C’est un évènement violent qui est encore dans toutes les têtes. Mardi 3 février dernier, une professeure d’art plastique avait subi une attaque au couteau, de la part d’un élève de 3e. Aujourd’hui sortie de soins intensifs, l’enseignante garde tout de même des séquelles. Une situation grave, qui a poussé David Crunelle, à faire le porte-parole d’une corporation impactée et qui se sent menacée.
Le secrétaire adjoint du SNES (Syndicat National des Enseignants du Second Degré, NDLR) du Gard, s’est confié pour Objectif Gard. Les professeurs du Bosquet, où il enseigne l’anglais, a tenu à ce que ces collègues, allègent leurs consciences, en échangeant ensemble : « Certains enseignants ont accentué sur la sécurité. C’était difficile de reprendre les cours sans en parler. La cheffe d’établissement a été compréhensible. Des AED sont venus avec nous », confiait David Crunelle.
Un climat de sécurité « dégradé »
Mercredi 4 février, au lendemain de l’attaque, qui a résonné dans tous les collèges de France et du Gard, les cours avaient commencé à 8h30 au lieu de 8h. Une manière de montrer qu’ils plient mais ne compte pas rompre. « L’école doit rester un lieu préservé́ de toute violence, élèves comme personnels. C’est aussi pour alerter sur la dégradation constante du climat de sécurité́ dans lequel les personnels de l'Éducation Nationale exercent leurs missions », explique-t-il dans un communiqué transmis.
Une psychologue pour 1600 élèves
Car pour l'enseignant, également membre de la formation spécialisée Santé Sécurité et Conditions de Travail Départementale (F3SCTD), des solutions existent pour améliorer le quotidien des professeurs, dans le Gard et ailleurs. Mais rien ne tombe du ciel : « Comme dans tous les collèges de France, il n’y a pas de solution miracle ». Avant de prendre l’exemple de l’établissement bagnolais : « Il n’y a pas de personnel médico-sociaux. Nous avons une psychologue pour 1600 élèves. Nous avons besoin au sein des établissements d’avoir des spécialistes et des personnes formées. Les collègues sont fatigués », souffle-t-il, en voulant « se faire le relais » d’une situation de plus en plus intenable. Mettre en place des portiques à l’entrée des établissements scolaires, n’est pas une solution prioritaire pour ce représentant syndical.
En 2025, 73 procédures de violences scolaires ont été déclarées dans le Gard, preuve que ce fléau « ne sort pas de nulle part ». Les représentants syndicaux veulent garder le cap et font bloc : « La sécurité des personnels et des élèves ne peut faire l'objet d'aucun compromis. »
En cas de violences subies, un professeur peut contacter une cellule et un représentant pour se faire entendre. Plus de précisions ici.