays européen où ils avaient sollicité l’asile. Pourtant, leur séjour en Lettonie avait été marqué par des conditions précaires : deux mois enfermés dans un camp, sans scolarisation pour les enfants, et sans respect de leurs droits fondamentaux.
Aujourd’hui, sans titre de séjour ni perspective, la famille a reçu un avis d’expulsion de son logement. Sans Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF) à ce jour, elle se retrouve dans une situation d’urgence absolue.
« On veut juste une vie normale »
Maëva Latapie, professeure de lettres modernes au collège Jean-Moulin d’Alès, explique la mobilisation survenue ce jeudi 25 juin devant la sous-préfecture d'Alès : « On est là pour défendre cette famille, pas pour des raisons politiques, mais parce qu’on les connaît et qu’on veut qu’ils aient la vie qu’ils méritent. Les enfants sont intégrés, heureux ici, et ils aspirent simplement à étudier et à vivre normalement. »
Adeeba Shirzad, l’aînée de la famille, scolarisée au lycée Pasteur de La Grand-Combe, témoigne dans un très bon français : « Ça fait quatre ans qu’on a quitté l’Afghanistan. On a trouvé une communauté ici, une stabilité. Mon petit frère est enfin scolarisé. On ne veut pas retourner en Afghanistan, on veut juste aller à l’école, travailler, vivre comme les autres. »
Une attente angoissante
Le collectif espérait être reçu en audience à la sous-préfecture pour plaider la cause de la famille. Le rendez-vous, initialement prévu, a finalement été annulé, sans nouvelle date proposée. « On reviendra si nécessaire, » assure Maëva Latapie. « Le préfet a le pouvoir de faire exception à la procédure Dublin. C’est ce qu’on lui demande. »
La famille, elle, attend. Depuis trop longtemps. « On est des humains, on veut juste une vie normale, » résume Adeeba. Une vie où les enfants pourraient continuer leur scolarité, où la famille pourrait travailler, et où ils ne craindraient plus, chaque jour, de se retrouver sans abri.