Publié il y a 59 min - Mise à jour le 08.05.2026 - Yannick Pons - 3 min  - vu 56 fois

CULTURE Uzès seuls en scène : Alex Lutz ouvre le festival sous les ovations

Alex Lutz

- @Louis Josse

Ce mercredi soir, le Festival Uzès seuls en scène (Fuss) a ouvert son édition 2026 avec Alex Lutz et son spectacle Sexe, grog et rocking-chair. Des chevaux sur la scène de l'Ombrière, un humour fulgurant et une émotion intime ont accompagné le coup d’envoi du festival cher à Patrick Timsit.

Du 6 au 9 mai 2026, le festival Uzès seuls en scène revient à l’Ombrière avec une programmation construite autour du théâtre, du seul-en-scène, de l’humour et des rencontres artistiques. Créé et porté par Patrick Timsit, le rendez-vous annuel qui prend de l'ampleur, poursuit une ligne à taille humaine, familiale.

Entre autres, Philippe Corti, Philippe Caverivière, Marie-Claude Pietragalla, Danièle Thompson sont présents cette année. « On a été rapidement complet. Il y a ce lieu, l'Ombrière, qui paraissait trop grand et maintenant qui est trop petit, et puis il y a les bénévoles et les habitants qui se sont approprié ce festival », confie Patrick Timsit.

Alex Lutz, brillance scénique

Le coup d’envoi de cette édition a été confié à Alex Lutz. Ce mercredi, c'est donc l'artiste français, fraîchement moliérisé, qui a levé le rideau avec Sexe, grog et rocking-chair. Un spectacle de près de 2h30 présenté devant une Ombrière conquise, debout. Récompensé par le Molière de l’humour, ce seul-en-scène créé au Cirque d’Hiver a marqué le public uzétien par son équilibre, son introspection, son émotion et ses éclats de rire dans la salle. Touchant et brillant.

Jean, veste en denim de Nîmes bien entendu, tee-shirt blanc, santiags et cheveux blonds mi-longs, il apparaît coincé derrière une porte vitrée qui refuse de s’ouvrir. Tout semble bugger. Puis il revient sur scène à cheval sur Nilo, son cheval blanc, tournant lentement sur la piste imaginaire qu’il a recréée sur la scène de l’Ombrière, évoquant la mort récente de son père Gérard.

Le sujet qui pourrait être lourd est traité par Alex Lutz de façon légère, drôle mais bouleversante. Accompagné d’une bande-son rock, des Rolling Stones à Cat Stevens, il déroule un spectacle traversé de fulgurances humoristiques. Ça sonne juste du début à la fin.

Hilarant

L’un des moments les plus marquants reste cette séquence dans laquelle l'artiste décrit le corps qu’il rêverait d’avoir avant de pousser l’absurde jusqu’à faire dialoguer ses propres testicules, écrasées lors d'une chevauchée à moto. Une scène culte tant elle résume son art qui est de transformer une confidence intime en scène absurde traitée avec un calme déconcertant. Et le corps ? Une expressivité exceptionnelle dans laquelle chaque geste est précis, soigneusement étudié, terriblement vrai. Il joue les contradictions humaines, les gênes sociales, les tics sociaux, les maladresses, les comportements ridicules, les codes bourgeois, la violence ordinaire. Son visage raconte la blague avant même qu’elle soit dite. Avec Alex Lutz, la vitesse de la lumière est supérieure à celle du son.

Plus qu’un humoriste, Alex Lutz apparaît comme un véritable acteur de composition. Un artiste insolite. Du cavalier mélancolique au compagnon d’ivresse du père disparu, il passe d’un personnage à l’autre avec virtuosité, jouant autant avec les silences et les gestes que les dialogues.

Au fil du spectacle, l'artiste brosse aussi le portrait tendre et lucide de plusieurs générations, celle des soixante-huitards, idéalistes et cabossés, et celle de leurs enfants, élevés au chômage, au sida et aux incertitudes. Des générations qui tentent de se comprendre, parfois maladroitement, parfois trop tard.

Avec cette ouverture à la fois intime, drôle et profondément incarnée, Uzès seuls en scène a lancé une édition fidèle à son identité, un festival accessible, chaleureux, familial et centré avant tout sur la rencontre entre artistes et public.

Le programme complet est ici

 

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