Déjà venu dans le Gard, notamment à Nîmes en 2019, l’humoriste garde un souvenir marqué de ses passages dans le sud. Pour lui, la région est synonyme de vacances pour les gens du Nord, dont il est originaire. "La lumière, le climat, la façon de vivre… tout joue sur le tempérament des gens", confie-t-il, soulignant l’accueil chaleureux et détendu du public local. "Ici, les gens sont extrêmement détendus. Quand on joue, on sent que le public est avec nous", continue-t-il. C'est cette magie de la tournée, permettant de traverser des paysages totalement différents d'un jour à l'autre, qui l'anime.
Son spectacle "Le Droit au bonheur" est un peu comme une suite de toute la carrière qu'il a pu accomplir. Il poursuit l’exploration de thèmes qui ont fait son succès : le couple, la famille, la belle-mère… mais aussi désormais ses enfants. Fidèle à son style, il aborde ces sujets avec une mauvaise foi assumée et un sens aigu de l’autodérision. Dans ce nouveau seul-en-scène, il s’interroge : "Quand est-ce que moi, j’aurai le droit au bonheur ?". Une quête universelle qu’il traite avec humour, en multipliant les situations absurdes et les réflexions décalées. Le résultat : un spectacle rythmé où chaque phrase est pensée pour faire rire.
Habitué à puiser dans sa vie personnelle, l’humoriste n’épargne pas ses proches sur scène. Mais loin de créer des tensions, cela semble faire partie du quotidien familial. Ses enfants, adolescents, participent même parfois à l’écriture, devenant une source d’inspiration directe : "Ils ont toujours connu ce métier, donc pour eux, c’est normal", explique-t-il avec humour, ajoutant que leurs appels en tournée concernent surtout… des demandes d’argent de poche.
La scène : le dernier espace de liberté
Dans un contexte où l’humour télévisé est de plus en plus scruté et critiqué, Olivier de Benoist défend le spectacle vivant comme un espace de liberté essentiel. "C’est le dernier endroit où l’on peut tout dire et tout entendre", affirme-t-il, expliquant en partie le succès des tournées actuelles. Et face au déclin du petit écran, les réseaux sociaux prennent le relais, et permettent à des jeunes artistes d'émerger. Un nouveau terrain d'expression où tout le monde est à égalité, sans favoritisme ou piston : "Je me suis moi-même mis sur Instagram un peu plus sérieusement. Je remarque effectivement qu'on capte un nouveau public. Je trouve que c'est assez génial, parce que ça permet à n'importe qui de pouvoir se montrer. J'aime beaucoup cette idée-là", exprime-t-il.
Actuellement, Olivier de Benoist coécrit un film, dont il espère le tournage dans les prochains mois. "C'est une autre écriture, mais c'est un challenge qui me plait beaucoup", assume-t-il. Quelque chose qu'il préfère garder encore un peu secret. Mais il n'oubliera surtout jamais ce qui l'anime depuis le début : parler aux gens dans le cadre du spectacle vivant. Avec 200 à 250 dates par tournée, l'artiste vit pleinement de son métier et savoure chaque instant passé. "J'ai eu la chance d'avoir ce talent depuis que je suis enfant, d'être le comique de la famille, comme on dit. Savoir qu'à 50 ans, j'en vis très bien, c'est quand même quelque chose d'assez irréel", développe-t-il. À la base destiné à être avocat, Olivier de Benoist a trouvé un autre public pour sa plaidoirie.