ObjectifGard : Vous voilà chevalier de la Légion d'honneur !
Martine Gayraud : Oui, je suis faite chevalier de la Légion d'honneur et ça a été très surprenant pour moi. Pour tout dire, j'ai appris la nouvelle par la presse début janvier et j'ai vite appelé la préfecture pour savoir si c’était vrai. J'avais un peu peur qu'on se soit trompé ! Ça a duré au moins 15 jours, le temps d'avoir la réponse et de vérifier des choses. Il y avait un petit problème sur mon deuxième prénom sur le journal officiel, mais rien de grave, l’annonce était réelle, tout a été confirmé par le préfet, oui, c'est bien moi !
Qui a demandé cette distinction pour vous et pourquoi avoir opté pour l’hôtel Mouret ?
Je n’en sais rien ! D'ailleurs, ça, c'est un peu une obsession que j'ai, je ne sais pas qui a demandé ça pour moi. On m'a dit qu'on ne pouvait pas me répondre. Nous sommes à l'hôtel Mouret parce que je cherchais un lieu dans lequel que nous travaillons avec le Conseil départemental, qui a une élue à l'égalité. Je cherchais un lieu qui puisse accueillir du monde, qui soit assez prestigieux pour ce moment solennel et qui soit à Nîmes. Madame la présidente a accepté de mettre à disposition ce lieu pour moi, c'est quelque chose qui m'a beaucoup touchée.
À quel titre vous devenez Chevalier ?
Cette décoration, c'est le ministère du Travail et des solidarités qui me l'a accordée. C'est au nom de longues années de militantisme et de don de soi, c’est donc pour un parcours. C'est pour plusieurs faits, sans doute mon métier d'infirmière, ma vie syndicale aussi où j'ai beaucoup donné à l'hôpital, et puis mon engagement dans l’association « femmes solidaires ». C'est donc pour ce long parcours de don de soi, c'est tout simple.
Un parcours émaillé de nobles luttes
Je me suis aperçue, avec du recul, que ce long parcours est vrai. Dès mon plus jeune âge je pensais à ça. La question des femmes, de leur place dans la société, dans le monde du travail, dans le monde politique, dans le monde associatif, dans la société, dans la familiale... tout ça a toujours été quelque chose de précieux pour moi pour faire avancer les choses.
Vous êtes dont parfaitement à votre place !
Donc, je suis là où je suis et j’y suis très bien ! À ma place, exactement.
Quand vous regardez dans le rétroviseur, trouvez-vous que le monde a bien évolué ?
Oui, bien sûr ! Il y a des évolutions positives, heureusement d'ailleurs… Il y a des grandes lois, mais il y a encore des choses sur lesquelles il faut travailler. Il y a un masculinisme rampant, qui monte, il y a des pays où les droits des femmes ne sont pas respectés… On ne peut pas regarder son seul intérêt personnel là, où on vit. La question des femmes, elle est partout ! Et, dans le même temps, il y a des reculs, y compris dans les consciences. C'est autour de cela que nous travaillons, y compris en France où il y a aussi des menaces. Chaque fois que la cause des femmes recule, la démocratie recule.
Vous êtes chevalier d'honneur, vous devez être exemplaire… Est-ce une lourde responsabilise ?
Disons que ça oblige, c'est important. Ça m’oblige, mais ça ne contraint pas ! Pour moi c'est quelque chose d'important parce que c'est la République qui m'honore. Je suis très attachée aux valeurs de la République. Ça a du sens pour moi et il ne faut pas les galvauder. Oui, ça m'oblige, mais je vais continuer le parcours avec quelque chose en plus.
Carte blanche ! Un dernier mot à dire ?
Ce matin, je vois beaucoup de visages amis que j'ai invité qui ont pu venir. Je vois aussi la portée de ce que nous allons dire avec Sabine Salmon, la présidente nationale de « femmes solidaires », c’est elle qui va me décorer et je tenais beaucoup à ce qu'elle soit là pour ça.