C’était l’étape la plus attendue de cette Étoile de Bessèges. Après deux journées très plates, qui ont vu Tom Crabbe remporter la première étape et Mathieu Kockelmann la seconde, dans des conditions dantesques sous la pluie, les coureurs ont enfin échappé au mauvais temps ce vendredi après-midi. Un bitume encore détrempé, mais une météo plus clémente, qui a permis aux spectateurs de se montrer présents et nombreux au départ de la ville où tout a commencé : Bessèges.
Bessèges, cœur historique de l’épreuve
Bessèges, chère et fidèle au cœur de Rolland Fangille, fondateur de l’Étoile en 1971, qui a toujours voulu mettre en avant sa ville avec une course désormais inscrite au calendrier World Tour depuis des années, et qui a su attirer des équipes internationales ainsi que les meilleurs coureurs du monde au fil du temps.
La saison dernière en est déjà une belle illustration avec le vainqueur du classement général, un certain Kévin Vauquelin. Vainqueur d’une étape sur le Tour de France 2024 (2ᵉ étape), le Breton, grâce à son ascension, a rejoint l’une des meilleures équipes du monde, Ineos Grenadiers.
Une course de transmission et d’hommage
C’est pour ce genre d’histoires que l’Étoile de Bessèges est née et qu’elle continue d’exister aujourd’hui, désormais portée par la fille de Rolland, Claudine Fangille-Allègre, accompagnée de sa propre fille.
Cette troisième étape, renommée pour l’occasion « Grand Prix de Bessèges – C.C. De Cèze Cévennes, Souvenir Raymond Poulidor », voulait mettre en avant ce que l’Étoile a de plus beau à offrir, avec un hommage à l’un des plus grands cyclistes français de l’histoire. Raymond Poulidor faisait d’ailleurs partie des participants de la toute première édition en 1971.
Le vélo à l’honneur pour petits et grands
Pour l’occasion, l’équipe sur place a souhaité mettre le vélo à l’honneur. Plusieurs jeunes enfants des écoles ont ainsi participé à des parcours encadrés à vélo sur le tracé officiel de l’étape, avec des passages sur la ligne de départ et d’arrivée, comme les professionnels.
L’organisation proposait également des stands de sécurité routière, d’agilité et d’apprentissage du vélo pour les plus jeunes, à travers des jeux ludiques. Un stand de vélos, voitures et motos rétro était aussi présent grâce aux associations « Les Vieux Boulons Lablachérois » et « Cèze Moto Rétro », le tout animé par un écran géant installé sur la placette de la commune, à quelques dizaines de mètres de l’arrivée finale.
Deux cols, deux ambiances
Dans les cols, deux ambiances bien distinctes régnaient. D’abord au col de Trélis, jugé le plus difficile de la journée et emprunté à deux reprises, où quelques spectateurs français et belges ont encouragé les coureurs au sommet de la difficulté.
Mais c’est surtout dans le col des Brousses que le public était massivement au rendez-vous, avec de nombreux supporters venus applaudir les hommes du jour, aperçus eux aussi à deux reprises, avant de les retrouver sur la ligne d’arrivée.
Sur l’avenue Alphonse-Peyric, c’est finalement l’Allemand Henri Uhlig qui remporte cette troisième étape reine. Une étape qui semblait promise à un baroudeur avec 2000 mètres de dénivelé, mais qui a finalement souri à un puncheur-sprinteur bien placé, décrochant à 24 ans la première victoire de sa carrière.
Les Gardois encore en embuscade
Il ne reste désormais plus que deux étapes avant la fin de cette édition de l’Étoile, et tous les rêves restent permis pour voir l’un des deux Gardois s’imposer. Le leader de TotalEnergies, Alexandre Delettre, est classé 17ᵉ au général, à seulement 22 secondes du maillot corail du leader Lukas Kubis (Unibet Rose Rockets).
Son coéquipier, lui aussi Gardois, Nicola Marcerou (60ᵉ à 7'39), s’est confié à notre micro sur le bilan à mi-parcours de cette Étoile à domicile : « C’était une course difficile aujourd’hui, l’étape reine. On avait Alexys Brunel à l’avant dans l’échappée, et après, sur la fin, on a profité des mouvements des autres collectifs pour se placer avec Baptiste Vadic, qui devait lancer Sandy Dujardin (11e). C’est dommage qu’il ait été gêné, car on avait une belle opportunité avec une vraie journée collective. Maintenant, on va essayer de jouer l’étape pour Sandy demain, avec un profil qui lui convient, et de bien placer Alexandre pour le général. »
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