Publié il y a 58 min - Mise à jour le 05.06.2026 - Stéphanie Marin - 2 min  - vu 16 fois

BEAUCAIRE L’art-thérapie ouvre un espace de liberté et d'apaisement aux élèves du dispositif Ulis

Le collège d'Alzon Saint-Félix de Beaucaire accueille une exposition réalisée par les élèves du dispositif Ulis.

- S.Ma

Au collège d’Alzon Saint-Félix de Beaucaire, les couleurs ont pris possession des lieux. Sur les murs, des œuvres inspirées de Mondrian, Van Gogh ou Picasso racontent bien plus qu’un simple travail artistique, mais l'expression des élèves du dispositif Ulis, après une année de création, d’échanges et de découvertes. L’exposition "De la feuille à l’écran" a été inaugurée ce jeudi 4 juin.

Derrière chaque dessin, chaque collage ou création numérique, se cache un même objectif : permettre aux jeunes de s’exprimer librement. Depuis cinq ans, l’artiste Chris Nuez anime des ateliers d’art-thérapie auprès des élèves du primaire, du collège et du lycée de l'institut Emmanuel d’Alzon. Tous les quinze jours, elle retrouve les collégiens à Beaucaire pour une demi-journée consacrée à la création. "Ce que j’essaie d’amener, c’est déjà de l’apaisement. Le côté ludique, le fait de passer un moment agréable, mais aussi de travailler ensemble", explique-t-elle.

Même point de départ, mais aucune création identique. "On part tous de la même chose. Après, ils en font ce qu’ils veulent. Ils peuvent refaire le tableau, changer les couleurs, découper, rajouter des éléments. Ils sont libres de créer ce qu’ils ont envie", poursuit l’artiste nîmoise. Une philosophie qui trouve tout son sens auprès des élèves du dispositif Ulis (unité localisée pour l'inclusion scolaire). Pour Sophie Dubosc, coordonnatrice du dispositif, ces ateliers constituent un "véritable temps de respiration".

Quinze collégiens âgés de 11 à 16 ans signent les oeuvres de cette exposition. • S.Ma

Cette année, quinze élèves âgés de 11 à 16 ans sont accompagnés au sein du dispositif. Certains présentent des troubles de l’attention, autistiques ou sont atteints de trisomie. Pendant les séances, le calme s’installe naturellement. "Ils sont plutôt dans l’entraide. Ils regardent le dessin des autres, les crayons sont partagés, les tables sont regroupées. Ils sont obligés de coopérer", observe la coordonnatrice.

L’art-thérapie devient alors un terrain d’apprentissage différent, où la réussite ne se mesure ni par une note ni par un résultat attendu. "Dans l’art, on ne peut jamais dire qu’un tableau est réussi ou raté. Cela n’existe pas. On peut aimer ou moins aimer. Ce qui compte, ce sont les émotions et les sensations", rappelle Chris Nuez.

Yvan Lachaud, directeur général de l'institut Emannuel D'Alzon a participé au vernissage de l'exposition ce jeudi 4 juin. • S.Ma

Pour Amir, 12 ans, élève en 6e, l'art-thérapie lui fait "du bien". "C’est apaisant à la fin de la journée pour décompresser. Chris donne des conseils tout en nous laissant de la liberté." L’exposition met également en lumière le travail réalisé avec les outils numériques. Tablettes, écran interactif et créations vidéo complètent les œuvres sur papier. Une manière d’utiliser les technologies autrement. Cette première exposition représente une étape importante pour les élèves, fiers de présenter leurs réalisations aux visiteurs. Parmi eux figurait notamment Yvan Lachaud, directeur général de l’Institut Emmanuel d’Alzon.

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Stéphanie Marin

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