Publié il y a 37 min - Mise à jour le 31.05.2026 - La rédaction - 15 min  - vu 369 fois

ÇA RESTE ENTRE NOUS Les indiscrétions de la semaine

Bouad, Bouget, Giraudier et les autres : les dessous de la vie politique et économique gardoise cette semaine !

Le Sénat aujourd’hui, le Département demain. La séquence des sénatoriales qui a agité le Parti socialiste cette semaine a offert un spectacle que l’on croyait appartenir au passé. Le psychodrame autour du sénateur sortant Denis Bouad et de sa succession a mis au jour des tensions qui ont débordé jusqu’au sein de la majorité départementale. Plusieurs camps se sont affrontés avant d’aboutir à une issue inattendue : voir l’actuel locataire du Palais du Luxembourg décider de briguer un nouveau mandat. Cette séquence laissera des traces. Les prétendants à la succession ont en effet scruté avec attention la liste des signataires de l’appel réclamant le maintien de Denis Bouad. Un sénateur annoncé sur le départ, finalement décidé à rester. D’ailleurs, ni Fabrice Verdier, ni Alexandre Pissas, ni même Katy Guyot n’ont apposé leur signature au bas de ce texte. Sans doute échaudés par le comportement, pour le moins surprenant, du sénateur sortant. Car Denis Bouad a visiblement mal vécu le fait que l’annonce de son retrait n’ait pas suscité davantage d’émotion dans son propre camp. Certes, ses amis socialistes ont été surpris. Mais très vite, la politique ayant horreur du vide, les ambitions se sont déclarées. Et la mécanique des candidatures, s’est enclenchée. En septembre prochain, Denis Bouad devait tirer sa révérence. Sauf qu’il estime manifestement avoir encore des choses à apporter. Et comme personne n’a songé à lui proposer une porte de sortie ou une alternative au Sénat, il n’avait aucune intention de quitter la scène sans contrepartie. Le voilà donc reparti pour un tour. Reste à savoir avec qui. La communiste Cathy Chaulet devrait occuper la deuxième place sur la liste. Quant à la troisième, elle pourrait revenir à Juan Martínez, maire de Bellegarde. Ce dernier, aux côtés du maire de Marguerittes, s’est montré particulièrement actif pour mobiliser les signataires de l’appel en faveur de Denis Bouad. Certains y verront une stratégie parfaitement pensée. Le premier pourrait, en cas de démission du sénateur dans quelques années, se retrouver propulsé au Palais du Luxembourg. Le second nourrit des ambitions plus locales, avec les élections départementales de 2028 en ligne de mire. Et une présidence du Département qui semble lui faire de plus en plus les yeux doux. Le problème, c’est qu’ils sont désormais nombreux à convoiter cette fonction. À commencer par Olivier Gaillard. Le maire de Sauve apparaît aujourd’hui comme le successeur naturel de Françoise Laurent-Perrigot. D’ailleurs, il a déjeuné il y a quelques semaines avec Fabrice Verdier afin de préparer, entre autres, cette échéance. Une autre prétendante légitime pourrait également entrer dans la course : Nathalie Nury. La maire de Roquemaure, vice-présidente chargée de l’Éducation depuis l’ère Bouad, ne serait pas insensible à l’idée de succéder à l’actuelle présidente. Les profils sont nombreux, les ambitions assumées et les calculs déjà bien engagés. Mais, comme dans le célèbre jeu d’aventure de TF1, à la fin, il n’en restera qu’un. Et si la gauche ne parvenait pas à décrocher un deuxième siège au Sénat, le nombre de prétendants pourrait encore grossir. Avec, à la clé, une dose supplémentaire de castagne politique.

