Samedi dernier, en fin de matinée, de nombreuses personnes étaient rassemblées à l'intersection de la rue Pierre Sémard et de la rue de Beaucaire. Un moment solennel où l'historique plan Vacher était officiellement renommé square Odile Assmann. Née en 1917, cette assistante sociale est arrivée à Nîmes en 1952. Cette croyante a consacré sa vie à une idée simple et puissante : personne ne doit rester seul ni avoir faim. Ainsi, en 1986, elle fonde l'association Table Ouverte. Pendant 28 ans, elle organise la distribution de repas chauds, le don de vêtements et surtout un accueil humain. Jusqu'à 95 ans, elle aidera son prochain avant de décéder en 2014.
"Aujourd'hui nous faisons le choix d'honorer une femme dont la vie fut consacrée à la dignité des plus fragiles", a tenu à souligner le maire Jean-Paul Fournier présent pour l'une de ses dernières inaugurations. Une femme pleine de foi et d'énergie dont un hommage poignant a été rendu par sa fille aînée, Cécile : "maman quel bonheur de t'avoir eu pour mère, grand-mère, parent, ami, même s'il a fallu souvent te partager. Mais ton coeur était si grand que tout était possible."
"Elle savait interpeller les élus"
Avec Table Ouverte, Odile Assmann a créé bien plus qu'un lieu de repas mais un espace de dignité, de rencontres et de solidarité, où chacun est accueilli sans condition. "Face à la précarité, elle ne commentait pas : elle agissait. Elle savait interpeller les élus, rencontrer les instutitions, écrire à la préfecture, défendre un dossier avec rigueur. Elle revenait, insistait, argumentait", a mis en avant Pietro Truddaiu, président de l'association qui fêtera donc ses 40 ans cette année.
Elle a aussi contribué à la création de la Banque alimentaire dans le Gard. "Son héritage est vivant. Il continue dans chaque action menée, dans chaque bénévole engagé, dans chaque personne accompagnée. Chaque rire d'enfant ici, chaque rencontre, chaque moment partagé prolongera quelque chose de son engagement", abonde Pietro Truddaiu. Par son engagement discret, constant et profondément humain, Odile Assmann a marqué durablement la vie de nombreux habitants et inspiré des générations de bénévoles. Une dénomation pour rappeler que la solidarité n'est pas un concept, mais un acte quotidien.