Le narrateur cherche un homme qui pour en faire un gladiateur parmi la foule. Il repère Rubén, qui passe du rire à l'armure, et l’invite à rejoindre la piste. Le recrutement donne lieu à un passage comique. Quelques minutes plus tard, casque vissé sur la tête, glaive et bouclier, celui qu’il vient de choisir se retrouve sur le sable et livre son premier combat.
Le dernier coup laisse le gladiateur au sol. Il reste suspendu aux frontières de la vie et de la mort. Dans son sommeil, il imagine un Empire romain qui ne se serait jamais effondré. Fini la chronologie. Les motos, les chevaux et les acrobates rejoignent cette Antiquité recomposée.
Le chant lyrique occupe une place importante. La soprano Odile Heimburger interprète Somnambula, la figure mystique qui accompagne le combattant. Vêtue de blanc, elle apparaît sur une barque entourée de danseuses en noir. Philibert Hébert-Filion joue l’empereur déchu, plus grotesque que méchant et franchement drôle.
Danseur de flamenco, Rubén Molina interprétait déjà le gladiateur lors de la création en 2025. Il passe du combat à la danse, s’assoit au piano tandis qu’une danseuse en robe rouge monte sur l’instrument.
Les transitions sont fluides et la représentation ne perd jamais son rythme. Une cavalière et une moto parcourent la piste côte à côte. Des danseurs projettent dans les airs une silhouette couverte de paillettes. Un homme en feu traverse la piste sous le regard de servantes écarlates. Les combats reprennent, suivis de ballets, de numéros aériens et de passages pyrotechniques.
La bande-son de Rod Janois et Thomas Romieu soutient ce mouvement continu. La barque, le piano, les armures, les longues robes rouges et les grandes figures sculptées occupent successivement les 2 500 mètres carrés de la piste. Les décors sont soignés et leurs changements se fondent dans la représentation.
Le studio belge Dirty Monitor réalise le mapping vidéo projeté sur le sol et les pierres des arènes. Denis Koransky signe les lumières. Les fumées, les projections et les changements de couleurs accompagnent les différents tableaux sans cacher le monument nîmois.
Sur les plus de 200 artistes et figurants, près de 150 sont des bénévoles de l’association nîmoise Spiritus Nemausus. Ils composent avec grâce les groupes de soldats, de danseurs et les foules qui traversent la piste.
Cette nouvelle version reprend les principales scènes présentées lors des six représentations de 2025. Les transitions et plusieurs choix musicaux ont été retravaillés. Le passage d’un tableau au suivant reste fluide durant les dix-sept tableaux et jusqu’au final.
Les cameramen de France Télévisions circulent eux aussi sur le sable. Très visibles depuis les gradins, ils suivent les combats et les danseurs au plus près sans perturber le rythme de la représentation. La captation doit être diffusée ultérieurement.
Dans des arènes bien remplies, Le Rêve du gladiateur tient surtout par sa dimension lyrique. La voix d’Odile Heimburger, le piano et les ballets offrent les plus beaux tableaux de la soirée. L’humour, les combats, les chevaux, les motos et le feu complètent un spectacle magnifique, accessible à toute la famille.
Le Rêve du gladiateur, vendredi 7 et samedi 8 août à 21 h 30 aux arènes de Nîmes. Durée d’1 h 30. Tarifs adultes de 17 à 46 euros, tarif enfant à partir de 6 euros, gratuit pour les moins de 4 ans. Réservations sur www.arenes-nimes.com.