Bernard Clément, le revenant de l'Agglo. À plus de 70 ans, Bernard Clément signe un retour remarqué au sein de Nîmes Métropole. Le maire historique de Domessargues, qui avait pris quelque distance avec l’exécutif communautaire sous le mandat de Franck Proust, retrouve aujourd’hui une place de choix avec l’arrivée de Vincent Bouget à la présidence. Il faut dire que l’homme pèse dans le paysage politique gardois. Membre du Parti communiste depuis plus de cinquante ans et maire depuis trente-cinq ans, Bernard Clément fait figure de vétéran. Désormais président du PETR Garrigues et Costières, il occupe surtout l’un des postes les plus stratégiques de l’agglomération : vice-président délégué au service public de l’eau, à la gestion des milieux aquatiques et à la prévention des inondations. Un portefeuille loin d’être anodin. Et pour cause : l’un des dossiers les plus sensibles du mandat l’attend déjà. Il s’agit du renouvellement du contrat de délégation du service public de l’eau, actuellement détenu par Veolia. Une décision structurante dont les conséquences se feront sentir pendant de nombreuses années. « Il n’avait pas la réputation d’être un gros travailleur. Mais cette fois, il n’aura pas vraiment le choix. Les décisions qui seront prises engageront durablement l’avenir du territoire et de Nîmes Métropole », confie, sous couvert d’anonymat, un élu communautaire.

Alexandre Pissas, le grand silencieux. La séquence des sénatoriales qui a secoué le Parti socialiste gardois est riche d’enseignements. Elle aura des conséquences sur les prochaines élections départementales, comme nous l’évoquions plus haut. Mais elle révèle aussi des postures, des rancœurs et des silences. À commencer par celui d’Alexandre Pissas. Le maire de Tresques faisait partie des candidats naturels à la succession de Denis Bouad en cas de retrait de ce dernier. Pourtant, depuis l’annonce du retour du sénateur sortant dans la course, le patron du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS) est resté discret. « Il ne dit rien, mais n’en pense pas moins », glisse l’une de nos sources. « La dernière fois, il a été beau joueur. Cette fois, alors que le Sénat lui tendait les bras, il se retrouve, mis de côté. À son âge, il sait que c’était probablement sa dernière chance… » Une frustration d’autant plus compréhensible que plusieurs responsables socialistes rappellent que l’avenir politique du maire de Tresques pourrait rapidement se compliquer. Son canton apparaît aujourd’hui fragilisé par la poussée électorale du Rassemblement national. « Avec les victoires successives du RN, les chances de conserver ce canton sont faibles. Dans deux ans, Alexandre Pissas pourrait bien se retrouver à la retraite politique… », analyse un observateur averti de la vie politique gardoise. De quoi expliquer, au moins en partie, un silence qui en dit peut-être davantage que de longues déclarations.

Juan Martinez, numéro 3 ? À gauche, sauf improbable rebondissement, Denis Bouad devrait conduire la liste des élections sénatoriales du 27 septembre prochain. La deuxième place reviendrait à une représentante du Parti communiste, Cathy Chaulet. Quant à la troisième position, loin d’être anodine, elle pourrait être confiée à Juan Martinez. Proche du sénateur sortant, le maire de Bellegarde occuperait ainsi une place particulièrement stratégique. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à souligner qu’elle pourrait, à terme, lui ouvrir les portes du Palais du Luxembourg. « Il pourrait devenir sénateur si Denis Bouad venait à démissionner en cours de mandat », glisse un observateur averti de la vie politique gardoise. Les quatrième et cinquième places seraient réservées aux partenaires de la coalition de gauche. Les Écologistes devraient ainsi figurer sur la liste. Parmi les noms qui circulent avec insistance, on retrouve Béatrice Leccia, co-secrétaire des Écologistes dans l’ex-région Languedoc-Roussillon, mais aussi le militant alésien Frédéric Kalfon. Autre allié incontournable : le Parti radical de gauche. Plusieurs personnalités sont évoquées, dont Gilles Guillaud, élu nîmois et ancien directeur des relations avec les collectivités dans le Gard pendant une décennie. Le nom de Monique Novaretti, conseillère régionale, revient également avec insistance. Une composition qui reste encore à affiner mais qui dessine déjà les équilibres recherchés par la gauche gardoise : assurer la réélection de Denis Bouad tout en ménageant ses partenaires. Reste à savoir si cette architecture suffira à conserver, voire à renforcer, la représentation de la gauche au Sénat.

