C’était l’an dernier, peu avant les fêtes. Quatre élues nîmoises apparaissent dans un clip de campagne, en faveur du candidat Franck Proust. Le casting : Claude de Girardi, Valentine Wolber, Tiphaine Leblond et Muriel Thomas. En train de remonter l’avenue Feuchères, chacune explique alors les raisons de son soutien au président de l’Agglo : « Un homme à l’écoute », « avec la culture du résultat », « largement au-dessus de la mêlée ». Cette vidéo a été visionnée plus de 28 000 fois avec des commentaires, pas très élogieux, qualifiant ces élues de « drôles de dames ».
Si l’intention paraît pertinente de mettre en avant des élues, la scène s’apparente surtout à un exercice de communication, aux éléments de langage si répétés qu’ils peinent à convaincre. Pour faire mouche auprès des administrés, aurait-il été préférable de mettre en avant les réalisations portées par ces adjointes durant le mandat ? Pertinente ou non, cette figuration n’a visiblement pas permis à Franck Proust d’enregistrer de fortes intentions de vote dans l’électorat féminin*. Selon notre sondage OpinionWay / Objectif Gard, le candidat LR-Horizons-UDI récolte 21 % d’intentions de vote, au second tour, dans son score total de 29 %.
En comparaison, son rival de la gauche unie (hors LFI), Vincent Bouget, récolte 49 % de suffrages féminins, sur des intentions de vote totales de 44 %. Si l’on regarde à la loupe les intentions de vote des six candidats aux municipales, l’électorat féminin se porte davantage vers des candidats radicaux, de type LFI ou RN. Concernant Franck Proust, y aurait-il d’autres raisons de ce désamour ? Dans sa campagne municipale, Franck Proust a bien tenté de s’adresser aux femmes, en expliquant que « certaines avaient peur de courir ». Et de proposer la mise en place de parcours sécurisés avec bornes d’urgence, notamment dans le futur parc Jacques-Chirac.
Pour autant, la stratégie ne semble pas porter ses fruits. Est-ce vraiment une priorité pour les femmes aujourd’hui ? Au début de son mandat, l’arrêt des subventions aux clubs féminins a provoqué une polémique que le président de Nîmes métropole n’avait peut-être pas mesuré. L’an dernier, en novembre, la publication du rapport sur l’égalité femmes-hommes n’avait pas montré une volonté de la majorité de s’illustrer dans cette thématique. Certes, l’émancipation de la femme n’est pas une priorité. Au même titre que la sécurité ou la santé. Il s’agit d’un choix politique.
« Oui, il y a du progrès à faire sur plein de sujets, mais qui ne relèvent pas de cet hémicycle », répondaient de concert Franck Proust et Tiphaine Leblond, l'élue chargée de la promotion de l’égalité femmes-hommes à l’Agglo.
*En France, les femmes exercent leur droit de vote depuis 81 ans.