Pour la troisième fois de son histoire, le musée Réattu collabore avec l'artiste arlésien Christian Lacroix. Si l'exposition de 2008, dont il était à la fois commissaire et scénographe, mettait en avant son travail pour la haute couture, et celle de 2012 son travail de costumier pour le théâtre et l'opéra, l'exposition de 2026 entend dévoiler un aspect moins reconnu de son génie créatif : le dessin.
Entre 2015 et 2024, l'artiste a mis en dépôt au musée un ensemble de 69 dessins réalisés à l'époque de sa maison de haute couture (de la fin des années 1980 aux années 2000). La présence de ces dessins, qui perpétue un goût pour les arts graphiques entretenu dans les collections du musée depuis Jacques Réattu et Pablo Picasso, est devenue le point de départ d'une réflexion plus large sur la place du dessin en tant que travail préparatoire ou pratique artistique libre chez cet artiste aux multiples facettes.
Le dessin est à la base de tous les projets de Christian Lacroix – costumes de scène, illustration de livres, design, etc. – mais il se révèle surtout être un mode d'expression artistique fondamental, présent dès son plus jeune âge. Sans formation académique, il a su développer un dessin d’une grande virtuosité, utilisant des médiums très variés : crayon, feutre, encre, gouache, acrylique, palette graphique, collage... Son geste est nourri par une immense culture visuelle et artistique, acquise d’abord de manière empirique, puis lors de ses études d’Histoire de l’Art.
Une traversée inédite du parcours de l’artiste
L'exposition retrace le chemin de l’artisan en herbe à l’artiste consacré, en s'appuyant sur un fonds de dessins inédits prêté par l’association « Archives Patrimoine Monsieur Christian Lacroix », récemment installée à Arles, ainsi que sur la présentation intégrale des 69 dessins pour la haute couture déposés au musée.
Ce fonds hybride réunit des dessins conservés depuis l’enfance, des dessins de mode, ainsi que des illustrations pour des livres et des magazines. Il révèle les thématiques — ou plutôt les totems — qui traversent toute l’œuvre : Arles, l’Arlésienne, la Provence, la Camargue, le taureau, la tauromachie, l’histoire du costume. Christian Lacroix n’a cessé de les revisiter, les détourner, les exagérer, les hybrider, avec humour et avec un souffle souvent épique, picaresque et opératique. Enfin, la diversité des supports — carnets d’hôtels, enveloppes, post-it, boîtes de médicaments — témoigne d’une nécessité absolue de dessiner. Le dessin apparaît comme la matrice d’un élan créatif qui se prolonge naturellement vers la peinture et la céramique, travaillées avec le même geste incisif et spontané.
Christian Lacroix dessinateur du 4 juillet au 4 octobre 2026 au Musée Réattu - Arles