Franck Proust, le rebond européen. À l’occasion de la dernière session du Comité européen des régions, organisée à Bilbao (Espagne), l’ancien président de Nîmes Métropole, Franck Proust, a appris une bonne nouvelle. Il a été nommé deuxième vice-président du groupe PPE (Parti populaire européen), avec une délégation en charge des relations avec le Parlement européen. Une distinction politique qui a sans doute redonné le sourire à celui qui a perdu les dernières élections municipales à Nîmes. « Il existe une reconnaissance nationale et internationale de Franck Proust, mais aussi une mémoire de son travail à l’Europe lorsqu’il était député européen », souligne l’un de ses proches. Dans ses nouvelles fonctions, le Nîmois entend peser sur plusieurs dossiers stratégiques pour le territoire. Deux sujets figurent notamment parmi les priorités de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne assurée par Chypre : l’avenir des aéroports régionaux accueillant moins de 700 000 passagers par an et le projet de future base européenne de sécurité civile. Or, sur ce dernier dossier, la bataille s’annonce rude. « Il existe aujourd’hui une volonté des Chypriotes de rapatrier ce projet sur leur territoire. Nîmes pourrait perdre cette bataille. Franck Proust peut donc être un interlocuteur précieux pour Vincent Bouget », estime un observateur averti. Contacté, l’ancien locataire du Colisée ne cache pas sa détermination : « Jusqu’à mon dernier souffle, je défendrai Nîmes. » Une déclaration qui en dit long. Battu dans les urnes, Franck Proust n’a visiblement pas renoncé à peser sur l’avenir du territoire. Même depuis les bancs de l’opposition, Nîmes semble lui coller à la peau.

BHNM : l’aide de Nîmes Métropole déjà contestée. Comme révélé en exclusivité par Objectif Gard en fin de semaine, Nîmes Métropole a décidé d’apporter un soutien financier exceptionnel au Bouillargues Handball Nîmes Méditerranée (BHNM) jusqu’à la fin de l’année 2026. Une aide qui transitera par les budgets de communication et de protocole de l’agglomération. Si l’exécutif communautaire refuse de communiquer le montant exact de cette participation, nos informations font état d’une enveloppe de 76 000 euros. Une somme correspondant à la moitié de la subvention qui avait été supprimée sous la précédente mandature. « Cette décision marque la volonté de l’Agglomération de renouer des liens constructifs avec le BHNM, acteur majeur du territoire et emblématique du sport féminin de haut niveau sur Nîmes Métropole », explique le service communication de l’Agglomération. Mais cette aide est-elle juridiquement sécurisée ? La question commence déjà à circuler dans les couloirs de l’institution. « Avant une éventuelle prise de compétence en matière de sport de haut niveau, le préfet pourrait retoquer la délibération », avance un élu communautaire. « Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Il aurait sans doute fallu engager d’abord les discussions avec les maires pour récupérer la compétence sport avant de décider cette aide exceptionnelle. » Une analyse que ne partage pas un proche du nouveau président. « Vincent Bouget ne fait aujourd’hui que respecter un engagement de campagne. Par ailleurs, cette subvention exceptionnelle est fléchée vers des actions de communication et de protocole. Franck Proust ne s’est pas privé de procéder de la même manière avec l’USAM, le Nîmes Olympique ou encore le Rugby Club Nîmois... » Au-delà du débat juridique, cette décision constitue surtout un marqueur politique fort du début de mandat. Une façon pour Vincent Bouget d’afficher sa volonté de retisser des liens avec certains acteurs du territoire et de rompre avec les choix opérés par son prédécesseur.

