Le public les admire à chaque capelado de la finale des As, de la Cocarde d’Or, lors de la Pegoulado ou des feux de la Saint-Jean. Depuis 120 ans, les danseuses et musiciens de l’Étoile de l’Avenir perpétuent une tradition bien ancrée. Le groupe vit au rythme des fêtes, transmet son savoir et s’adapte à son époque.
Tout a commencé en 1906 avec une poignée de danseurs. Aujourd’hui, ils sont une centaine - danseuses et musiciens, de 3 à 90 ans - à perpétuer cette aventure collective. Et cette histoire, c’est aussi celle d’une famille. Depuis quatre générations, les Grandmaison et les Feuillade en sont les piliers. En 1955, Henri Grandmaison prend la présidence, suivi en 1958 par André Feuillade. Leurs enfants, Gérard et Lucette, se rencontrent sur les bancs de l’Étoile de l’Avenir. Lucette, toujours présidente depuis 1988, est aujourd’hui épaulée par son fils Jean-Luc, sa belle-fille, Céline Faïsse (demoiselle d’honneur de Sabine Mistral), et sa petite-fille Estelle. C’est cette dernière, la quatrième génération donc, qui cette semaine a supervisé l'accrochage de l’exposition dédiée aux 120 ans du groupe, visible à la chapelle des Trinitaires jusqu’au 17 mai (vernissage ce vendredi 8 mai, à 18h).
Une expo qui retrace l'histoire et les grands moments de l’Étoile de l’Avenir, initialement groupe uniquement masculin. Rapidement, les femmes ont rejoint les rangs. Jusqu’aux années 1960, les danseurs portaient le costume traditionnel des farandoleurs : chemise et pantalon blancs avec taiolo et cravate rouges pour les hommes, jupe plissée et chemise blanches avec taiolo rouge pour les femmes. C’est Lucette qui, dans les années 1960, a impulsé un changement. "Ma grand-mère a dit à son père qu’elle voulait s’habiller et danser en Mireille", raconte Estelle. Mais la tradition du costume s’est alors estompée. "Il a fallu partir de presque rien, interroger Madame Maxence, la dernière Arlésienne à avoir porté le costume toute sa vie, et mener des recherches pour reconstituer ces tenues."
Un passage à la télévision très remarqué
À ses débuts, l’Étoile de l’Avenir avait pour but d’offrir aux jeunes de l’association des voyages grâce aux prestations extérieures. À partir de 1986, le groupe a participé aux Européades, festival européen de folklore. Aujourd’hui, sa mission est double : faire perdurer les traditions arlésiennes et les faire découvrir bien au-delà des frontières, en France comme en Europe. La visibilité du groupe a pris un nouvel essor en 2023 avec sa participation à l’émission "Le grand concours des régions : la meilleure danse folklorique de France", où il a décroché la 2ᵉ place. Déjà, en 2022, l’Étoile de l’Avenir avait marqué les esprits lors du spectacle pour le Félibrige à l’occasion de la Sainte-Estelle, puis à Musiques en fête au théâtre antique d’Orange. "Le groupe a même dansé devant des personnalités illustres : le général de Gaulle, Élisabeth II, Khrouchtchev, François Mitterrand…!", cite Estelle.
Pour qui, le secret de jouvence de l'Étoile de l'Avenir reste assurément sa modernité et son engagement. "On n’a pas peur de danser sur des chansons modernes. On a même fait une farandole sur du Bruno Mars !", s’amuse-t-elle. Loin de l’image du groupe folklorique poussiéreux, l’Étoile de l’Avenir mise sur l’adaptation et l’innovation pour séduire les nouvelles générations. Pour maintenir cette dynamique, l’investissement de chacun est essentiel : 1h30 à 2h de répétition par semaine, par tranche d’âge. Sabine Mistral y enseigne le provençal, et des cours de couture sont aussi proposés. Toute l’année, le groupe anime les fêtes arlésiennes - Pegoulado, feux de la Saint-Jean - et participe à des spectacles comme Songe d’une nuit d’été.
Un anniversaire en apothéose
Pour célébrer ses 120 ans, l’Étoile de l’Avenir voit les choses en grand. En plus de l'expo aux Trinitaires et d'une conférence de Rémi Venture (dimanche 10 mai à 18h, sur L’émergence des groupes folkloriques à travers l'Étoile de l’avenir, chapelle des Trinitaires), ce samedi 9 mai à 21h, place de la mairie, un son et lumières exceptionnel mettra en scène la Camargue à travers les quatre saisons. Avec chevaux, moutons, charrettes et 250 participants -- dont les membres du groupe et des invités comme la Cigalo Arlaten --, ce spectacle sera un hommage vibrant à la culture camarguaise et aux traditions provençales.
Toutes les infos sur le site de l'Étoile de l'Avenir.