À cette occasion, l’Insee Occitanie tenait ce mardi une conférence de presse, pour rappeler les enjeux du recensement. « D’abord nous compter, pose le directeur de l’Insee Occitanie Alexandre Gautier. Et le deuxième objectif est de nous connaître, qu’il s’agisse du logement, de la mobilité, du niveau d’études… C’est très utile pour les pouvoirs publics et les communes. » Du reste, « c’est un acte civique obligatoire, qui profite à tous », reprend-t-il.
Concrètement, la campagne de recensement démarre ce jeudi 15 janvier, et durera quatre semaines dans les communes de moins de 10 000 habitants, cinq semaines dans celles de plus de 10 000 habitants. À l’échelle nationale, 5 millions de logements répartis dans 8 000 communes sont concernés : ils font partie de l’échantillon de 8 % de la population recensée dans les grandes villes chaque année, et des communes de moins de 10 000 habitants recensées dans leur entièreté une fois tous les cinq ans.
« En Occitanie, 600 000 logements répartis dans 949 communes sont recensés par 2 653 agents recenseurs », précise Nadine Jourdan, cheffe du service statistique de l'Insee Occitanie. Dans le Gard, le recensement de cette année concerne 76 communes, 8 de plus de 10 000 habitants et 66 de moins de 10 000 habitants, et mobilise 313 agents recenseurs.
Si vous faites partie des foyers recensés, vous avez dû recevoir une lettre de votre mairie pour vous prévenir, et vous allez recevoir une notice pour effectuer les démarches sur internet. « Aujourd'hui, les trois-quarts de la population répondent en ligne », précise le directeur de l'Insee Occitanie. Pour ceux qui ne veulent ou ne peuvent pas le faire en ligne, le formulaire papier est toujours disponible et remis par les agents recenseurs qui sont, la précision a son importance, munis d’une carte officielle tricolore.
Le recensement a des implications vastes : « Il régit les dotations de l’État aux communes, le nombre d'élus locaux, le nombre de pharmacies », explique Nadine Jourdan. Et, au niveau des communes, il intervient « dans les prises de décisions pour implanter un équipement collectif, une école, le développement de moyens de transport, pour estimer le besoin en logements », rajoute-t-elle.
L’exemple du chauffage au fioul
Le recensement permet aussi, via les données collectées, d’avoir une vision précise sur certains sujets. L’exemple du chauffage au fioul en Occitanie est mis en avant par l’Insee comme un marqueur de la transition énergétique en région. « Entre 2006 et 2022, le nombre de résidences chauffées au fioul en Occitanie a baissé de 44 %, et le nombre de celles chauffées à l'électricité a augmenté de 63 % », pose Nabil Mounchit, chef de projets à l'Insee Occitanie.
Le recensement permet d’avoir des données à l’échelle d'un département et d'une commune, ce qui permet, sur ce sujet en particulier, de voir que si l’Occitanie compte moins de logements que la moyenne nationale chauffés au fioul (7 % contre 9 % au niveau national), elle compte aussi le département de France métropolitaine qui en dénombre le plus : la Lozère, avec 30 % des résidences principales. Des logements plutôt isolés, non-raccordés au gaz de ville, propriétés de ménages de personnes âgées de plus de 75 ans.
Un record pour Alès
Le recensement sert avant tout à nous compter et à dégager des grandes tendances démographiques. À l’échelle de la région, la croissance se confirme, de +0,8 % par an en moyenne entre 2017 et 2023, ce qui représente « un peu plus de 47 000 habitants de plus chaque année en moyenne, soit environ une Alès par an », compare Katia Le Goaziou, cheffe du service études de l’Insee Occitanie. Une croissance deux fois supérieure à la moyenne nationale sur la même période.
Tous les départements ne sont pas logés à la même enseigne : la Haute-Garonne culmine à une croissance moyenne d’1,3 % par an entre 2017 et 2023, devant l'Hérault (1,2 %), les Pyrénées-Orientales (0,8 %) et le Gard (0,6 %). En moyenne, le Gard a gagné 4 460 habitants chaque année entre 2017 et 2023, pour culminer à 770 940 habitants, ce qui le classe troisième de la région derrière la Haute-Garonne et l’Hérault.
Et ce avec « un solde naturel nul », pose Katia Le Goaziou, c'est-à-dire qu’il y a eu dans le Gard autant de naissances que de décès. « La croissance ne se fait que par les arrivées, excédentaires sur les départs », poursuit-elle, y voyant le signe d’une attractivité de notre région. Un constat qui s’effectue aussi à l’échelle de la région, à l’exception de la Haute-Garonne, qui présente un solde naturel positif.
Elle se fait surtout dans les grosses métropoles, Toulouse en premier lieu, qui avec 514 819 habitants talonne désormais Lyon et devrait devenir la troisième ville de France dans les prochaines années, et Montpellier, avec une croissance d’1,4 % en moyenne entre 2017 et 2023. Moins à Nîmes, qui n'a cru que de 0,1 % en moyenne entre 2017 et 2023. Cependant, « d’autres villes ont une bonne dynamique : Perpignan, Béziers, Narbonne et Alès, dont la croissance récente est due à une augmentation du parc de logements et à la requalification de logements », développe Katia Le Goaziou.
Alès compte désormais 46 125 habitants, un chiffre en hausse de 2,3 % par an en moyenne entre 2017 et 2023, record régional sur la période. La deuxième ville du Gard double ainsi Carcassonne (46 080 habitants) et devient la neuvième commune la plus peuplée de la région.