Nîmes Olympique : la Ville veut des garanties. L’intersaison du Nîmes Olympique pourrait être tout sauf un long fleuve tranquille. Après le départ forcé de l’entraîneur, la fausse démission de Yannick Liron et les récentes polémiques qui agitent le club, la nouvelle municipalité observe la situation avec attention. Au point d’envisager d’exiger des garanties avant tout nouvel engagement financier en faveur du NO. « Les tensions de ces derniers jours et les révélations sur certaines conventions opaques, ou à tout le moins peu claires, n’ont pas aidé », glisse un acteur du dossier. « Il y a aussi la question du contrat fédéral de joueur du directeur sportif, qui pourrait s’apparenter à un emploi fictif », poursuit notre interlocuteur. Du côté de l’Hôtel de Ville, on rappelle qu’aucune prise de parole officielle n’a été effectuée depuis le début de cette séquence agitée. Une discrétion assumée. « Nous ne pratiquons pas l’ingérence comme pouvait le faire l’ancienne municipalité », assure un proche du maire. « En revanche, nous allons demander à l’Association la transmission des comptes et de l’ensemble des documents nécessaires à leur vérification. Si tout est conforme, il n’y aura aucune difficulté. Mais si des anomalies sont constatées, cela pourrait avoir des conséquences. Nous prendrons alors nos responsabilités. Il est hors de question que des élus se retrouvent devant les tribunaux ou soient épinglés par la Chambre régionale des comptes. » Une position qui témoigne d’un changement de méthode mais aussi d’une vigilance accrue. Car à Nîmes, chacun sait que le dossier du Nîmes Olympique dépasse largement le cadre sportif. Et qu’après plusieurs années de turbulences, la confiance ne se décrète plus : elle se démontre.

La pelouse, un dossier sensible. Certains à l’Hôtel de Ville s’en souviennent comme si c’était hier. Et pour cause. En 2009, le Nîmes Olympique fait refaire la pelouse du stade des Costières pour un montant d’environ 350 000 euros. Rapidement, la justice s’interroge sur les conditions d’attribution du marché, alors que l’équipement appartient à la Ville de Nîmes. Une enquête est ouverte pour de possibles faits de favoritisme et de détournement de fonds publics. En 2011, plusieurs dirigeants du club, dont le président Jean-Louis Gazeau, sont placés en garde à vue. Après plus de dix années de procédure, l’affaire se conclura finalement par un non-lieu général. Mais près de vingt ans plus tard, ce précédent reste dans toutes les mémoires. Car le sujet revient aujourd’hui sur la table. Dans quelques jours, la Ville deviendra officiellement propriétaire du stade des Antonins. Or, elle ne dispose pas en interne des moyens techniques nécessaires pour assurer l’entretien de la pelouse. Depuis plusieurs semaines, des discussions sont engagées entre la municipalité et la SAS Nîmes Olympique Ensemble afin de trouver une solution. Mais les négociations semblent loin d’être abouties. « La SAS nous a communiqué des chiffres mirobolants. C’est inacceptable », explique une source municipale. « Nous allons donc lancer un appel d’offres afin d’identifier un prestataire. À partir des propositions reçues, nous serons en mesure de prendre une décision. Si la SAS Nîmes Olympique Ensemble se positionne et présente l’offre la plus avantageuse, elle pourra alors être intégrée à la future convention juridique. » Le message est clair : hors de question de reproduire les erreurs du passé. À l’heure où la municipalité promet davantage de transparence dans sa gestion des affaires publiques, chaque euro dépensé autour du Nîmes Olympique sera scruté avec attention. Près de vingt ans après l’affaire des Costières, personne n’a envie de revivre une nouvelle polémique autour d’une pelouse. Un homme averti en vaut deux.

Après le succès, l’incertitude. La pégoulade de cette Feria de Pentecôte 2026 a incontestablement marqué les esprits. Consacrée à l’univers de la bande dessinée, elle a touché sa cible et même au-delà. Les spectateurs étaient au rendez-vous, en nombre, et les retours se sont révélés unanimement positifs. Un succès populaire qui aurait pu garantir des lendemains sereins à ses organisateurs. Mais la nouvelle municipalité ne semble pas disposée à se laisser griser par cette réussite. Selon nos informations, la Ville envisage de lancer dans les prochains mois une mise en concurrence afin de remettre en jeu l’organisation de l’événement et d’ouvrir la porte à d’autres acteurs. Une perspective qui suscite déjà quelques interrogations. « L’association qui porte la pégoulade depuis plusieurs années ne semble pas vraiment en odeur de sainteté auprès de la nouvelle majorité », glisse un élu de l’opposition. « Malgré un succès unanimement salué, ses responsables n’ont même pas reçu un message de remerciement. Peut-être que cette absence de message était déjà un message en soi... » À l’Hôtel de Ville, on met en avant la volonté de garantir l’équité et la transparence dans l’attribution des grands rendez-vous festifs. Reste que la décision sera observée de près tant la pégoulade constitue l’un des symboles les plus populaires de la Feria. Comme le veut l’adage, pas de nouvelle, bonne nouvelle. Mais en politique, le silence est parfois tout sauf anodin.

