Publié il y a 1 h - Mise à jour le 23.06.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 337 fois

ÉDITORIAL À Bagnols, le changement tourne à l'arrêt

La députée Pascale Bordes regardant les premiers résultats
Photo archive Marie Meunier

Culture, écoles, associations : à Bagnols-sur-Cèze, les premiers mois de la nouvelle majorité donnent le sentiment d'une ville qui se replie plutôt que d'une ville qui avance.

Bagnols-sur-Cèze vient-elle de basculer dans un nouveau monde ? Désormais, avec la nouvelle municipalité, il semble hors de question de s'embarrasser des détails. Selon Pascale Bordes, à la tête de la Ville, l'état des finances ne permettrait plus de faire grand-chose. Mais ce constat doit-il se traduire par l'inaction ? Ou presque ? Les habitants qui ont voulu le changement sont aujourd'hui servis. Reste à espérer pour eux que le réveil ne sera pas trop douloureux après les promesses et les espoirs suscités durant la campagne municipale. Certains commencent déjà à déchanter, y compris parmi les soutiens les plus fidèles de la maire. Quelques-uns ne comptent d'ailleurs pas en rester là. C'est regrettable pour les administrés qui méritent davantage qu'une politique du renoncement. Une période qui risque également de s'assombrir pour une partie du monde culturel local. Il suffisait d'observer l'ambiance de la Fête de la musique ce dimanche : le centre-ville de Bagnols semblait bien loin de l'effervescence que l'on est en droit d'attendre d'un tel événement populaire. Autre exemple : la décision de fermer les écoles lors d'un épisode de canicule pourtant modéré. Là encore, la prudence a-t-elle vraiment guidé la décision ou s'agit-il d'une logique systématique de réduction des dépenses ? Pas même un ventilateur supplémentaire pour améliorer le confort des plus jeunes Bagnolais. Quant aux associations, elles ont compris que le temps des restrictions était arrivé. Elles devraient savoir à quoi s'en tenir dès jeudi prochain, lors du conseil municipal. Ce soir-là, la maire présentera au vote le Compte financier unique 2025. Elle promet une information « claire, transparente et accessible » sur l'utilisation des finances publiques au cours de l'exercice écoulé. Les habitués du conseil municipal n'y découvriront sans doute rien de spectaculaire. En revanche, certains soutiens de Pascale Bordes, particulièrement discrets durant les six années du mandat précédent, mesureront peut-être pour la première fois la complexité de la gestion budgétaire d'une commune. Ils sont désormais aux responsabilités. Et la rigueur budgétaire, si nécessaire soit-elle, ne saurait constituer à elle seule un projet politique. Bagnols-sur-Cèze, dirigée aujourd'hui par une majorité 100 % Rassemblement national, devra, elle aussi, répondre aux attentes concrètes de la population. Car administrer une ville ne consiste pas à faire l'autruche ni à verrouiller tous les placards. Cela exige de la vigilance, bien sûr, mais également de l'audace, de la vision et une capacité à inspirer confiance aux acteurs économiques, associatifs et culturels du territoire. On reproche souvent au Rassemblement national une forme de repli sur soi. À Bagnols-sur-Cèze, ce sentiment semble aujourd'hui gagner du terrain. Probablement Pascale Bordes apprendra-t-elle, au fil du mandat, les exigences particulières de l'exercice du pouvoir local. Une chose est certaine : un maire ne gouverne jamais seul, encore moins contre tous les autres. Une municipalité ne peut durablement avancer dans l'isolement. À défaut, le risque est grand de s'engager dans une impasse politique dont il est toujours difficile de sortir. Même après sept longues années.

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