Depuis l’ouverture de sa ressourcerie à Montaren en 2019, l’ARRU s’est donnée pour mission de collecter, valoriser et redistribuer ce qui peut être valorisé et de sensibiliser à l’enjeu de la réduction des déchets. Une raison d’être qui a su rassembler, puisque l’association compte aujourd’hui une soixantaine de bénévoles, trois salariés, et revendique d’avoir pu réemployer plus de 250 tonnes d’objets entre 2021 et 2025, et redistribué à des prix défiant toute concurrence 216 000 objects sur cette même période.
Aujourd’hui, l’association dispose à Montaren d’un local de stockage de 300 mètres carrés, d’une annexe de 100 mètres carrés, et de deux boutiques dédiées à la fripe, à Montaren et à Saint-Quentin-la-Poterie. Et « ça marche très bien », affirme Christophe Bouyala, administrateur d’une association qui arrive à dégager 10 000 euros de recette chaque mois rien qu’avec le produit de ses ventes. « Ce qui se vend le plus, c’est la vaisselle, les bibelots, la déco, car ça ne coûte pas cher et il y a des choses originales ou très utiles », précise François Bernacchi, administrateur de l’association.
Association qui revend aussi pas mal de petit électroménager remis en service lors des repair-café, des ateliers participatifs de réparation, loue aussi de la vaisselle et vend des vêtements à tout petit prix. « L’idée n’est pas de faire du profit, et de ne surtout pas être en concurrence avec ces entreprises », martèle François Bernacchi.
Un projet ambitieux
Tout va bien, seulement voilà : il y a quelques mois, le propriétaire des bâtiments de Montaren informe l’association qu’il veut les récupérer fin 2026/début 2027. Alors l’ARRU, qui y était de toute façon de plus en plus à l’étroit, a lancé un projet de nouveau bâtiment. Plus grand, « nous passerons de 450 mètres carrés à 800 », précise Christophe Bouyala, et plus pratique : « le fait que tout soit au même endroit va rationnaliser beaucoup les choses. »
Au même endroit et surtout au bon endroit, sur un terrain accolé à la déchetterie de Vallabrix, directement à la source. Plus grand, mieux placé, ce projet permettrait à l’ARRU de se développer. « Le but au bout de cinq ans est de passer de 3 à 8 équivalents temps-plein, de collecter 280 tonnes par an et d’en réemployer 190 », avance Christophe Bouyala, qui veut aussi accélérer sur la sensibilisation : « à cinq ans, nous visons des actions de sensibilisation pour 500 à 1 000 personnes par an, c’est notre priorité. »
Un projet soutenu par la Région, qui vient de voter une subvention de 100 000 euros, sur les près de 780 000 euros que coûte le bâtiment. Alors « nous venons pour voir concrètement les conséquences des votes en commission permanente », pose Jean-Luc Gibelin, « et nous venons aussi pour mettre en valeur les dossiers du territoire », rajoute Aurélie Génolher. C’est aussi « une illustration très concrète de ce qu’on fait pour l’économie circulaire, en apportant un soutien important à un beau projet », abonde le local de l’étape Fabrice Verdier.
Qui, en tant que président de la Communauté de communes Pays d’Uzès (CCPU), participe aussi : « la CCPU va acheter à la mairie le terrain, et se portera caution du prêt pour le bâtiment, explique Fabrice Verdier. Le terrain sera mis à disposition de l’ARRU gratuitement via un bail emphytéotique. » Reste désormais à l’ARRU de boucler son tour de table financier, avec un prêt, mais aussi des aides espérées de l’Ademe, de l’Union européenne via les fonds Leader, et pourquoi pas du Conseil départemental au titre de l’économie sociale et solidaire.
L’ARRU est en plein dans les dossiers, car « nous sommes serrés par le temps », reconnaît Christophe Bouyala. Le but est de « commencer la construction cet été pour être opérationnels en février-mars de l’année prochaine », avance-t-il.