Bouget, ce mélenchoniste. Les 3, 4 et 5 juillet prochains se tiendra le 40e congrès du Parti communiste français. Un rendez-vous majeur pour les militants, appelé à définir les grandes orientations du parti pour les années à venir et, surtout, à préparer l’échéance présidentielle de 2027. À cette occasion, deux lignes politiques s’affrontent ouvertement. D’un côté, le texte intitulé « Un communisme de conquête », qui prône une affirmation forte du PCF et une prise de distance assumée avec La France insoumise. L’objectif : présenter un candidat communiste à la présidentielle et préserver l’autonomie politique du parti. Dans le Gard, cette orientation rassemble près de 160 personnalités parmi lesquelles Christian Bastid, Claude Cerpédès, Patrick Malavieille, Alain Clary, Ghislain Chassary, Isabelle Fardoux-Jouve ou encore Sylvette Fayet. Tous soutiennent la ligne défendue par le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel. Face à eux, une autre sensibilité s’organise. On y retrouve notamment le maire de Nîmes, Vincent Bouget, mais aussi Denis Lanoy ou Frédéric Deschamps. Ces derniers sont favorables à une stratégie de rassemblement de la gauche qui passerait par l’absence de candidature communiste autonome en 2027. « Et donc, à la fin, à un soutien de Jean-Luc Mélenchon », tranche un acteur majeur du communisme gardois. Le sujet est explosif. Car derrière la question de la candidature se cache en réalité le rapport qu’entretient le PCF avec La France insoumise et son leader. « Comme Fabien Roussel, nous appelons à l’unité des communistes, comme nous avons toujours su le faire dans notre histoire », explique un responsable local. « Avec Jean-Luc Mélenchon, nous aurons une offre politique clivante. Et si un duel devait l’opposer au Rassemblement national au second tour, ce serait très compliqué... » À moins d’un an de la présidentielle, le débat n’en est qu’à ses débuts. Mais dans le Gard, une chose est déjà certaine : derrière les enjeux nationaux se dessinent aussi des lignes de fracture locales. Et le positionnement de Vincent Bouget ne passe pas inaperçu dans sa propre famille politique.

Le grand mercato administratif. Comme nous l’indiquions la semaine dernière dans ces colonnes, l’ère Bouget s’accompagne d’un important mouvement au sein de l’administration municipale. Après le départ de Farid Hadjaz, directeur général adjoint en charge des Festivités, de la Tauromachie et de la Jeunesse, le jeu des chaises musicales se poursuit. Selon nos informations, Jean-Yves Wozniak, directeur général des services techniques, devrait prochainement quitter Nîmes pour rejoindre Avignon. Il y retrouverait son ami Christophe Madalle, récemment nommé directeur général des services de la cité des papes. Anne Calvini, compagne de ce dernier, pourrait également suivre le même chemin. D’autres évolutions sont annoncées dans les prochaines semaines. Sandrine Ratajczak, actuelle directrice générale adjointe chargée de l’Éducation et de la Transformation de l’action publique, devrait quitter ses fonctions pour retrouver un poste de chargée de mission. Michel Watzky, directeur délégué aux Affaires juridiques, serait quant à lui poussé vers la retraite. Dans le même temps, plusieurs arrivées se dessinent. Nadège Molines, actuelle directrice de l’association Table Ouverte, est annoncée avec insistance. Tout comme Bernard Carbuccia, aujourd’hui directeur des arènes d’Istres. Un recrutement qui nourrit une hypothèse déjà largement commentée dans les couloirs de l’Hôtel de Ville : celle d’une future mise en régie des spectacles taurins. Reste un autre dossier particulièrement observé : celui de la direction générale des services de Nîmes Métropole. Alors qu’un ancien haut fonctionnaire de la Cour des comptes, aperçu durant toute la Feria, était annoncé favori, cette piste semble aujourd’hui écartée. « La fiche de poste a été finalisée cette semaine et sera prochainement diffusée. Officiellement, nous devons attendre le départ de Monsieur Lhereux », explique-t-on dans les couloirs de l’Agglomération. Autre nom qui circule avec insistance : celui de Jérôme Talon, ancien directeur général des services de Bagnols-sur-Cèze. « Il a bien fait acte de candidature », nous assure une source particulièrement bien informée. Ni l’entourage de Vincent Bouget ni l’intéressé ne souhaitent confirmer cette information. Mais chacun le sait : à Nîmes, comme à Rome, il n’y a jamais de fumée sans feu. Surtout dans la petite Rome.

