Miel aphrodisiaque, cigarettes de contrebande et bouteilles de protoxyde d’azote sont autant de marchandises qui ont été retrouvées dans plusieurs épiceries nîmoises, à l’occasion de perquisitions menées au milieu de l’année 2023. Membres d’un réseau de revente de produits illicites, les gérants et vendeurs occasionnels dans ces commerces comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nîmes, ce vendredi 3 avril 2026. Soumis à des surveillances policières, Mohammed E. a été identifié comme étant le livreur des produits, mettant en relation les fournisseurs et plusieurs épiceries du centre-ville nîmois.
Les autres prévenus, comme Kamel K. ont été repérés dans ces commerces en pleine vente. Pourtant, certains d’entre-deux démentent avoir participé à un tel trafic. Interrogé sur son implication, Kamel K. lance : « Je ne reconnaît absolument pas les faits », évoquant avoir simplement « rendu service » à un ami dans une épicerie dont il était anciennement le gérant. Aujourd’hui incarcéré pour des faits de recel de vol, le prévenu se défend depuis le box.
Aucun mouvement bancaire
En-dehors des marchandises saisies, de nombreux terminaux de paiements, permettant des transactions par carte bancaire ont aussi été retrouvés à l’occasion des nombreuses perquisitions. Pourtant, aucun mouvement bancaire n’a été constaté sur les différents comptes professionnels ou personnels des prévenus. D’autant que l’un d’eux ne dispose même d’aucun compte en banque. Ce commerce parallèle aurait pourtant généré près de 500 000 € de bénéfice. Des sommes demeurées introuvables.
Plus loquaces sur les prix pratiqués dans leurs différents commerces, certains prévenu ont évoqué que la bombonne de protoxyde d’azote est revenue à environ 25 €. La cartouche de cigarettes, elle, est écoulée par ces commerces à environ 75 €, ce qui représentant une marge de 15 à 20 € par lot de dix paquets de cigarettes de contrebande.
70 à 80 mentions
Au cumulé, les sept prévenus disposent de près de quatre-vingts mentions sur leur casier judiciaire, prenant donc en compte le casier vierge de la seule épicerie figurant au rang des prévenus. Lors de son réquisitoire, Jean-Luc Vasserot, procureur de la République, a fait état d’une « organisation structurée entre deux familles qui se connaissent. Ils sont tous en lien ». Concernant les bénéfices tirés de cette vente illégale, « il suffit d’avoir des comptes à l’étranger », explique le représentant du ministère public. D’autant que certaines ventes ont dû se faire en liquide.
Tenant compte de leurs casiers judiciaires respectifs, les sept prévenus ont été déclarés coupable des faits leur étant reprochés. Le tribunal, présidé par Jérôme Reynes, les a condamnés à des peines allant de 10 mois d’emprisonnement intégralement assorti du sursis probatoire, à 3 ans d’emprisonnement, dont 2 avec sursis probatoire. Les cinq hommes présents ont également écopé de peines d’amendes entre 8 000 et 50 000 €. La société a été condamnée à une peine d’amende de 10 000 €. La confiscation des scellés a été prononcée. Une disjonction a également été prononcée à l’égard de l’un des prévenus, qui comparaîtra pour les mêmes faits le 29 octobre prochain. Dans l’attente, il est maintenu sous contrôle judiciaire.