« 36 000 euros d’économies sur le territoire (du Gard Rhodanien). Et pourtant, nous pourrions devoir arrêter. » Anne Batailler bataille d’arrache-pied pour que son cri du cœur soit entendu. Responsable de l’association Equi-libre, créée en 2000 et reconnue d’intérêt général, celle-ci a pour mission d’effectuer deux ramassages de biodéchets par semaine avec un camion benne. Ses bénévoles expriment leur ras-le-bol. La raison ? Un manque de considération. Surtout, leur outil de travail ne leur apparaît pas optimal et « en fin de vie ».
Une première alerte lancée fin 2025
La responsable d’Équi-libre insiste sur leur rôle considéré comme essentiel : « Cela permet de faire baisser les coûts sur certains commerces et activités, comme les collèges, l’hôpital de Pont-Saint-Esprit et des restaurants par exemple. Nous ramassons 6 tonnes par mois sur 12 structures. On avait fait déjà une première alerte fin 2025. On n’arrive pas à interpeller les maires. L’Agglomération du Gard Rhodanien nous dit strictement non. Sachant que nous sommes une association de 1901, donc nous n’avons pas le droit au crédit ni au découvert sur les comptes », peste Anne Batailler, qui compte continuer à se faire entendre, pour obtenir gain de cause.
« 8000 euros, c’est la somme qu’il nous faut pour remplacer ce camion »
La responsable réclame des garanties et une subvention pour continuer dans de bonnes conditions : « On demande, par rapport aux coûts que l’on fait économiser, qu’ils se sentent un peu plus concernés. Si Pont donnait 2 000 euros, Bagnols/Cèze 2 000 euros, l’Agglomération du Gard Rhodanien 2 000 euros et le Département du Gard 2 000 euros, cela nous ferait 8 000 euros. 8 000 euros, c’est la somme qu’il nous faut pour remplacer ce camion », développe-t-elle. L’avenir de la seconde structure de refuge du Gard en dépend selon elle : « Si chacun fait une bricole de son côté, cela nous permettra de continuer nos actions depuis 25 ans. On ne peut pas continuer comme ça. Faire réparer ce camion Renault des années 80 nous coûterait 4 000 euros », insiste-t-elle.
« Pascale Bordes est la seule qui m’a répondu »
Anne Bataille a jeté une bouteille à la mer pour interpeller des élus municipaux. Une demande qui a suscité l’intérêt d’une candidate à la mairie de Bagnols/Cèze : « Pascale Bordes est la seule qui m’a répondu », confie-t-elle. Contacté par nos soins, lors du dernier conseil communautaire, le président de l’Agglomération Jean-Christian Rey a affirmé « ne pas être au courant » et fera remonter la demande.
Pour sa part, Julie Mercier, la maire actuelle de Le Garn, n’a pas voulu faire davantage de commentaires sur cette histoire et glisse : « Je n’ai jamais été contactée. » Pour rappel, ces biodéchets sont récupérés puis stockés dans un refuge pour chevaux. « Nous remplissions une mission environnementale, sociale et territoriale. Le camion benne n’est pas un confort. C’est l’outil central de toutes nos actions. L’effort demandé est modeste. L’impact est majeur », martèle la responsable, dans un post Facebook.
« Le temps est désormais compté », précipite-t-elle : une fin de leurs actions est prévue fin février, si un accord financier n’est pas trouvé, d’ici la date butoir.