Giraudier-Bouget, l’alliance improbable. Éric Giraudier a convié la presse, vendredi midi, à un déjeuner de travail. L’occasion pour le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Gard de présenter les grands dossiers qui occuperont l’institution dans les prochains mois, mais aussi de revenir sur plusieurs réussites récentes. Comme souvent lors de ce type de rendez-vous, le moment le plus intéressant est arrivé au moment des échanges informels avec les journalistes. Un exercice que le patron de la CCI affectionne particulièrement, lui qui aime commenter aussi bien l’actualité économique que les soubresauts de la vie politique locale. Sur les élections sénatoriales, malgré l’insistance de plusieurs convives, Éric Giraudier a officiellement botté en touche. Officiellement seulement. Car en coulisses, le représentant des entreprises gardoises continue de suivre le dossier avec attention. Et ne prendra sa décision qu’à une condition : avoir la certitude de pouvoir décrocher un siège dans des conditions favorables. En revanche, lorsqu’il est question de Magna Porta, la future zone d’activité autour de la gare Nîmes-Pont du Gard, le président de la CCI se montre beaucoup plus disert. Et nettement plus critique. Sans jamais le nommer directement, il n’a pas hésité à égratigner le bilan de l’ancienne majorité communautaire. « Rien n’a été fait et nous n’avons même pas été consultés pour donner notre point de vue », résume-t-il. Puis il poursuit : « NGE a obtenu un contrat sur plusieurs années sans que, pour le moment, cette entreprise nous ait démontré toute l’efficacité attendue sur ce dossier. » Avant de plaider pour une implication plus forte de la Chambre consulaire : « Gratuitement, nous aurions pu mobiliser les services de la CCI, comme nous l’avons fait sur d’autres zones d’activité où les résultats ont été probants. J’ai rencontré récemment Vincent Bouget et ses équipes. Ils semblent ouverts à cette option. Nous verrons bien... » Un Éric Giraudier critique envers Franck Proust et trouvant une oreille attentive auprès de Vincent Bouget : il y a encore quelques mois, en pleine campagne municipale, peu auraient parié sur un tel rapprochement. Comme quoi, en politique locale, les alliances les plus improbables finissent parfois par devenir les plus intéressantes.

Quand CNews fait la Feria. À la Feria de Pentecôte, le week-end dernier, les Nîmois ont profité des festivités. Les touristes aussi. Et parmi eux, quelques visages connus. Une personnalité n’est pas passée inaperçue : le journaliste de CNews Gauthier Le Bret. Quelques jours avant l’événement, le présentateur de 100 % Politique avait d’ailleurs annoncé à l’antenne sa venue à Nîmes pour profiter de la Feria. Sur place, le protégé de Pascal Praud a immortalisé son séjour familial sur les réseaux sociaux. Corridas, déambulations dans l’Écusson, bodegas privées et tables réputées de la ville : le journaliste semble avoir pleinement profité de son passage gardois. « Oui, il est passé chez nous. Mais il vient quasiment à chaque Feria et, cette année encore, on l’a vu un peu partout », sourit un restaurateur nîmois bien connu. Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, Gauthier Le Bret n’était pas le seul représentant de la sphère médiatique et politique parisienne à avoir fait le déplacement. Des proches de Jordan Bardella, président du Rassemblement national, auraient également été aperçus dans les allées de la Feria. Simple coïncidence ou effet carnet d’adresses ? Une chose est certaine : au-delà des toros et des bandas, la Feria de Nîmes reste aussi un lieu de rencontres, de réseaux et parfois de discrètes conversations politiques.

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
La rédaction

Politique

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio