Publié il y a 2 h - Mise à jour le 17.02.2026 - Rose Macauley - 3 min  - vu 101 fois

AU PALAIS Home-jacking, un gendarme : « Chacun avait un rôle défini »

Violence, arme, vol

Plusieurs couples ou femmes seules ont été victimes de ces scènes de violence.

- Maxim Hopman

Corpulence des prévenus, mode opératoire, victimes visées et butin récolleté, tout porte à croire en la culpabilité des deux accusés, selon les gendarmes. L’instruction de l’affaire se poursuit aujourd’hui.

Ce sont les faits du 8 mai 2024 qui ont permis de faire avancer l’enquête autour de ces nombreux home-jackings, survenus au printemps de la même année. Pour rappel, ils se sont déroulés entre le 21 avril et le 28 mai 2024 et ont été le théâtre de violences et de menaces. Les deux prétendus cambrioleurs comparaissent depuis hier devant la Cour criminelle du Gard. En fin d’audience, lundi 16 février 2024, trois militaires de la gendarmerie nationale sont venus exposer leur enquête, conduisant à l’interpellation de Dominique et Manuel, en juin 2024.

Saisis des faits survenus à Caveirac, le 8 juin 2024, l’adjudant-chef de gendarmerie fait état du mode opératoire de ces home-jackings sur seniors. Ce jour-là, les deux victimes âgées de 85 ans, atteintes pour l’une de la maladie de parkinson et pour l’autre de difficultés cardiaques, ont été surprises par la sonnette de leur logement caveiracois. De l’autre côté de la porte, un individu capuche et armé a repoussé l’octogénaire venue à sa rencontre. La femme est alors tombée au sol. Une fois relevée, deux hommes inconnus se trouvent dans son salon. Alerté par le bruit, son mari est intervenu, lui valant deux claques à l’arrière de la tête, selon sa déposition.

Un surveille, l’autre fouille

« Chacun avait un rôle bien défini », explique le gendarme. Pendant que l’un des cambrioleurs tient en joue la ou les victimes, l’autre fouille leur domicile à la recherche d’or, de liquidités ou encore de bijoux. Bijoux qu’il n’hésite pas à arracher directement du coup ou des doigts de leurs victimes. Les téléphones portables de valeur sont également les cibles de ces deux malfrats, repartis avec l’iPhone 13 de l’une de victimes, lors du cambriolage de Caveirac. Il a été sorti par l’un des habitants du logement, tentant de prévenir la police. « Si vous parlez à la police ou vous bougez, on vous tue », aurait alors lancé l’un des deux hommes, avant de lui asséner une gifle. Pour augmenter la pression sur leurs victimes, l’arme, d’un petit calibre, a ensuite été placée sur la tempe de la femme. Les deux prétendus cambrioleurs se sont ensuite enfuis, s’arrêtant non loin d’un distributeur, leur permettant de retirer trois fois la somme de 300 € sur le compte de leur deux victimes.

« On a procédé par recoupement », lance l’un des adjudants-chefs venus parler de l’enquête face à la cour. L’analyse de la téléphonie des accusés, leur description physique, apportée par les différentes victimes et le bornage du téléphone volé, ont permis de désépaissir le mystère autour des auteurs de ces vols. Mais c’est la vidéosurveillance et le suivi du véhicule utilisé par les accusés qui a permis de les identifier. Une opération menant ensuite à leur interpellation. Il est notamment fait état d’une Clio 2 grise, disposant d’une aile blanche et de détails de carrosserie noirs, qui aurait été aperçue au niveau de plusieurs des lieux visés et aux heures de différents home-jackings. Un Peugeot 208 blanche fait également partie des véhicules ayant fait l’objet de surveillances. Il a été géolocalisé au niveau des villes de Milhaud et de Nîmes entre les 5 et 8 mai 2025, dates de survenance d’autres cambriolages chez des seniors. Le 21 avril 2025, une tentative de home-jacking a eu lieu à Caissargues. Déçus de leur échec, les deux individus ont recommencé à Bernis, « trente minutes après », explique l’adjudant-chef de gendarmerie.

Un mode opératoire
bien rodé

Lors de chacun de leurs cambriolages, les deux accusés auraient procédé de manière quasi-identique. Pour commencer, l’un d’eux sonne chez leur cible, prétextant chercher un lieu identifié, pour vérifier que la victime est seule et qu’il s’agit bien d’une personne âgée vulnérable. « Il prétend demander la direction du boulodrome, puis repart dans le sens inverse de celui indiqué », explique un gendarme. Une fois la cible validée, les deux hommes se présentent de nouveau à son domicile, parfois même quelques heures après le repérage effectué en amont. « L’un sonne, le second se dissimule », raconte le militaire. C’est alors que le piège se referme. Une fois la porte ouverte, l’homme armé braque sa victime et l’autre pénètre dans son domicile. Plusieurs victimes, dont des veuves, ont été surprises de la sorte.

« C’est un maigre butin », soutient l’adjudant-chef de gendarmerie, faisant état des quelques centaines d’euros récupérés en liquide et des bijoux, parfois même sans valeur, arrachés à leur propriétaire. Un nouvel indice permettant de regrouper les cambriolages et de les imputer à Dominique et Manuel. En cette deuxième journée de procès, la parole va être donnée aux différentes victimes, puis à leurs conseils respectifs, permettant alors d’éclairer la cour sur les retentissements de telles scènes de violences.

>> Lire aussi : Home-jacking : « On a fait des erreurs de jeunesse »

Il vous reste 80% de l'article à lire.

Pour continuer à découvrir l'actualité d'Objectif Gard, abonnez-vous !

Votre abonnement papier et numérique
à partir de 69€ pour 1 an :

  • Votre magazine en version papier et numérique chaque quinzaine dans votre boite aux lettres et en ligne
  • Un accès illimité aux articles exclusifs sur objectifgard.com
Rose Macauley

Justice

Voir Plus

A la une

Voir Plus

En direct

Voir Plus

Studio